si je peux répondre par Luc Perrin 2011-07-28 18:51:44 |
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Sur l'aspect personnel, depuis 1994 ma mission canonique n'a jamais été mise en cause et mes cours (et mes articles académiques) sont à disposition de notre Grand Chancelier et des Congrégations romaines (CDF, de l'Education).
Si je devais répondre d'une incrimination d'hérésie, j'y répondrai selon les procédures canoniques.
Pour l'instant, le cardinal Levada ou le cardinal Grocholewski ne m'ont pas fait part d'un quelconque souci quant à ma profession de foi catholique. Pas davantage les archevêques Grand Chancelier dont je dépends.
Quant à ma liberté de ton, dépasse-t-elle celle de tant de prêtres, d'évêques, de théologiens plus que patentés, de cardinaux ? Honnêtement je ne pense pas, je crois même être plus réservé que Mgr Rouet ou que les cardinaux Martini et Lehmann, sûrement autant que les rédacteurs de La Croix. Et je ne parle pas même de ce prêtre français qui a "excommunié" Benoît XVI en 2009, sans sanction aucune. Sans me comparer à tous ces personnages.
Pour ce qui est de la "carrière", il se trouve et mes collègues vous le diront que, hélas, je ne suis pas carriériste. Concernant le travail, je suis extrêmement attaché à ma Faculté et m'efforce aussi de la servir de mon mieux car c'est une institution très précieuse : la théologie catholique a sa place dans une université d'État.
Un point aussi qui dépasse l'aspect personnel : pourquoi un tradi devrait-il être odieux, une sombre figure ou un atrabilaire que l'on fuit car il/elle est insupportable ? Ce n'est en tout cas pas ma manière d'être.
Sur la question de l'épiscopat. Loin de moi l'idée de revenir à l'élection des évêques par un collège ou pire encore par une assemblée diocésaine ! Ce serait épouvantable et un boulevard pour la démagogie. Je ne demande pas un affaiblissement de l'autorité épiscopale, vous m'avez mal lu si vous le pensez.
Bien sûr que ce souci devrait être vif parmi les fidèles. Certain(e)s fidèles peuvent être consulté(e)s par les nonces d'ailleurs. Parfois il y eût des consultations publiques générales. J'ai bien conscience toutefois que les moyens d'intervention des baptisés sont réduits, plus réduits que pour les curés. Il n'empêche que les fidèles ne doivent pas hésiter à s'adresser à leurs évêques, à faire connaître si tel acte les scandalise. Rome n'est pas fermée à l'opinion publique dans l'Église, avec la limite fondamentale que la constitution divine de l'Église n'est pas une démocratie, même s'il existe des procédures de type démocratique ici ou là.
J'observe comme historien, et le cardinal Ratzinger en 1998 faisait de même, que les évêques sont les clefs des mouvements de "réforme" - au sens traditionnel du mot - réussis dans l'Église. Scruter l'épiscopat mondial est donc naturel si on est un fils aimant de la Mère Église.
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