Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 855134 )Communiqué de la Maison générale au sujet de la canonisation du pape Paul VI par Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (2018-10-13 17:20:18) 

A l’occasion du Synode des évêques sur les jeunes, le dimanche 14 octobre 2018, le pape François procèdera à la canonisation du pape Paul VI.

Lire le communiqué sur FSSPX.Actualités


La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X réitère les sérieuses réserves qu’elle avait exprimées lors de la béatification de Paul VI, le 19 octobre 2014 :

- Ces béatifications et canonisations des papes récents, selon une procédure accélérée, s’affranchissent de la sagesse des règles séculaires de l’Eglise. Ne visent-elles pas davantage à canoniser les papes du concile Vatican II, plutôt qu’à constater l’héroïcité de leurs vertus théologales ? Lorsque l’on sait que le premier devoir d’un pape - successeur de Pierre - est de confirmer ses frères dans la foi (Lc 22, 32), il y a de quoi être perplexe.

- Certes Paul VI est le pape de l’Encyclique Humanae vitae (25 juillet 1968) qui apporta lumière et réconfort aux familles catholiques, alors que les principes fondamentaux du mariage étaient fortement attaqués. Il est également l’auteur du Credo du peuple de Dieu (30 juin 1968) par lequel il voulut rappeler les articles de foi catholique contestés par le progressisme ambiant, notamment, dans le scandaleux Catéchisme hollandais (1966).

- Mais Paul VI est aussi le pape qui mena le concile Vatican II à son terme, introduisant dans l’Eglise un libéralisme doctrinal qui s’exprime par des erreurs comme la liberté religieuse, la collégialité et l’œcuménisme. Il s’en est suivi un trouble que lui-même a reconnu, le 7 décembre 1968 : « L’Eglise se trouve dans une heure d’inquiétude, d’autocritique, on dirait même d’autodestruction. Comme si l’Eglise se frappait elle-même. » L’année suivante, il avouait : « Dans de nombreux domaines, le Concile ne nous a pas donné jusqu’à présent la tranquillité, mais il a plutôt suscité des troubles et des problèmes non utiles au renforcement du Royaume de Dieu dans l’Eglise et dans les âmes. » Jusqu’à ce cri d’alarme du 29 juin 1972 : « La fumée de Satan est entrée par quelque fissure dans le temple de Dieu : le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, l’insatisfaction, l’affrontement se font jour… » – Mais il ne fit qu’un constat, sans prendre de mesures propres à arrêter cette autodestruction.

- Paul VI est le pape qui, dans un but œcuméniste, imposa la réforme liturgique de la messe et de tous les rites des sacrements. Les cardinaux Ottaviani et Bacci dénoncèrent cette nouvelle messe comme s’éloignant « de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXIIe session du Concile de Trente ». 1 A leur suite, Mgr Lefebvre déclara la nouvelle messe « imprégnée d’esprit protestant », portant en elle « un poison préjudiciable à la foi ». 2

- Sous son pontificat nombreux furent les prêtres et les religieux persécutés et même condamnés pour leur fidélité à la messe tridentine. La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X se souvient avec douleur de la condamnation de 1976 infligée à Mgr Marcel Lefebvre, déclaré suspens a divinis pour son attachement à cette messe et pour son refus catégorique des réformes. Ce n’est qu’en 2007 que, par le Motu Proprio de Benoît XVI, fut reconnu le fait que la messe tridentine n’avait jamais été abrogée.

Aujourd’hui plus que jamais, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X renouvelle son attachement à la Tradition bimillénaire de l’Eglise, convaincue que cette fidélité, loin d’être une crispation passéiste, apporte le remède salutaire à l’autodestruction de l’Eglise. Comme l’a déclaré récemment son Supérieur général, l’abbé Davide Pagliarani : « Notre vœu le plus cher est que l’Eglise officielle ne considère plus (le trésor de la Tradition) comme un fardeau ou un ensemble de vieilleries dépassées, mais bien comme l’unique voie possible pour se régénérer elle-même. 3

Menzingen, le 13 octobre 2018


1. in Bref examen critique de la nouvelle messe, lettre préface des cardinaux Ottaviani et Bacci, 3 septembre 1969, §1.
2. Lettre ouverte aux catholiques perplexes, Albin Michel, 1985, p. 43.
3. Entretien de l’abbé Pagliarani dans FSSPX.Actualités du 12 octobre 2018.
images/icones/mitre4.png  ( 855142 )Message du Cardinal Sarah pour la canonisation de Paul VI par Chicoutimi (2018-10-13 20:29:51) 
[en réponse à 855134]

Sur son compte Twitter, le Cardinal Sarah a dit:


''Prions avec confiance et joie le Pape Paul VI, Pontife des douleurs qui aura tant souffert des attaques, des critiques et des guerres contre le siège de Pierre. +RS'' (Cardinal R. Sarah)

images/icones/1y.gif  ( 855143 )Pontife des douleurs par Jean-Paul PARFU (2018-10-13 20:46:09) 
[en réponse à 855142]

Ou pontife qui a causé des douleurs et démoli l'Eglise ?
images/icones/fleche2.gif  ( 855144 )Il a plutôt vu l'autodestruction de l'Église... par Chicoutimi (2018-10-13 21:17:30) 
[en réponse à 855143]


''Le cardinal Sarah souligne que Paul VI, avait eu lui-même l’impression que l’Eglise s’autodétruisait, et cette autodestruction s’était surtout manifestée lorsqu’il avait publié, en juillet 1968, son encyclique Humane Vitae qui a fait l’objet d’une farouche contestation, à l’intérieur même de l’Eglise. Il en avait beaucoup souffert. D’ailleurs, il n’avait plus publié d’encyclique jusqu’à sa mort. Toutefois, il avait porté cette souffrance comme étant une offrande pour que l’Eglise puisse croître et puisse se renouveler. C’est un Pape, dit-il, que nous devons vénérer, prier pour qu’il intercède pour l’Eglise qui a aujourd’hui de grandes difficultés.''




''Le cardinal Robert Sarah fait surtout remarquer que Paul VI est la prolongation de ce qu’avait voulu Saint Jean XXIII : un renouvellement de l’Église. L’Eglise ne va se renouveler en créant de nouvelles structures, ce n’est pas en organisant techniquement la pastorale, les structures des paroisses. Mais l’Eglise se renouvelle par la sainteté de la vie, de chaque baptisé. Par une cérémonie, une liturgie très belle, une liturgie où on met Dieu au centre. « Ainsi, Paul VI est un homme qui a voulu rappeler à l’Eglise que son renouvellement ne se fera que par la sainteté de la vie, par le renouvellement intérieur. C’est pourquoi je pense qu’il est très présent dans cette crise de l’Eglise, dans la crise du monde. Si nous continuons à le supplier, à l’implorer, à relire ses encycliques, je pense que ce sera la meilleure façon de célébrer sa canonisation et surtout de suivre son enseignement », a affirmé le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.''




Pour lire l'entretien en entier, c'est sur Vatican News
images/icones/1w.gif  ( 855150 )Il a largement contribué par Jean-Paul PARFU (2018-10-13 22:48:50) 
[en réponse à 855144]

à son autodestruction.

Contrairement à vous, j'ai vécu sous Paul VI et je ne me souviens de son pontificat que comme d'une unique catastrophe. La réforme liturgique fut une impiété inouïe.

Ce n'est certainement pas un saint. Ces canonisations de tous les papes d'après le Concile ne sont que des farces !
images/icones/fleche2.gif  ( 855155 )Comme le disait Yves Chiron... par Chicoutimi (2018-10-13 23:15:23) 
[en réponse à 855150]

Les ''gens pour'' et les ''gens contre'' cette canonisation ne manqueront pas:


''Quoi qu'il en soit du regard que les siècles futurs porteront sur ce pontificat, l'Église, ne considérant plus cette fois la réussite temporelle du pape ni même ses qualités ''politiques'', jugera peut-être qu'il fut un saint. (…)

Que ce soit devant le tribunal de l'Histoire ou devant le tribunal de l'Église, Paul VI ne manquera ni de témoins à charge ni d'avocats de la défense.''

Source : Yves Chiron, Paul VI. Le pape écartelé, Éditions Perrin, 1993, Paris, page 342.



Or il semble que le tribunal de l'Église se soit prononcé en faveur de la sainteté de ce Pape. À nous maintenant d'y voir ce que cette canonisation apporte de bon, à savoir que Paul VI fut:

- Le Pape de l'encyclique Humanae Vitae, laquelle fut reçue et vécue dans les milieux traditionnels;

- le Pape de Mysterium Fidei qui redit l'enseignement traditionnel de l'Église sur l'Eucharistie;

- le Pape qui a pris la défense du célibat sacerdotal avec l'encyclique Sacerdotalis Caelibatus;

- le Pape qui a eu la lucidité de voir "la fumée de Satan entrée dans l'Église";

- le Pape du Credo du Peuple de Dieu qui rappelle la foi catholique de toujours;

- le Pape du décret Inter Insigniores qui déclare l'impossibilité pour les femmes d'accéder au sacerdoce; et

- le Pape de la famille et de la vie dont les miracles liés à sa canonisation concernent la vie humaine dans le sein maternel.

images/icones/hum2.gif  ( 855156 )Lisez plutôt Bossuet par Jean-Paul PARFU (2018-10-13 23:23:08) 
[en réponse à 855155]

« Mais Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je? Quand on l’approuve et qu’on y souscrit. »

Cela s'applique particulièrement au pape Montini !
images/icones/neutre.gif  ( 855160 )De là avait commencé sous son pontificat , le scandale de la banque vaticane … par Minger (2018-10-14 06:40:16) 
[en réponse à 855155]



Loge P2: Licio Gelli le grand marionnettiste …Qui au passage avait continué avec son successeur via le cardinal Paul Casimir Marcinkus. Un mètre quatre-vingt-dix, havane aux lèvres et whisky à portée de main, habile golfeur accompagné de jeunes secrétaires sexy, cet évêque américain est nommé patron de l'IOR en 1971 par Paul VI.

Le Cardinal Marcinkus avait rencontré alors le banquier sicilien, Michele Sindona. Ce dernier initie les cardinaux à l'ivresse des spéculations dans les paradis fiscaux …accompagné de jeunes secrétaires sexy, cet évêque américain avait est nommé patron de l'IOR en 1971 par Paul VI. Le banquier sicilien, Michele Sindona. Jusqu'à ce que l'on découvre qu'il utilise la banque du Vatican pour recycler l'argent des revenus du trafic d'héroïne de Cosa Nostra ! En 1984 Sindona est arrêté et condamné pour faillite frauduleuse et pour un assassinat. En 1986, il est empoisonné dans sa cellule par un café au cyanure...

Sans compter aussi , le silence sur la pédophilie qui était déjà de mise sous son pontificat !

Sans compter beaucoup d’autres choses pas saines et en tout cas pas saintes …

Mais il est vrai , l’on voudrait sanctifier le concile Vatican 2…
Mais dans ce cas , il serait pertinent est bon de rappeler que sous son pontificat ,il y avait des vérités de l’Eglise en doctrine qui ne fléchissaient pas comme aujourd’hui …Idem en directives liturgiques.


Extrait : Or il semble que le tribunal de l'Église se soit prononcé en faveur de la sainteté de ce Pape. À nous maintenant d'y voir ce que cette canonisation apporte de bon, à savoir que Paul VI fut:

- Le Pape de l'encyclique Humanae Vitae, laquelle fut reçue et vécue dans les milieux traditionnels;

- le Pape de Mysterium Fidei qui redit l'enseignement traditionnel de l'Église sur l'Eucharistie;

- le Pape qui a pris la défense du célibat sacerdotal avec l'encyclique Sacerdotalis Caelibatus;

- le Pape qui a eu la lucidité de voir "la fumée de Satan entrée dans l'Église";

- le Pape du Credo du Peuple de Dieu qui rappelle la foi catholique de toujours;

- le Pape du décret Inter Insigniores qui déclare l'impossibilité pour les femmes d'accéder au sacerdoce;


Donc il faudrait commencer par appliquer ce qui était et non ce qui n’était pas ….

Alors de là , à le proclamer saint ? Encore faut-il être d’abord Sain , clin en pratique avant de passer à cette étape suprême !

images/icones/fleche2.gif  ( 855164 )Paul C. Marcinkus par AVV-VVK (2018-10-14 08:01:36) 
[en réponse à 855160]

n' était qu' archevêque.
images/icones/neutre.gif  ( 855233 )Ponce Pilate aussi ! par jl d'André (2018-10-15 15:20:15) 
[en réponse à 855155]

N'a-t-il pas déclaré en parlant de Notre Seigneur :

Je ne vois en lui aucun motif de condamnation !


Cela a toujours été considéré par les pères de l'Eglise comme une circonstance aggravante : sachant la vérité, il est d'autant plus coupable de ne l'avoir pas pratiqué.
Paul VI savait la vérité, comme le prouvent son credo ainsi que "Humanae Vitae", "Mysterium Fidei', "Sacerdotalis Caelibatus", "Inter Insigniores", etc., il est d'autant plus fautif de n'avoir rien fait pour la faire mettre en pratique, notamment en sévissant contre tous ceux qui la contestaient. Non, il n'a sévi que contre Mgr Lefebvre qui justement acceptait et défendait l'intégralité de cet enseignement.
images/icones/nul.gif  ( 855166 )Laissez... par Montes Gelboe (2018-10-14 08:17:14) 
[en réponse à 855150]

Laissez donc les morts enterrer les morts...
(cf. s. Luc IX, 60 et s. Matthieu VIII, 22)
images/icones/bravo.gif  ( 855154 )[réponse] par Abbé Jacques Olivier (2018-10-13 23:04:11) 
[en réponse à 855134]

Merci pour ce communiqué clair et courageux en ces temps de confusion. Je le partage. Tout ne peut être dit ni accepté sans que les chrétiens manifestent leur foi.

Que Dieu soit béni dans ses anges et dans ses saints, et qu'il veille sur ceux qui essaient de lui rester fidèles.




NB. Je pose cette remarque à titre privé, et n'entend aucunement engager mon institut ou mes supérieurs
images/icones/neutre.gif  ( 855159 )[réponse] par Mingdi (2018-10-14 00:36:08) 
[en réponse à 855154]

Si le trombinoscope de la FSSP est à jour, vous êtes en poste à Lourdes. Alors, soyez notre intercesseur auprès de la TSV Marie afin que la Sainte Eglise sorte de son bourbier actuel
images/icones/hum2.gif  ( 855165 )NB. (2) par AVV-VVK (2018-10-14 08:03:14) 
[en réponse à 855154]

Une voix dissidente?
images/icones/coeur.gif  ( 855167 )Bravo Monsieur l'abbé ! par Pétrarque (2018-10-14 08:50:39) 
[en réponse à 855154]

Et dommage que votre Fraternité ne vous imite pas. Certains silences sont assourdissants.
images/icones/iphone.jpg  ( 855170 )Tant qu’ils ne sont pas par XA (2018-10-14 09:06:33) 
[en réponse à 855167]

aveuglants, pour ma part ils ne me dérangent pas plus que cela...

XA
images/icones/bravo.gif  ( 855174 )Merci beaucoup par Peregrinus (2018-10-14 11:31:22) 
[en réponse à 855154]

Merci beaucoup, Monsieur l'abbé, pour votre parole qui prouve bien que le problème posé par une telle canonisation n'est pas un problème de chapelle.

Il faut signaler également le ton aussi mesuré que ferme du communiqué.

Peregrinus
images/icones/neutre.gif  ( 855171 )C'est un fait par Eti Lène (2018-10-14 09:49:37) 
[en réponse à 855134]


Sous son pontificat nombreux furent les prêtres et les religieux persécutés et même condamnés pour leur fidélité à la messe tridentine. La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X se souvient avec douleur de la condamnation de 1976 infligée à Mgr Marcel Lefebvre, déclaré suspens a divinis pour son attachement à cette messe et pour son refus catégorique des réformes. Ce n’est qu’en 2007 que, par le Motu Proprio de Benoît XVI, fut reconnu le fait que la messe tridentine n’avait jamais été abrogée.



Un persécuteur est canonisé aujourd'hui.
images/icones/tao.gif  ( 855179 )Équilibré. par Rémi (2018-10-14 12:48:55) 
[en réponse à 855134]

On exprime les réserves d'ailleurs attendues sans contester la proclamation elle-même. La Maison générale est raisonnable.
images/icones/1h.gif  ( 855207 )Un communiqué totalement à côté de la plaque par Ion (2018-10-14 22:47:36) 
[en réponse à 855134]

Au-delà du désaccord profond que l’on peut avoir avec la manière dont la FSSPX juge le pontificat de St Paul VI, mais il n'y a là rien de nouveau, ce sont les arguments utilisés pour "émettre des réserves" sur la canonisation elle-même qui sont indigents.

En canonisant St Paul VI, l’Eglise ne canonise pas un pontificat, mais un homme. L’Eglise nous dit comment St Paul VI a parcouru un chemin qui a fait de lui un imitateur du Christ. C’est cela la sainteté, c’est cela qui est donné en exemple. Ce sont les vertus d’humilité, de courage tout au long d'un cheminement semé d'obstacles, d’abnégation dans l'acceptation de la souffrance, ou encore de fidélité de cette personnalité méconnue qui font de ce grand Pape un saint, sans oublier le rayonnement spirituel après sa mort, dont les deux miracles qui lui sont attribués.

Or, pas un mot de tout cela dans le communiqué. Les rédacteurs du communiqué savent-ils ce qu’est une canonisation ? Savent-ils seulement ce qu'est la sainteté ?

Ion
images/icones/vatican.gif  ( 855210 )Savez-vous vous-même ce qu’est une canonisation ? par Vianney (2018-10-15 00:46:42) 
[en réponse à 855207]

 
On ne le dirait vraiment pas. Tous les papes qui ont été canonisés pendant les siècles qui ont précédé la révolution de Vatican II l’ont été en tant que papes :

– saint Léon IX est le pape du début du redressement de l’Église après sa trop longue faiblesse face à la simonie et au concubinage des clercs, le sommet ayant été atteint par le tristement célèbre Benoît IX, le seul successeur de Pierre à avoir élu trois fois de suite ;
– saint Grégoire VII est le “géant”, pour reprendre les termes de Pie XII, qui a poursuivi l’œuvre de Léon IX en s’attaquant héroïquement à la cause des mœurs dénoncées par Léon IX : l’investiture laïque du haut et bas clergé ;
– saint Pie V, “parmi les pasteurs du troupeau de Jésus-Christ, a resplendi universellement par la gloire du zèle et de la vigueur apostoliques, le mérite de la charité et de la vigilance pastorales” (Clément X, Bulle de Béatification) ;
– saint Pie X est le pape qui a rendu aux enfants l’autorisation de communier, qui a poursuivi la lutte contre le laïcisme révolutionnaire et entamé celle contre l’hérésie moderniste, la plus universelle qui ait jamais ravagé l’Église, et qui L’aurait vraisemblablement déjà anéantie si c’était seulement possible.

Évidemment, le désastre que constitue à cet égard le pontificat de Paul VI ne soutient en aucune façon la comparaison avec ceux de ses saints prédécesseurs, sinon par antithèse.
“Quelle est la fonction d’une tête, sinon de vitaliser son corps ? Un pape sera assez saint pour mériter l’auréole et l’autel, s’il vitalise assez héroïquement l’Église.

Rien n’empêche, assurément, qu’un Pape soit un saint comme homme privé, qu’il l’ait été dès la jeunesse et l’enfance ? Mais si, devenu Pape, il reste un saint privé, sans être saint comme Tête de l’Église, il ne sera canonisé que moyennant abdication préalable. Ainsi de saint Célestin, homme de vertu certes héroïque, qui eut cette héroïque prudence de juger qu’il n’avait pas été créé et mis au monde pour être Tête, et qui n’eut de cesse qu’il ne fût redevenu membre.” (Abbé V. Berto, “Sainteté de Pie X”, Pour la Sainte Église romaine, éd. du Cèdre, pp. 96-97.)
Et, en réalité, sur ce point précis la nouvelle église conciliaire ne s’écarte pas de l’ancienne : à ses yeux aussi, l’important dans la vie de ceux qu’elle considère comme ses “saints” papes, c’est de canoniser leur œuvre, le prétendu “printemps de l’Église” issu de Vatican II. C’est pourquoi, le 15 février dernier, au moment d’annoncer la prochaine canonisation de Paul VI, François n’a pas pu s’empêcher d’ajouter : “Benoît et moi sommes en liste d’attente". Et c’est pourquoi Jean XXIII est, comme par hasard, fêté le 11 octobre, date d’ouverture de Vatican II…

V.
 

images/icones/fleche2.gif  ( 855214 )J'entends ce que vous dites par Ion (2018-10-15 08:38:09) 
[en réponse à 855210]

Les Papes sont bien canonisés en tant que Papes, on parle bien de St Pie X et non de St Giuseppe. Mais ils ne sont pas canonisés parce qu'ils ont été de bons Papes, mais parce qu'en tant que personnes ils ont imité le Christ.

Dit autrement, c'est parce qu'ils sont saints qu'ils ont été de bons papes, et non l'inverse.

En revanche, je fais amende honorable sur mes questions à la fin de mon précédent message, émettant des doutes sur les connaissances des rédacteurs du communiqué de la FSSPX. C'était inutilement provocateur.

Ion
images/icones/idee.gif  ( 855216 )Il convient de distinguer par Vianney (2018-10-15 09:41:58) 
[en réponse à 855214]


Dit autrement, c'est parce qu'ils sont saints qu'ils ont été de bons papes, et non l'inverse.


Certes, mais leur sainteté spécifique est d’avoir gouverné saintement l’Église, et c’est d’abord sur ce point que le procès de canonisation va chercher les signes de vertu héroïque. Souvenez-vous de la Disquisitio : il ne suffisait pas à l’Église que saint Pie X ait lutté contre le modernisme, il fallait vérifier comment il l’avait fait. Pie XII l’explique dans son discours de canonisation : “La lucidité et la fermeté avec laquelle Pie X mena la lutte victorieuse contre les erreurs du modernisme attestent à quel degré héroïque la vertu de foi brûlait dans son cœur de saint”.

V.
 
images/icones/1b.gif  ( 855222 )Certes... par Etienne (2018-10-15 11:14:31) 
[en réponse à 855216]

Mais il reste à prouver que le fait de "faire glisser" les critères de canonisation puisse rendre l'acte faillible. Et là, bon courage.

Pour ma part, si je déplore le volet politique de ces canonisations, je m'en tiens à la prudence, petit fidèle que je suis : les canonisations récentes sont authentiques et par là infaillibles, jusqu'à preuve du contraire. Donc Jean XXIII, Paul VI et Jean Paul II sont bien saints.
images/icones/1v.gif  ( 855224 )Le changement de critère... par Vianney (2018-10-15 12:21:29) 
[en réponse à 855222]

 
...implique un changement de conception de la sainteté. C’est bien ce que Paul VI lui-même indiquait (à mots couverts certes, mais l’idée est bien là) au cours de l’audience à laquelle je faisais allusion plus haut. Et je rejoins le commentaire qu’en faisait Eti Lène : c’est typique du modernisme.

Ça fait penser à ce brave curé dont me parlait mon père qui voulait tellement manger du poulet le vendredi qu’il commençait son dîner en le baptisant : “poulet, je te baptise carpe”.

Si la religion chrétienne pouvait se réduire à un jeu de mots, ce serait tellement plus facile...

V.
 
images/icones/1a.gif  ( 855230 )C'est justement selon moi... par Etienne (2018-10-15 13:44:16) 
[en réponse à 855224]

...ce qui reste à prouver : changer la procédure n'implique pas forcément changer le fond. Après tout, le passage de la messe tridentine à la messe moderne n'a pas changé le fait que c'est toujours le Christ corps et sang qui est présent sur les Autels (ou c'est tout du moins ce que je crois...).

Et je pense que, la seule source de ce changement dans le procès en canonisation étant ce discours de Paul VI (donc a priori pas vraiment magistériel...), il faut en revenir à la forme de la canonisation. Laquelle n'a pas bougé d'un iota, et est tout à fait explicite.

Après, je n'affirme pas avoir raison... je me dis juste qu'en tant que simple petit fidèle, en arrivant là-haut, et partant du principe que je me trompe, on me reprochera sans doute moins d'avoir suivi un enseignement erroné que d'avoir contesté un enseignement légitime.
images/icones/5b.gif  ( 855232 )On en revient toujours à saint Paul par Vianney (2018-10-15 14:53:47) 
[en réponse à 855230]


Après, je n'affirme pas avoir raison... je me dis juste qu'en tant que simple petit fidèle, en arrivant là-haut, et partant du principe que je me trompe, on me reprochera sans doute moins d'avoir suivi un enseignement erroné que d'avoir contesté un enseignement légitime.


Quand saint Paul écrit aux Galates, il sait aussi qu’il a affaire à de “simples petits fidèles” susceptibles de se tromper, que les judaïsants ont d’ailleurs trompés en se réclamant abusivement de l’autorité de l’Église.

Et ce qui me frappe, voyez-vous, c’est que saint Paul ne leur reproche à aucun moment de ne pas s’être d’abord assurés que les judaïsants jouissaient d’un mandat légitime : non, il s’en prend exclusivement à ce qu’ils prétendent enseigner aux Galates, et qui ne correspond visiblement pas à ce que l’Église leur a enseigné jusque là. Et il affirme sans hésitation que, même si par impossible c’était lui-même ou un autre apôtre, ou un ange venu du Ciel, qui venait ainsi contredire ce que l’Église a enseigné jusqu’à alors, non seulement il ne faudrait pas le croire, mais tout au contraire traiter l’auteur d’un tel enseignement comme s’il était digne d’anathème, autrement dit d’excommunication.

Le cœur du message de saint Paul est donc bien : la fidélité à la doctrine du Christ passe avant toute considération de légitimité.

C’est pourquoi, suivant cette recommandation insistante de saint Paul et de ses principaux commentateurs tout au long de l’histoire de l’Église, je crois pouvoir accorder plus de confiance à près de 2.000 ans d’enseignement conforme à ce que Paul VI appelait “l’ancienne conception unitaire du christianisme” qu’au néo-christianisme utopique dont il s’est fait le prophète jusqu’à sa mort, même dans les rares moments où il paraissait y résister.

Tout indique d’ailleurs que François, le canonisateur de Paul VI, est bien l’héritier de cette utopie, quel que le nom qu’on lui donne (église conciliaire, MASDU, etc.) : la seule différence étant que François est plus franc que son prédécesseur, et par là à tout prendre moins nuisible.

V.
 
images/icones/1a.gif  ( 855235 )Croyez bien... par Etienne (2018-10-15 15:31:52) 
[en réponse à 855232]

...que le jour où je serai convaincu que le magistère pétrinien sera en contradiction manifeste avec l'enseignement de l'Eglise, je n'hésiterai pas à prendre mes jambes à mon cou.

Mais une affirmation extraordinaire demande des preuves très ordinaires, comme disent nos amis zététiciens.

Et en la matière, il ne me parait pas évident qu'un changement de procédure entraine ipso facto un changement de la substance, nonobstant le fait que politiquement, je trouve ces canonisations déplorables. Donc je prends acte en attendant qu'on me prouve que j'ai tort.
images/icones/fleche2.gif  ( 855237 )Relisez Paul VI par Vianney (2018-10-15 16:07:39) 
[en réponse à 855235]

 
Dans le discours auquel Jean Madiran se référait, il n’est pas du tout question d’un changement de procédure de canonisation : Paul VI nous demandait de changer de conception à propos de la sainteté ; plus précisément de préférer sa mentalité, et celle de son concile, à celle qu’ont partagée tous les saints depuis le début de l’histoire de l’Église. Désolé, mais ni lui ni aucune créature ne possède une telle autorité, pas plus que l’ange venu du Ciel dont parlait saint Paul.

À titre personnel, je prie donc les saints, ceux qui ont vécu dans cette mentalité que Paul VI nous demandait abusivement d’abandonner, d’intercéder auprès de Dieu, tant pour lui que pour ceux qui ont malheureusement suivi ses recommandations, si du moins il ne sont pas déjà parvenus à leur demeure éternelle (de bonheur ou de malheur).

Et qu’en échange, il prie à son tour Dieu de rendre l’Écriture sainte, le catéchisme et la sainte messe catholiques à tous ceux qui en ont été privés... par sa faute.

V.
 

images/icones/1n.gif  ( 855229 )La notion de magistère authentique par Jean-Paul PARFU (2018-10-15 13:08:40) 
[en réponse à 855222]

est relativement nouvelle et ne veut pas dire grand chose. Elle vient s'ajouter au magistère extraordinaire et au magistère ordinaire.

Elle s'y est ajoutée car le magistère extraordinaire et le magistère ordinaire sont réputés infaillibles et qu'il a semblé qu'on ne pouvait pas déclarer infaillibles toute parole ou toute action d'un prélat, même si elles venaient de prélats en poste ou/et régulièrement ordonnés.

On doit a priori recevoir favorablement ce magistère, c'est tout !
images/icones/bravo.gif  ( 855223 )Il est évident... par Meneau (2018-10-15 11:24:29) 
[en réponse à 855216]

que l'héroïcité des vertus ne peut se juger qu'en rapport avec le devoir d'état. Le jugement (devrait) porte(r) sur l'héroïcité des vertus dans l'accomplissement de son devoir d'état, et non pas de façon déconnectée de celui-ci. Exemple : un paysan qui passe sa vie en oraison au point de ne plus prendre le temps de veller ses vaches et de labourer ses champs n'exerce pas la vertu de piété de façon héroïque.

Or quel est le devoir d'état d'un pape, si ce n'est de gouverner l'Eglise ?

Néanmoins, j'ai l'impression que les jugements de canonisation des derniers papes ont plutôt effectivement jugé de l'héroïcité des vertus un peu indépendamment du devoir d'état, ... pour ensuite prendre appui sur ces canonisation pour glorifier / sancrifier rétrospectivement leurs oeuvres. Une sorte de renversement qui vise à canoniser le concile.

Cordialement
Meneau