J'ai profité des vacances pour aller le voir par N.M. 2026-08-11 23:56:00 |
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Je n'ai pas été déçu. Même si j'ai des critiques à formuler. Les acteurs s'en sortent bien. Le souffle épique est au rendez-vous. Il n'est pas si facile que cela d'incarner des personnages historiques à l'écran, et notamment le général de Gaulle. Personnellement, j'avais apprécié la prestation de Bernard Farcy à la télévision (Le Grand Charles, en 2006), dans un registre beaucoup moins épique (et il y eut aussi Pierre Vernier, en 2009, dans l'assez drolatique Adieu De Gaulle).
Ce qui est tout particulièrement bien rendu, me semble-t-il, c'est en effet le souffle épique de la France libre, le fait que De Gaulle et ses premiers compagnons sont partis de rien, certes avec l'aide britannique, mais de rien quand même, d'un point de vue français. La scène du recrutement de René Pleven, finalement convaincu par l'arrivée des marins de l'île de Sein, est admirable. Koenig et Leclerc crèvent littéralement l'écran. Churchill et Eden sont bien campés. Le bras de fer avec Roosevelt nous donne à comprendre que notre pays a failli passer d'une occupation l'autre et d'une collaboration l'autre.
Parmi les points négatifs, je relèverais les suivants.
On passe directement de Montcornet à l'envol pour Londres depuis Mérignac, sans donner à voir comment, en Touraine, durant l'exode qui conduit le gouvernement Reynaud à Bordeaux, s'est nouée la relation entre Churchill et De Gaulle.
L'image donnée de Vichy est complètement surréaliste. On voit évoluer Pétain et Darlan dans un décorum digne du Berghof, alors que le Vichy des ministères improvisés dans des hôtels de curistes était passablement chaotique, ainsi que l'ont bien rendu Costa-Gavras et Jean Marboeuf respectivement dans Section spéciale (1975) et Pétain (1993). Je ne suis d'ailleurs pas du tout convaincu par la prestation de Kassovitz dans le rôle de Darlan.
L'année 1941 passe à l'as. Et pourtant... 1941, c'est l'ouverture capitale du front de l'Est, la "belle et bonne alliance" de revers de De Gaulle avec l'URSS, qui lui permet de se déprendre quelque peu de la seule alliance britannique, l'escadrille Normandie-Niémen, mais aussi la tragique guerre franco-française de Syrie. Rien de cela n'est même évoqué.
Bonnier de La Chapelle apparaît comme un tueur isolé. Les frères d'Astier, l'abbé Cordier et bien sûr le comte de Paris passent à la trappe.
La Résistance intérieure est seulement esquissée. Jean Moulin fédère et rallie les mouvements autour du général de Gaulle. Mais à part Bidault, on ne sait pas qui il fédère. Henri Frenay est absent. Claude Bourdet est absent. Emmanuel d'Astier est absent. Jean-Pierre Lévy est absent. Pierre Brossolette est absent.
Autre grande absente : l'armée d'Afrique. Elle est complètement éclipsée. Juin et De Lattre brillent par leur absence. Monte Cassino, l'entrée des Français dans Rome en juin 1944 et De Gaulle visitant le front italien ou encore le pape Pie XII dans Rome libérée : rien de tout cela n'est là encore ne serait-ce qu'évoqué.
L'entrée du général de Gaulle dans Bayeux, le 14 juin 1944, est elle aussi étrangement négligée. Alors que cette prise de possession de la première parcelle du territoire continental est capitale.
Bien sûr, j'ai bien conscience que tout ne peut pas être traité ou même évoqué dans un tel format, mais il y a là cependant des oublis fâcheux et quelques-uns qui semblent devoir faire sens : un sens pas particulièrement ragoutant.
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