Le 1er mai : Jean-Paul II bienheureux par Philomène-Renée 2011-04-27 05:48:20 |
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par l'abbé Guillaume de Tanoüarn
Je voudrais revenir sur la béatification de Jean Paul II, à laquelle nous consacrerons une après midi, le 1er mai prochain au Centre Saint Paul. Avec Jeanne Smits, directrice de Présent, Luc Perrin, historien en Contemporaine, l'abbé Baumann et quelques autres (voir programme), nous allons essayer de comprendre de l'intérieur ce Pontificat. Vous êtes tous les bienvenus !
Notre premier effort sera de sortir des stéréotypes. Aujourd'hui on accuse un peu vite Jean Paul II d'être l'homme des médias, par opposition à Benoît XVI, que l'on imagine plus austère et donc plus vrai.
J'ai eu la chance en allant à Radio Courtoisie de tomber sur Mgr Boccardo, l'ami de ce qui fut notre Maison de Rome... Il parlait de Jean Paul II qu'il a côtoyé longtemps, puisqu'il organisait les JMJ. Et lui insistait surtout sur les qualités spirituelles de ce pape. Jean Paul II est capable de prier, devant un million de personnes comme si rien n'existait autour de lui...
Benoît XVI a d'immenses qualités intellectuelles, mais il n'a pas ça... Ca, c'était une grâce exceptionnelle pour un pape d'exception.
On peut reprocher beaucoup de choses à ce pontificat, qui, après la catastrophe atomique des années 70, est évidemment un pontificat de transition. Mais la piété de Jean Paul II, sa force personnelle, en particulier dans l'épreuve où il expérimente ce qu'il appelle lui-même "la douleur salvifique" paraît évidente.
Henry de Lesquen trouve qu'un pape béatifié par son successeur, cela ressemble à ce qu'on appelle aujourd'hui un conflit d'intérêt. Sans doute. Mais les béatifications et canonisations dans l'Eglise, avant Benoît XIV pape rationaliste, pape des Lumières, pape autour de 1750 qui fixa la procédure à ce sujet, étaient souvent très rapides.
Quant au miracle retenu pour Jean-Paul II, la guérison de Sœur Marie Pierre, une Française atteinte de la même maladie que lui, un Parkinson détecté en 2001, il faut bien reconnaître que nous nous trouvons devant un signe sérieux. Comme dit ma consœur et néanmoins amie Claire Thomas, dans le dernier numéro de Monde et Vie, "c'est une béatification sérieuse".
Il faut en parler. Certes il y a le numéro de « L'Homme nouveau hors série », le numéro du « Figaro Hors série » et le petit brûlot de « Monde et Vie », que je vous recommande vivement... Ce que je vous propose au Centre Saint Paul, dimanche prochain de 14 H à 18 H, c'est un véritable débat. En live, comme on dit aujourd'hui. Je crois que Jean Paul II aurait aimé.
On oppose Jean-Paul II pape moderne et Benoît XVI pape réac... je crois qu'il faut y regarder de plus près. En réalité, à certains moments durant son pontificat, Jean Paul II s'est trouvé diabolisé (je pense à sa visite en France à l'occasion du quinzième centenaire du baptême de Clovis). Il était d'ailleurs à ce moment là politiquement sur une ligne plus réac que Benoît XVI (voyez le discours de Benoît XVI à Westminster Hall, passionnant, mais très en deçà de la pastorale wojtylienne)...
Et en même temps Jean Paul II est le pape d'Assise, le sommet mondial des religions en 1986, tout ce que Paul VI, pape classique lui, mais dévoré par la mauvaise conscience, n'aurait pas osé imaginer. Bref il faut essayer de tenir la balance égale et de comprendre en profondeur, avec tout notre amour, ce qui est en question aujourd'hui pour l'avenir de l'Eglise, car parlant de Jean Paul II au Centre Saint Paul, nous ne cèderons ni à la facilité des discours tout faits dans un sens ou dans l'autre, ni au goût un peu morbide de la rétrospective (ce mot en toc) et nous réfléchirons à notre avenir, au visage de l'Eglise demain.
A-t-on le droit, en tant que catholiques, de parler librement du pape ?
J'aime beaucoup sur ce sujet le ton du Dictionnaire amoureux du catholicisme, récemment publié par Denis Tillinac chez Plon. Voici comment il définit la papauté : "Un long feuilleton historique fertile en tragédies, avec des épisodes picaresques, d'autres grotesques, du sublime, de la truculence, de la grandeur, du merveilleux à foison [la guérison de sœur Marie Pierre]. Plusieurs saints, pas mal de coquins durant les seize premiers siècles. Pérennité miraculeuse d'une Institution dont les fondements reposent sur une phrase de Jésus à Pierre ("Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise") Un bail de vingt siècles dans le chaos de l'histoire. Aucun notaire n'a enregistré cela, aucun auteur de science fiction ne l'avait imaginé".
Ne nous pressons pas de mettre la papauté immobile, dans le formol, comme quelque chose qui serait absolument parfait. La papauté, pour l'Eglise, dans les années 70 on disait que c'était une institution dépassée. Aujourd'hui on se rend compte que dans l'Eglise d'Occident c'est quasi la seule chose qui marche.
La papauté ? Mais c'est la vie. Son infaillibilité ? Ne soyons pas victime de l'esprit infaillibiliste de Vatican I. L'infaillibilité du pape c'est une ou deux fois par siècle : quand toutes les conditions énumérées dans la constitution Pastor aeternus sont réunies. Et quand ce n'est pas le cas ? Chaque chrétien doit être vis-à-vis du pape libre et fidèle. C'est notre programme le 1er mai prochain.
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