Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=860969
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 860969 )Petite logique de la Miséricorde par BK (2019-01-30 10:47:59) 

Le Christ règne et triomphe sur la Croix, et la Vierge Marie règne et triomphe au pied de la Croix, et les Saints, en particulier les Martyrs, règnent et triomphent dans leur vie et leur mort avec le Christ, parce qu'ils pardonnent tout et ne cessent pas un instant d'aimer.

Saint Jacques est très clair (Jc 4,11-12) : juger son prochain, y compris le plus grand pécheur, c'est juger le Christ Qui lui pardonne, c'est juger la Loi de la Miséricorde divine telle qu'elle nous est révélée par la Croix.


Frères, cessez de dire du mal les uns des autres ; dire du mal de son frère ou juger son frère, c’est dire du mal de la Loi et juger la Loi. Or, si tu juges la Loi, tu ne la pratiques pas, mais tu en es le juge.

Un seul est à la fois législateur et juge, celui qui a le pouvoir de sauver et de perdre. Pour qui te prends-tu donc, toi qui juges ton prochain ?



Or précisément, régner et triompher, être libéré par le Christ, vivre dans la sainte Liberté des Enfants de Dieu, c'est pardonner... Saint Jacques lie explicitement (Jc 2,12-13) la loi, la liberté et la loi de liberté à la Miséricorde :


Parlez et agissez comme des gens qui vont être jugés par une loi de liberté. Car le jugement est sans miséricorde pour celui qui n’a pas fait miséricorde, mais la miséricorde l’emporte sur le jugement.



Et le Christ ne cesse d'en implorer Son Père (Ps 7,4-6) : si Sa Miséricorde scandalise, que Sa Croix redouble d'intensité...


Seigneur mon Dieu, si J'ai fait cela, si J'ai vraiment un crime sur les mains, si J'ai causé du tort à mon allié en épargnant son adversaire,

que l'Ennemi Me poursuive, qu'il M'atteigne, qu'il foule au sol Ma Vie et livre Ma Gloire à la poussière.



Est-ce vraiment ce que nous voulons pour Lui : voulons-nous à tout prix L'empêcher de régner, ou plutôt ne faire advenir Son Règne que par un redoublement de Ses Souffrances ?
images/icones/fleche2.gif  ( 860970 )[réponse] par Regnum Galliae (2019-01-30 11:03:40) 
[en réponse à 860969]

Cardinal Pie : « La religion qui vient du ciel est vérité, et elle est intolérante envers les fausses doctrines. » « La religion qui vient du ciel est charité, et elle est pleine de tolérance envers les personnes. »

Que devons-nous comprendre de votre question ? Quels comportements visez-vous ? Qui juge (à tort) son prochain, et quel prochain ? Bref, qui visez-vous ?
images/icones/hum2.gif  ( 860971 )Je restitue très fidèlement la logique de la Miséricorde divine par BK (2019-01-30 11:10:49) 
[en réponse à 860970]

qui prévaut sur tout péché.

Ce qui n'empêche la nécessité d'un ordre judiciaire civil, et de forces armées.

Dans les faits, c'est une réponse argumentée à un article bidon (j'allais écrire bouffon, mais je respecte les inspirations avisées de mon téléphone) de l'abbé Gleize fsspx, professeur au Séminaire d'Écône.

Je ne vois pas bien le lien avec les religions. Mais ça ne sera pas le premier fil qui dérive.
images/icones/fleche2.gif  ( 860974 )Le premier élément qui manque... par Vianney (2019-01-30 12:32:39) 
[en réponse à 860971]

 
...à votre “réponse argumentée” (sic), BK, c’est le lien avec l’article que vous qualifiez de bidon. Je ne dis pas que publier ce lien suffirait à rendre votre “réponse” “argumentée”, mais c’est un élément nécessaire pour qu’elle puisse prétendre l’être.

V.
 
images/icones/5a.gif  ( 860978 )Lien mis déjà près d'une dizaine de fois par BK (2019-01-30 13:43:28) 
[en réponse à 860974]

dont deux fois ces derniers jours dans deux fils différents.

Je n'ai jamais eu la moindre réponse à mes nombreux messages sur ce sujet crucial.

Ma brève note était autosuffisante, je n'ai mentionné cet article que pour faire plaisir à Regnum Galliae qui estime qu'il ne peut y avoir que des gens visés (ce qui pour un commentaire de l'Écriture Sainte est une curieuse idée).

Puisque donc vous insistez, le lien de La Miséricorde sans le pardon des péchés par l'Abbé Gleize fsspx, Professeur au Séminaire d'Écône.
images/icones/1d.gif  ( 860980 )BK a ses marottes par Regnum Galliae (2019-01-30 14:44:10) 
[en réponse à 860978]

et parfois le vélo se met à pédaler tout seul. Pardonnez-moi de ne pas avoir compris le contexte de votre post venu de nulle part
images/icones/op2.gif  ( 860983 )Cher Regnum... par BK (2019-01-30 14:53:02) 
[en réponse à 860980]

il m'est déjà arrivé à diverses reprises de publier des messages de spiritualité.

Par exemple :

- ici, avec Sainte Catherine de Sienne,

- , avec Guy de Larigaudie.

C'est VOUS, cher Regnum, qui face au message initial, voulez à tout prix qu'il y ait des gens visés.

J'essaye de vous faire plaisir en rappelant l'article de l'abbé Gleize - mais ce n'était pas l'objectif initial de mon message, et c'est votre message qui infléchit ce fil.

Par ailleurs, vous aviez promis de lire cet article et d'essayer de formuler vos propres remarques à ce sujet...
images/icones/neutre.gif  ( 860984 )[réponse] par Regnum Galliae (2019-01-30 15:03:40) 
[en réponse à 860983]

en effet, le temps passe vite et cet article est assez pénible à lire. Il semble en outre tiré par les cheveux. Mais je vais finir par le lire si cela peut éviter que vous le citiez sans arrêt.

Par ailleurs, je ne souhaite pas qu'il y ait des gens visés, mais c'est ce que j'avais cru comprendre de votre message qui semblait lourd de sous-entendus.
images/icones/fleur.gif  ( 861057 )C'était le genre littéraire de l'exhortation morale par BK (2019-02-01 00:30:35) 
[en réponse à 860984]

rien de plus.

Et croyez bien que je suis conscient que ce genre m'oblige dans le "nous" à me mettre au premier rang, si ce n'est en avant de la foule.
images/icones/fleche2.gif  ( 861083 )je ne voisd pas ce qui vous choque dans ce texte par Regnum Galliae (2019-02-01 15:52:44) 
[en réponse à 861057]

- est-ce ce qui est présenté comme étant la conception traditionnelle de la miséricorde, ou bien
- est-ce ce qui est présenté comme étant la conception moderne de la miséricorde ?
images/icones/coeurbrise.gif  ( 861084 )Ce qui me choque - et même me révulse par BK (2019-02-01 16:01:45) 
[en réponse à 861083]

- c'est d'enseigner que la Miséricorde ne pardonnerait pas le péché en tant qu'il est volontaire (qui n'appellerait que la Justice divine et vengeresse),

- parce qu'on veut à tout prix s'opposer aux enseignements des derniers papes sur la Miséricorde,

- et d'usurper l'autorité de Saint Thomas, en confondant l'unique question sur la Miséricorde avec un Traité de la Miséricorde.


Cet article de l'abbé Gleize, ce n'est même plus du jansénisme, c'est du plus pur calvinisme.

Et après, on va prétendre donner des leçons de catholicité au pape !

Alors qu'on ne comprend plus rien - et qu'on ne fait plus rien comprendre - à la tendre Miséricorde du Christ, Qui se laisse transpercer par Amour pour nous, et Qui ne nous en tient pas rigueur, bien au contraire. Le Christ est heureux de nous sauver, et le Prix qu'Il paye pour cela ne compte pour rien en comparaison de la Joie qu'Il veut trouver à vivre en nous et avec nous.

Pauvres fidèles, pauvres séminaristes !


Voyez les détails donnés en réponse à Vianney et Meneau.
images/icones/fleche2.gif  ( 861090 )Vous auriez pu ajouter par Regnum Galliae (2019-02-01 17:29:33) 
[en réponse à 861084]

ma propre réponse et que je serais tenté de vous recopier, mais vous l'aviez déjà contestée.

Après une lecture plus attentive du texte, je ne la renie pas.

En revanche, j'ajoute ce passage du catéchisme de l'Eglise catholique (celui dit du Concile de Trente) :

Mais il faut bien avertir les Fidèles qu’une si grande facilité de pardon, si étendue du côté des fautes, et si illimité
e au point de vue du temps, ne doit point les rendre plus libres pour se livrer au péché, ni plus lents pour se repentir. Dans le premier cas ils seraient évidemment convaincus de mépris injurieux pour cette
Divine Puissance, et par conséquent ils seraient indignes de la Miséricorde de Dieu. Dans le second il y aurait grandement à craindre qu’ils ne fussent surpris par la mort, et par conséquent que leur foi à la Rémission des péchés ne devint inutile, parce que leurs retards et leurs atermoiements leur en auraient justement fait perdre tous les avantages.



Un peu plus loin :

Si nous lisons dans l’Ecriture que certains personnages n’ont point obtenu de Dieu miséricorde, bien qu’ils l’eussent demandée avec ardeur, nous savons que cela tenait à ce qu’ils n’avaient pas un repentir et une douleur sincères de leurs fautes. Ainsi lorsque nous trouvons dans nos Saints Livres, ou dans les saints Pères, quelques passages qui semblent affirmer que certains péchés sont irrémissibles, il faut entendre par là que le pardon de ces péchés est extrêmement difficile à obtenir. De même qu’il est des maladies que l’on dit incurables parce qu’elles inspirent au malade l’horreur des médicaments qui pourraient le guérir
; de même il y a des péchés dont on n’obtient pas le pardon parce qu’ils font repousser la grâce de Dieu, cet unique remède du salut. C’est dans ce sens que Saint Augustin disait: «
Lorsqu’un homme arrivé à la connaissance de Dieu par la grâce de Jésus-Christ, blesse ensuite la Charité fraternelle, et que
s’élevant contre la grâce même, il s’abandonne aux fureurs de l’envie, le mal de son péché est tel qu’il ne peut même s’abaisser à en demander pardon, quoique d’ailleurs les remords de sa conscience le forcent à reconnaître et à avouer sa faute.
»



ou encore cela

Enfin le dernier degré de la Prière est celui de ces pécheurs qui non seulement ne se repentent point de leurs mauvaises actions et de leurs infamies, mais encore entassent crimes sur crimes. Et cependant ils n’ont pas honte de solliciter de Dieu le pardon de ces péchés dans lesquels ils veulent persévérer! Certes, ils n’oseraient pas, dans de pareilles dispositions, demander aux hommes un pardon semblable. Aussi, qu’arrive-t-il? Leur Prière n’est point exaucée. «Ce scélérat, dit la Sainte Ecriture, en parlant d’Antiochus, priait le Seigneur de qui il ne devait point obtenir miséricorde.» C’est pourquoi les Pasteurs ne manqueront pas d’exhorter fortement ceux qui sont dans ce triste état, à renoncer définitivement à la volonté de pécher, et à se convertir à Dieu dans toute la sincérité de leur cœur.


Je reviens sur le péché des damnés, pleinement assumé car commis de plein gré, sans nos infirmités d'ici bas qui font que nos choix ne sont pas parfaits et donc révocables, pardonnables. Il me semble d'ailleurs que les Bienheureux du Ciel ne peuvent pas exprimer la moindre compassion pour les damnés puisqu'ils n'ont que le résultat de leur choix. Je crois que nous ne sommes pas loin de ce fameux péché contre l'Esprit irrémiscible.

L'exposé de l'abbé Gleize est un peu technique je vous l'accorde mais il ne faut pas lui faire dire ce qu'il n'a pas dit. D'ailleurs ce n'est pas la miséricorde qui pardonne, mais Dieu et c'est cette part d'involontaire qui fait que Dieu a miséricorde. Observez le sort de Voltaire qui savait parfaitement ce qu'il faisait : au seuil de la mort, il demande un prêtre, exprime des regrets et obtient l'extrême-onction. Contre toute attente il se rétablit, reprend ses activités impies. Lors de son agonie, il a de nouveau requis un prêtre, lequel est venu prêt à lui offrir les derniers sacrements. La Providence a souhaité que ses "amis" libres-penseurs, horrifiés à l'idée que le grand Voltaire ait la faiblesse de succomber à la superstition, ont empêché de pénétrer. Le texte décrivant les cris de désespoir de ce pauvre Voltaire est déchirant, mais il ne fait pas bon abuser de la miséricorde de Dieu. Pensons-y plutôt que de se croire sauvé avant l'heure. Pensons aussi au "voile d'aveuglement" dont parle saint Paul pour les esprits obstinés dans le mal. La scène politique en est rempli d'exemples...
images/icones/fleche2.gif  ( 861093 )Le nœud du problème, le point CRUCIAL par BK (2019-02-01 17:50:32) 
[en réponse à 861090]

c'est de donner à penser que la Miséricorde n'atteint pas au cœur du péché, que le cœur du péché n'appellerait de soi que la condamnation de la Justice divine (ce qui oppose Justice et Miséricorde au lieu de les distinguer et co-ordonner), de penser donc que la Miséricorde divine n'est pas plus grande que le péché, car il y a dans le péché quelque chose de si mauvais que cela lui échappe, et de perdre de vue que, quoi qu'il arrive, .


Voyez par exemple Rm 3,21, où Saint Paul parle de la Justice de Dieu qui sauve, ce que l'abbé Gleize avec sa lecture tronquée de Saint Thomas rend incompréhensible.


Par ailleurs, Dieu s'identifie à Sa Miséricorde.

images/icones/fleche2.gif  ( 861100 )Vous ne parlez peut-être pas de la même chose par Regnum Galliae (2019-02-01 18:41:09) 
[en réponse à 861093]

Voyons la question sous un autre angle : d'après vous qu'est-ce que le péché contre l'Esprit et pourquoi ne peut-il être remis ni dans ce monde, ni dans l'autre ?
images/icones/neutre.gif  ( 861102 )[réponse] par Regnum Galliae (2019-02-01 19:04:10) 
[en réponse à 861093]

Personne n'a jamais dit que les péchés n'étaient pas pardonnables. C'est tellement gros que personne ne s'abaisse à le rappeler mais n'allez pas accuser l'abbé Gleize de penser une chose pareille !

Je ne vois pas où il tient une telle chose. Merci de mettre une citation complète car cela fait plus d'un mois que vousd semblez avoir perdu le sommeil à cause de ce qui ne peut qu'être une mauvaise compréhension d'un texte.

«Donnez-moi une phrase de n’importe qui, et je le me charge de le faire pendre !»
images/icones/pelerouin1.gif  ( 861374 )Cher Regnum par BK (2019-02-06 15:16:31) 
[en réponse à 861102]

prétendre que le pape François a une fausse conception de la Miséricorde, et écrire un article où le pardon des péchés (mal de faute) est absent, ce n'est pas sérieux, et preuve d'aveuglement idéologique.

Relisez l'article de l'abbé Gleize, il occulte (!) que le Christ est venu nous sauver du péché, en particulier du mal de faute.
images/icones/neutre.gif  ( 861381 )Ben non par Meneau (2019-02-06 15:33:49) 
[en réponse à 861374]

Il n'occulte pas ça. Vous rêvez.

Cordialement
Meneau
images/icones/nul.gif  ( 861385 )Citez alors l'endroit où l'abbé Gleize par BK (2019-02-06 15:41:35) 
[en réponse à 861381]

précise que la Miséricorde de Dieu vient au secours du mal de faute.

C'est bien de dire, c'est mieux de prouver ses dires.
images/icones/neutre.gif  ( 861404 )En même temps... par Meneau (2019-02-06 18:47:17) 
[en réponse à 861385]

à l'accusation revient la charge de la preuve.

Cordialement
Meneau
images/icones/1d.gif  ( 861533 )Vous êtes bien amusant, cher Meneau ? par BK (2019-02-08 18:07:52) 
[en réponse à 861404]

Je relève une absence grave, vous me demandez de produire une citation...

Vous prétendez que j'ai tort de relever une absence, et vous refusez d'en produire la réfutation par l'évidence d'une citation...

Décidément, Meneau, vous n'êtes pas sérieux.
images/icones/neutre.gif  ( 861679 )Puisque vous y tenez... par Meneau (2019-02-09 23:50:51) 
[en réponse à 861374]

Il est vrai que je ne vous ai pas répondu. C'est parce qu'au bout d'un certain temps, on ne voit pas l'utilité de relancer un débat qui de toute façon ne peut pas aboutir. Pour que le débat puisse avancer, il faudrait que vous essayiez au moins de comprendre le texte sur lequel on débat, et les arguments qui vous sont opposés.

Essayons encore une fois puisque vous semblez y tenir dans un autre fil. Mais je commence à me demander, tout comme Paterculus et pour la même raison que lui, si je ne perds pas mon temps.

L'abbé Gleize n'occulte pas "que le Christ est venu nous sauver du péché, en particulier du mal de faute". Occulter veut dire qu'il voudrait cacher la chose. Il ne l'occulte pas, il n'en parle pas, c'est tout. Pourquoi n'en parle-t-il pas ? Parce que ce n'est pas le sujet. Lui reprocherez-vous aussi d'occulter le dogme de l'Immaculée Conception dans cet article ?

Le propos de l'article, tout comme celui de la question de la Somme Théologique qu'il utilise, ce n'est pas la Miséricorde de Dieu envers le pécheur, mais la vertu de miséricorde que doit pratiquer l'homme. Or l'objet de la miséricorde humaine doit bel et bien être la peine et non la faute. La faute, c'est à Dieu de la pardonner s'Il le juge bon. Cela regarde Sa justice et Sa miséricorde. L'homme, lui, ne pardonne pas l'offence faite à Dieu, mais compatit à la peine de son prochain.


Il appartient à la notion de faute d'être volontaire. Et à ce titre elle n'est pas objet de miséricorde, mais plutôt de punition. Toutefois, parce que la faute peut être une certaine peine, en ce sens que des maux contraires à la volonté de celui qui pèche peuvent l'accompagner, elle est apte sous ce rapport à inspirer la miséricorde. C'est ainsi que nous avons des sentiments de pitié et de compassion pour les pécheurs.

IIa IIae q30 (la vertu de miséricorde)a1 ad1

Ce dont l'abbé Gleize s'offusque, c'est du fait qu'on mette la miséricorde au-dessus de la justice, et qu'ainsi, au nom de cette fausse miséricorde, on occulte complètement la faute qui, au nom d'une justice bien ordonnée qui met le bien commun au-dessus du bien particulier, devrait pouvoir appeler des discriminations. Et en ce sens, toute discrimination n'est pas forcément, sous prétexte de miséricorde, un mal.


Il devrait pourtant être évident (et ce le fut jusqu’ici pendant vingt siècles) que le pouvoir de la société civile comme le pouvoir ecclésiastique ont l’un et l’autre le devoir d’imposer des discrimination à l’encontre de ceux dont les péchés menacent l’ordre public, ne serait-ce que parce qu’ils représentent un scandale, c’est à dire une occasion de péché. Discrimination qui doit s’imposer en raison de la condition sociale ou religieuse des fauteurs de trouble. Condition religieuse s’il s’agit d’un culte public contraire à la vraie religion. Condition sociale s’il s’agit d’un comportement contraire à la loi divine naturelle.
(...)
Plus exactement, il s’agit d’une miséricorde humanitaire ou philanthropique, devenue incapable de saisir le lien qui rattache le mal du péché au mal de la peine. C’est parce que la peine est méritée par le péché qu’elle devient un bien : le bien commun d’une justice commune à toute la société et à toute l’Eglise. Faute de saisir ce lien, l’on ne verra plus dans la discrimination qu’un mal : le mal commun d’une injustice commune à tous les individus, à toute l’humanité. Il est clair que le dogme catholique « Hors de l’Eglise point de salut » exprime une discrimination et passe par la condamnation des « autres traditions religieuses ».

Abbé Gleize

Cordialement
Meneau
images/icones/1d.gif  ( 861720 )Vous êtes toujours aussi drôle, Meneau par BK (2019-02-11 07:48:35) 
[en réponse à 861679]

Il s'agit de critiquer la Miséricorde telle que le pape François l'enseigne.

Et pour cela, l'abbé Gleize se croit dispensé d'en donner une définition exhaustive.

Ce n'est tout de même pas la même chose que de ne pas parler de l'Immaculée Conception.

Soit dit en passant, puisque vous en parlez, l'Immaculée Conception a-t-elle condamné qui que ce soit ? Retient-elle les fautes faites contre elle ?

Il est clair que l'abbé Gleize après avoir annoncé un article dogmatique, se cantonne à la politique (si vous regardez le dossier de la fsspx sur Vatican II, c'est la même démarche...).

De là à prétendre qu'il n'y a de faute que contre Dieu, et que l'homme n'a aucune faute à pardonner, c'est tout simplement délirant.
images/icones/5b.gif  ( 860979 )Merci ! par Vianney (2019-01-30 14:18:14) 
[en réponse à 860974]

 
Mon ignorance s’explique : je lis fort peu sur internet ces derniers temps. Je vais donc commencer par le commencement : lire cet article auquel vous voulez répondre.

V.
 
images/icones/fleche3.gif  ( 860981 )Voyez aussi par BK (2019-01-30 14:48:23) 
[en réponse à 860979]

Divers anciens messages, que je vous remets ici.

Le sujet n'est certes pas anecdotique : il s'agit, avec la Miséricorde, du cœur (ou du Cœur) des Mystères du Salut et de la vocation de l'homme à la Gloire de Dieu.


Comme exemple de risque d'hérésie, toujours le même article de l'abbé Gleize fsspx, professeur au Séminaire d'Ecône,

qui semble n'avoir pas perçu que le Christ est venu sauver non les justes, mais les pécheurs, y compris dans ce que leur péché peut avoir de volontaire et coupable.

Sinon, quel Salut et quelle Espérance avons-nous ?


Il n’y a donc pas à distinguer, du point de vue de la miséricorde, entre le pécheur (qui mériterait la miséricorde) et le péché (qui serait à réprouver), par exemple entre l’homosexuel et l’homosexualité, ou l’adultère et … l’adultère !



(étonnante exégèse infidèle à Saint Augustin)


En tant que tel, le pécheur se définit comme celui qui commet volontairement le péché, l’homosexuel comme celui qui commet volontairement l’acte contre nature, l’adultère comme celui qui commet volontairement l’injustice d’une indifélité à l’égard de son conjoint. Le pécheur en tant qu’il pèche volontairement mérite la même réprobation que son péché et c’est pourquoi il ne mérite aucune miséricorde.



???


La distinction est possible à un autre niveau, puisque des aspects différents peuvent se rencontrer dans les mêmes choses. Un péché, qui est forcément volontaire, peut dépendre en même temps que du consentement libre, de bien des facteurs qui y ont poussé et qui sont faiblesse, infirmité : par là s’introduit de l’involontaire qui diminue le péché ; par ce côté, il cesse d’être un mal commis pour devenir un mal subi, et donc une misère, et il appelle plutôt l’excuse et le pardon, la miséricorde.

Par conséquent, s’il y a une distinction à faire, elle a lieu entre le péché et la misère, entre le pécheur et le misérable, entre l’homosexualité (ou l’homosexuel) et l’infirmité d’une concupiscence contre nature, entre l’adultère et l’infirmité d’une concupiscence malheureusement trop commune.

Par accident, le pécheur (et non son péché) peut être objet de miséricorde, non pas dans la mesure où il commet volontairement une action mauvaise, mais en tant qu’il subit involontairement le poids d’une concupiscence mauvaise, qui le pousse malgré lui à contredire les injonctions de la loi divine.

Voilà en quel sens il est vrai de dire que nous devons plutôt plaindre le pécheur et le secourir que nous indigner et le condamner. C’est que nous le prenons ici formellement par le côté où il est misère, par le côté où il nous parait avoir des excuses ; nous l’expliquons par tout ce qui a pu s’introduire en lui d’involontaire. Et nous le prenons aussi par le côté où, éventuellement, il déteste l’action mauvaise qu’il a commise et cherche à la réparer. A tous ces points de vue, mais à ces points de vue seulement, la miséricorde peut viser à soulager la misère du pécheur.



Je rappelle que l'abbé Gleize fsspx, professeur au Séminaire d'Ecône, commente très littéralement la question de la Somme où Saint Thomas d'Aquin o.p. traite de la Charité.

Mais que la question n'épuise pas le sujet, puisque le Pardon par le Christ, la Rédemption et la Rémission des péchés ne sont pas évoqués. Il aurait fallu chercher dans la prima et la tertia pars.

Pour attaquer la "fausse conception de la miséricorde du pape François", l'abbé Gleize fsspx, professeur au Séminaire d'Ecône rend incompréhensible le Salut, et jusqu'au Cri du Christ en Croix : "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font."

Fait-il mieux aimer Dieu ainsi ?

Je crains que non, hélas.

Avec cet article, le Christ est découronné de Sa Couronne d'épines.

Il lui reste la foudre de Jupiter tonnant.


Où affleure l'hérésie ?

1. Dans l'idée que le péché mortel n'appelle pas la miséricorde.

2. Dans l'idée que le péché véniel mériterait la miséricorde (si on donne son sens fort à "mériter", la phrase est plus que douteuse).

3. Dans l'idée que la miséricorde ne vise qu'à soulager la misère, et non le péché et ses conséquences, y compris le châtiment qu'il mérite.

On attend la Bible de l'abbé Gleize fsspx, professeur au Séminaire d'Ecône, où disparaîtront de fausses conceptions de la miséricorde telles que

Isaïe, 53

01 Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ?

02 Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire.

03 Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.

04 En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.

05 Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.

06 Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.

07 Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche.

08 Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple.

09 On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche.

10 Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.

11 Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes.

12 C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs.






Le pécheur qui ne se repent jamais refusera le pardon que le Christ lui a pourtant acquis et offert.

La Miséricorde du Christ précède et englobe tout.

Tous nos manquements, passés, présents et à venir.

Et c'est pourquoi nous pouvons espérer.



L'abbé Gleize fsspx, professeur au Séminaire d'Ecône, écrit explicitement que la miséricorde vise le mal de peine (subie) et non le mal de faute (péché commis).

C'est précisément le contraire de ce qu'enseigne la Parole de Dieu.

Croyez-moi, j'en suis bien navré.

Et je crains que cela ne soit tout à fait révélateur.






Ezékiel pour la route

au cas, cher Regnum Galliae, où vous n'auriez pas compris que je tiens - avec l'Eglise - que nous pouvons espérer mais que nous ne pouvons qu'espérer.

(un texte qui disparaîtrait probablement de la Bible Gleize, sauf à postuler que le pécheur qui s'est détourné de ses péchés en fait n'avait commis que des péchés véniels - ou que Dieu lui a pardonné pour un autre motif que Sa Miséricorde... allez savoir ce qu'on peut imaginer une fois qu'on a perdu le bon, simple et droit sens des choses)



Ezékiel, 18

« 21 Le méchant, s’il se détourne de tous les péchés qu’il a commis, s’il observe tous mes décrets, s’il pratique le droit et la justice, c’est certain, il vivra, il ne mourra pas.

22 On ne se souviendra d’aucun des crimes qu’il a commis, il vivra à cause de la justice qu’il a pratiquée.

23 Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant – oracle du Seigneur Dieu –, et non pas plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive ?

24 Mais le juste, s’il se détourne de sa justice et fait le mal en imitant toutes les abominations du méchant, il le ferait et il vivrait ? Toute la justice qu’il avait pratiquée, on ne s’en souviendra plus : à cause de son infidélité et de son péché, il mourra !

25 Et pourtant vous dites : “La conduite du Seigneur n’est pas la bonne”. Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ?

26 Si le juste se détourne de sa justice, commet le mal, et meurt dans cet état, c’est à cause de son mal qu’il mourra.

27 Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie.

28 Il a ouvert les yeux et s’est détourné de ses crimes. C’est certain, il vivra, il ne mourra pas.

29 Et pourtant la maison d’Israël répète : “La conduite du Seigneur est étrange”. Est-ce ma conduite qui est étrange, maison d’Israël ? N’est-ce pas votre conduite qui est étrange ?

30 C’est pourquoi – oracle du Seigneur Dieu – je vous jugerai chacun selon sa conduite, maison d’Israël. Retournez-vous ! Détournez-vous de vos crimes, et vous ne trébucherez plus dans la faute.

31 Rejetez tous les crimes que vous avez commis, faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi vouloir mourir, maison d’Israël ?

32 Je ne prends plaisir à la mort de personne, – oracle du Seigneur Dieu – : convertissez-vous, et vous vivrez. »
images/icones/neutre.gif  ( 861027 )Mouais... par Meneau (2019-01-31 16:01:42) 
[en réponse à 860981]

Je ne suis pas un fanatique inconditionnel de l'abbé Gleize, mais avant de l'accuser friser l'hérésie, vous feriez bien :
1. d'intégrer correctement les distinctions qu'il fait à la suite de St Thomas
2. de ne pas vous-même proférer d'hérésies...


le Christ est venu sauver non les justes, mais les pécheurs


Le Christ est venu sauver tout le monde, pas seulement les pécheurs. Les justes ne seraient pas sauvés s'Il n'était venu racheter la faute originelle.


L'abbé Gleize fsspx, professeur au Séminaire d'Ecône, écrit explicitement que la miséricorde vise le mal de peine (subie) et non le mal de faute (péché commis).
C'est précisément le contraire de ce qu'enseigne la Parole de Dieu.



Le mal de faute n'appelle pas la Miséricorde mais la Justice divine. Cette Justice a pour conséquence le mal de peine. La Miséricorde s'adresse à ce mal de peine : elle nous exempte de cette peine, malgré la faute. Mais elle ne transforme ni n'efface le mal de faute.


Il appartient à la notion de faute d’être volontaire. Et à ce titre elle n’est pas objet de miséricorde, mais plutôt de punition. Toutefois, parce que la faute peut être une certaine peine, en ce sens que des maux contraires à la volonté de celui qui pêche peuvent l’accompagner, elle est apte sous ce rapport à inspirer la miséricorde. C’est ainsi que nous avons des sentiments de pitié et de compassion pour les pécheurs

IIa-IIae q30 a1 ad1



y compris dans ce que leur péché peut avoir de volontaire et coupable.
(...)
l'abbé Gleize fsspx, professeur au Séminaire d'Ecône rend incompréhensible le Salut, et jusqu'au Cri du Christ en Croix : "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font."


Justement, NSJC n'a pas dit "Pardonnez-leur, bien qu'ils sachent pertinemment ce qu'ils font".

Cordialement
Meneau



images/icones/marie.gif  ( 861032 )Votre propos est très incomplet, imprécis et bancal par BK (2019-01-31 17:22:17) 
[en réponse à 861027]

"Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs", dit le Christ (Mc 2,17).

Lui reprocheriez-vous comme à moi de n'avoir pas précisé qu'Il est venu pour la Vierge Marie aussi ?


Que Saint Thomas d'Aquin o.p. distingue entre mal de peine et mal de faute n'empêche que le Christ est venu nous sauver des deux - sauf à définir le mal de faute comme le péché des damnés qui demeure pour l'Éternité.

Voyez par exemple IIIa q. 49, a.1, a.3 ; Ia-IIae q. 79, a.1, a.4, q. 113, a.8

Dieu tolère le mal de faute, et veut positivement le mal de peine qui guérit du péché.

Le péché mène à deux choses : par lui-même à la damnation, mais par Miséricorde et Providence de Dieu à la guérison.

La Passion du Christ cause la rémission du péché lui-même, sur quoi s'appuyait l'obligation à la peine.



Des précisions précieuses, qu'il fallait chercher hors de la question sur la Miséricorde, qui est incomplète.

Vos propos "la Miséricorde nous exempte de cette peine, malgré la faute. Mais elle ne transforme ni n'efface le mal de faute" méritent eux aussi d'être précisés.

Felix culpa enseigne l'Apôtre, ce qui manifeste que la Rédemption transfigure le péché (et le mal de faute), dont, dit l'Écriture Sainte, Dieu ne Se souvient plus, une fois le Pardon reçu par le Sang du Christ.


Une fois encore, où l'Abbé Gleize rappelle-t-il que le Christ est venu nous sauver de nos péchés, y compris les plus tristement volontaires et mortels pour nous rendre purs et immaculés, plus blancs que neige, saints et sans péché aucun ?

J'espère sincèrement que cela m'a échappé...

mais j'ai bien l'impression que sous prétexte d'opposition à l'enseignement du pape sur la Miséricorde l'abbé Gleize prêche un Évangile de la Terreur, aux antipodes de celui du doux et humble Christ notre Sauveur, Qui nous baigne tendrement de Son Sang.

images/icones/hein.gif  ( 860975 )À mon avis par Aigle (2019-01-30 12:51:43) 
[en réponse à 860971]

La logique profonde de tout cela repose sur la distinction entre morale individuelle et collective.

Individuellement il faut pardonner.mais cela n'interdit pas à la société collectivement de défendre les droits d chacun et notamment des plus fragiles.

De même un père peut et même doit défendre sa femme et ses enfants menacés par un voleur ou un assassin. Ou même se défendre lui même.
images/icones/carnet.gif  ( 861060 )Une précision : être vraiment libre, c'est être miséricordieux par BK (2019-02-01 02:15:38) 
[en réponse à 860975]

capable de passer outre les offenses, et capable de se soucier des plus petites choses (comme le disait l'abbé Dubrule, de la Miséricorde divine, la miséricorde est - aussi - la capacité d'un grand cœur à s'intéresser aux petites choses).