Frères, cessez de dire du mal les uns des autres ; dire du mal de son frère ou juger son frère, c’est dire du mal de la Loi et juger la Loi. Or, si tu juges la Loi, tu ne la pratiques pas, mais tu en es le juge.
Un seul est à la fois législateur et juge, celui qui a le pouvoir de sauver et de perdre. Pour qui te prends-tu donc, toi qui juges ton prochain ?
Parlez et agissez comme des gens qui vont être jugés par une loi de liberté. Car le jugement est sans miséricorde pour celui qui n’a pas fait miséricorde, mais la miséricorde l’emporte sur le jugement.
Seigneur mon Dieu, si J'ai fait cela, si J'ai vraiment un crime sur les mains, si J'ai causé du tort à mon allié en épargnant son adversaire,
que l'Ennemi Me poursuive, qu'il M'atteigne, qu'il foule au sol Ma Vie et livre Ma Gloire à la poussière.
Mais il faut bien avertir les Fidèles qu’une si grande facilité de pardon, si étendue du côté des fautes, et si illimité
e au point de vue du temps, ne doit point les rendre plus libres pour se livrer au péché, ni plus lents pour se repentir. Dans le premier cas ils seraient évidemment convaincus de mépris injurieux pour cette
Divine Puissance, et par conséquent ils seraient indignes de la Miséricorde de Dieu. Dans le second il y aurait grandement à craindre qu’ils ne fussent surpris par la mort, et par conséquent que leur foi à la Rémission des péchés ne devint inutile, parce que leurs retards et leurs atermoiements leur en auraient justement fait perdre tous les avantages.
Si nous lisons dans l’Ecriture que certains personnages n’ont point obtenu de Dieu miséricorde, bien qu’ils l’eussent demandée avec ardeur, nous savons que cela tenait à ce qu’ils n’avaient pas un repentir et une douleur sincères de leurs fautes. Ainsi lorsque nous trouvons dans nos Saints Livres, ou dans les saints Pères, quelques passages qui semblent affirmer que certains péchés sont irrémissibles, il faut entendre par là que le pardon de ces péchés est extrêmement difficile à obtenir. De même qu’il est des maladies que l’on dit incurables parce qu’elles inspirent au malade l’horreur des médicaments qui pourraient le guérir
; de même il y a des péchés dont on n’obtient pas le pardon parce qu’ils font repousser la grâce de Dieu, cet unique remède du salut. C’est dans ce sens que Saint Augustin disait: «
Lorsqu’un homme arrivé à la connaissance de Dieu par la grâce de Jésus-Christ, blesse ensuite la Charité fraternelle, et que
s’élevant contre la grâce même, il s’abandonne aux fureurs de l’envie, le mal de son péché est tel qu’il ne peut même s’abaisser à en demander pardon, quoique d’ailleurs les remords de sa conscience le forcent à reconnaître et à avouer sa faute.»
Enfin le dernier degré de la Prière est celui de ces pécheurs qui non seulement ne se repentent point de leurs mauvaises actions et de leurs infamies, mais encore entassent crimes sur crimes. Et cependant ils n’ont pas honte de solliciter de Dieu le pardon de ces péchés dans lesquels ils veulent persévérer! Certes, ils n’oseraient pas, dans de pareilles dispositions, demander aux hommes un pardon semblable. Aussi, qu’arrive-t-il? Leur Prière n’est point exaucée. «Ce scélérat, dit la Sainte Ecriture, en parlant d’Antiochus, priait le Seigneur de qui il ne devait point obtenir miséricorde.» C’est pourquoi les Pasteurs ne manqueront pas d’exhorter fortement ceux qui sont dans ce triste état, à renoncer définitivement à la volonté de pécher, et à se convertir à Dieu dans toute la sincérité de leur cœur.
Il appartient à la notion de faute d'être volontaire. Et à ce titre elle n'est pas objet de miséricorde, mais plutôt de punition. Toutefois, parce que la faute peut être une certaine peine, en ce sens que des maux contraires à la volonté de celui qui pèche peuvent l'accompagner, elle est apte sous ce rapport à inspirer la miséricorde. C'est ainsi que nous avons des sentiments de pitié et de compassion pour les pécheurs.
IIa IIae q30 (la vertu de miséricorde)a1 ad1Il devrait pourtant être évident (et ce le fut jusqu’ici pendant vingt siècles) que le pouvoir de la société civile comme le pouvoir ecclésiastique ont l’un et l’autre le devoir d’imposer des discrimination à l’encontre de ceux dont les péchés menacent l’ordre public, ne serait-ce que parce qu’ils représentent un scandale, c’est à dire une occasion de péché. Discrimination qui doit s’imposer en raison de la condition sociale ou religieuse des fauteurs de trouble. Condition religieuse s’il s’agit d’un culte public contraire à la vraie religion. Condition sociale s’il s’agit d’un comportement contraire à la loi divine naturelle.
(...)
Plus exactement, il s’agit d’une miséricorde humanitaire ou philanthropique, devenue incapable de saisir le lien qui rattache le mal du péché au mal de la peine. C’est parce que la peine est méritée par le péché qu’elle devient un bien : le bien commun d’une justice commune à toute la société et à toute l’Eglise. Faute de saisir ce lien, l’on ne verra plus dans la discrimination qu’un mal : le mal commun d’une injustice commune à tous les individus, à toute l’humanité. Il est clair que le dogme catholique « Hors de l’Eglise point de salut » exprime une discrimination et passe par la condamnation des « autres traditions religieuses ».
Il n’y a donc pas à distinguer, du point de vue de la miséricorde, entre le pécheur (qui mériterait la miséricorde) et le péché (qui serait à réprouver), par exemple entre l’homosexuel et l’homosexualité, ou l’adultère et … l’adultère !
En tant que tel, le pécheur se définit comme celui qui commet volontairement le péché, l’homosexuel comme celui qui commet volontairement l’acte contre nature, l’adultère comme celui qui commet volontairement l’injustice d’une indifélité à l’égard de son conjoint. Le pécheur en tant qu’il pèche volontairement mérite la même réprobation que son péché et c’est pourquoi il ne mérite aucune miséricorde.
La distinction est possible à un autre niveau, puisque des aspects différents peuvent se rencontrer dans les mêmes choses. Un péché, qui est forcément volontaire, peut dépendre en même temps que du consentement libre, de bien des facteurs qui y ont poussé et qui sont faiblesse, infirmité : par là s’introduit de l’involontaire qui diminue le péché ; par ce côté, il cesse d’être un mal commis pour devenir un mal subi, et donc une misère, et il appelle plutôt l’excuse et le pardon, la miséricorde.
Par conséquent, s’il y a une distinction à faire, elle a lieu entre le péché et la misère, entre le pécheur et le misérable, entre l’homosexualité (ou l’homosexuel) et l’infirmité d’une concupiscence contre nature, entre l’adultère et l’infirmité d’une concupiscence malheureusement trop commune.
Par accident, le pécheur (et non son péché) peut être objet de miséricorde, non pas dans la mesure où il commet volontairement une action mauvaise, mais en tant qu’il subit involontairement le poids d’une concupiscence mauvaise, qui le pousse malgré lui à contredire les injonctions de la loi divine.
Voilà en quel sens il est vrai de dire que nous devons plutôt plaindre le pécheur et le secourir que nous indigner et le condamner. C’est que nous le prenons ici formellement par le côté où il est misère, par le côté où il nous parait avoir des excuses ; nous l’expliquons par tout ce qui a pu s’introduire en lui d’involontaire. Et nous le prenons aussi par le côté où, éventuellement, il déteste l’action mauvaise qu’il a commise et cherche à la réparer. A tous ces points de vue, mais à ces points de vue seulement, la miséricorde peut viser à soulager la misère du pécheur.
le Christ est venu sauver non les justes, mais les pécheurs
L'abbé Gleize fsspx, professeur au Séminaire d'Ecône, écrit explicitement que la miséricorde vise le mal de peine (subie) et non le mal de faute (péché commis).
C'est précisément le contraire de ce qu'enseigne la Parole de Dieu.
Il appartient à la notion de faute d’être volontaire. Et à ce titre elle n’est pas objet de miséricorde, mais plutôt de punition. Toutefois, parce que la faute peut être une certaine peine, en ce sens que des maux contraires à la volonté de celui qui pêche peuvent l’accompagner, elle est apte sous ce rapport à inspirer la miséricorde. C’est ainsi que nous avons des sentiments de pitié et de compassion pour les pécheurs
IIa-IIae q30 a1 ad1 y compris dans ce que leur péché peut avoir de volontaire et coupable.
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l'abbé Gleize fsspx, professeur au Séminaire d'Ecône rend incompréhensible le Salut, et jusqu'au Cri du Christ en Croix : "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font."
Dieu tolère le mal de faute, et veut positivement le mal de peine qui guérit du péché.
Le péché mène à deux choses : par lui-même à la damnation, mais par Miséricorde et Providence de Dieu à la guérison.
La Passion du Christ cause la rémission du péché lui-même, sur quoi s'appuyait l'obligation à la peine.