Deux poids, deux mesures? par Réginald 2026-07-05 16:52:05 |
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A lire certaines réactions, on pourrait croire que Rome ne sanctionne que les milieux attachés à la tradition, tandis qu'elle laisserait sans réaction les désobéissances provenant du courant progressiste.lire certaines réactions, on pourrait croire que Rome ne sanctionne que les milieux attachés à la tradition, tandis qu'elle laisserait sans réaction les désobéissances provenant du courant progressiste. Cette perception existe, notamment en raison de certaines affaires récentes où beaucoup ont jugé, à juste titre, les réactions romaines tardives ou insuffisantes. Les faits montrent pourtant une réalité plus nuancée.
L'exemple le plus connu est celui des « Sept du Danube ». Le 29 juin 2002, sept femmes tentèrent de recevoir l'ordination sacerdotale sur une péniche naviguant sur le Danube. Le 10 juillet suivant, la Congrégation pour la doctrine de la foi leur adressa un monitum, les invitant à reconnaître l'invalidité de cette prétendue ordination et à revenir sur leur démarche. Devant leur refus, elles furent excommuniées. Le recours qu'elles introduisirent auprès du Saint-Siège fut ensuite rejeté.
Loin de rester un cas isolé, cette affaire donna naissance au mouvement Roman Catholic Womenpriests (RCWP), qui revendique aujourd'hui plusieurs « évêques » et plusieurs centaines de « prêtres » à travers le monde. Face à son développement, la Congrégation pour la doctrine de la foi publia, le 19 décembre 2007, avec l'approbation de Benoît XVI, un décret général établissant que quiconque tente de conférer l'ordre sacré à une femme, ainsi que la femme qui tente de le recevoir, encout l'excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique. Depuis lors, chacune de ces prétendues ordinations entraîne automatiquement cette peine canonique.
Rome est également intervenue contre plusieurs figures du catholicisme progressiste. Le père Roy Bourgeois fut excommunié pour avoir participé à une tentative d'ordination d'une femme. Le père Greg Reynolds fut excommunié en 2013 après avoir publiquement soutenu l'ordination des femmes, les unions entre personnes du même sexe et poursuivi un ministère en rupture avec son évêque. On peut également citer le prêtre brésilien Roberto Francisco Daniel (« Padre Beto »), connu pour ses positions favorables à l'homosexualité et qui refusait d'obéir aux injonctions de son évêque, dont l'excommunication a été confirmée par le Vatican.
Il est d'ailleurs intéressant de constater que les personnes sanctionnées, quel que soit leur courant ecclésial, invoquent souvent le même argument : celui de la primauté de leur conscience. Ainsi, après la confirmation de son excommunication, le « Père Beto » déclarait : « La décision du Saint-Siège ne change pas ma vie, et encore moins ma conscience ; je suis en paix. »
Les faits sont têtus. Rome ne sanctionne pas une sensibilité ecclésiale, mais aussi des actes qu'elle juge gravement contraires à la doctrine, à la morale ou à la constitution de l'Église.
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