Sans faire de l'archéologisme par PEB 2011-06-10 11:50:38 |
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Sans faire de l'archéologisme, au Moyen-Age, on ne "disait" pas la messe mais on la "chantait": au moins pour la grand-messe dominicale ou la masse conventuelle.
La messe basse est une messe réduite à l'état de squelette. Ce n'est pas le modèle mais la miniature, la maquette. La messe basse a sans doute diverses origines:
- les innombrables messes privées clunisiennes pro defunctis.
- les champs de bataille où on avait pas trop le temps.
- &c.
Le vrai modèle est la grand messe pontificale chantée et dialoguée.
Le ministre du missel de 1962 est le délégué du Peuple pour lequel Notre-Seigneur accomplit Son Sacrifice à travers les offrandes justes de ce même peuple (à commencer par celle du prêtre, qui a fait de sa vie une offrande de louange). Par exemple, lorsqu'il dit le Confiteor à l'ouverture de la messe, le ministre le prononce au nom de la communauté et l'absolution descend sur tous les fidèles (y compris sur le prêtre célébrant).
Si le ministre (au sens pratique du missel de 1962 et non selon l'acception dogmatique tridentine) n'agit pas comme délégué de l'assemblée (étymologiquement Ecclesia) alors je ne comprends plus rien à la liturgie ni à la théologie sacramentelle.
La complexification progressive du rit romain et son esthétisation a abouti a des absurdités telles que la messe basse chantée de la chapelle royale de Versailles où, tandis que le prêtre disait sa messe basse dans son coin, un choeur somptueux soutenu par la musique de Lully ou de Lalande chantait pour le plaisir du roi terrestre des cantiques non liturgiques!
En Orient, il y a de véritables choeurs paroissiaux (mixtes chez les Maronites) et le dialogue ne concerne pas un obscur acolyte à côté du prêtre. La divine liturgie est un concerto dont le soliste est le prêtre qui est l'épiphanie du Christ-Tête. Il n'y a pas de rupture ou de brouhaha car la musique sacrée guide le dialogue liturgique.
Le missel de 1970 fut le point de départ des travaux du Frère André Gouzes o. p. qui ont permis aux fidèles de partciper pleinement à une messe entièrement chanté. Il y eut toutefois une victime: le Grégorien. En effet, le Français n'est pas compatible avec le plain-chant latin. Toutefois, les mélodies slavo-byzantines lui sont beaucoup mieux adaptées. La Communion de Jérusalem et de nombreux monastères (cisterciens comme Lérins, Sénanque et bien d'autres encore) utilisent cette nouvelle esthétique orientalisante. Allez à Vézelay le dimanche matin à 11 h pour voir.
Cette présence musicale doit manifester que, la liturgie et spécialement la messe, sont les prémisses du banquet céleste, Cène éternelle où les anges eux-mêmes chanteront les Noces de l'Agneau.
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