Sur les canonisations par Jean-Paul PARFU 2026-08-03 14:05:02 |
|
Imprimer |
Il y a eu des débats récemment sur le Forum, alors que vous n'interveniez plus.
1) Les nouvelles règles de canonisation à partir de 1983, ont changé la signification des canonisations. Elles permettent l'instrumentalisations de l'acte de canonisation.
2) Elles ne sont pas infaillibles !
a) Pour Mgr Jacques Perrier, évêque émérite de Tarbes et Lourdes, depuis 1870, « l’infaillibilité pontificale n’a été mise en œuvre qu’une seule fois [en 1950]: pour la définition de l’Assomption de la Vierge Marie ».
On pourrait en déceler une deuxième dans la déclaration du pape Jean-Paul II "Ordinatio sacerdotalis" du 22 mai 1994 au sujet de l’impossibilité aux femmes d’accéder au sacerdoce.
Le 28 octobre 1995, dans sa « Réponse à un doute », la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) a précisé que le caractère infaillible de cette déclaration repose sur le Magistère universel ordinaire de l’Eglise.
b) Pour Roberto de Mattei, à propos des récentes canonisations : "Il suffit d’observer que, si l’infaillibilité des canonisations n’est pas un dogme de foi, l’impossibilité d’une contradiction entre la foi et la raison est par contre un dogme de foi. Si j’acceptais, par foi, un fait qui contredise la raison de manière évidente, comme c’est le cas de l’inexistante sainteté de Paul VI, je tomberais dans le fidéisme absolu. Il faudrait dès lors que je renonce à la possibilité de toute démonstration apologétique fondée sur la raison, comme par exemple l’existence de Dieu, parce que j’aurais détruit le principe de rationalité sur laquelle se fonde ma foi.
La foi dépasse la raison et l’élève, mais ne la contredit pas, parce que Dieu, la Vérité par essence, ne peut être contradictoire. Nous pouvons donc, en conscience, maintenir toutes nos réserves sur ces canonisations. Il est frappant de constater, en outre, qu’on propose à la canonisation tous les papes d’après Vatican II et non ceux qui l’ont précédé. Il semble que l’objectif soit de rendre rétroactivement infaillibles chacune de leurs paroles et chaque acte de leur gouvernement".
c) Que l'Eglise n'ait jamais canonisé un damné ou que l'Eglise soit divinement assistée ne signifie pas que les canonisations soient infaillibles !
Encore une fois, l'assistance divine promise à l'Eglise est une chose, l'infaillibilité en est encore une autre et c'est la raison pour laquelle elle a été définie en 1870 et de manière très restrictive.
Avec les canonisations, il ne s'agit ni de dogme ni de morale, mais de procédures ayant pour objet la mise sur les autels de personnes et donc l'appréciation de faits.
Si Benoît XIV a revu les procédures de canonisations, c'est qu'il y avait un problème.
Dans les temps anciens, jusqu'au Xe siècle, il n’existait pas dans l'Église de procédure centralisée pour déclarer une personne sainte. Le plus souvent, c’est "la vox populi" qui déclarait la sainteté. Donc pas d'infaillibilité pontificale au sens de "Pastor aeternus" !
En 1969, lors de la réforme liturgique, 44 saints, parce qu'ils auraient été des saints légendaires selon l'Eglise conciliaire, ont tout simplement disparu du calendrier romain !
Conclusion : un peu de bon sens !
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|