« L’"Examen de conscience pour l’Église" de Léon XIV se retourne contre Rome dans son traitement de la FSSPX » par Vistemboir2 2026-05-29 15:46:05 |
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 28 mai 2026 sur The Remnant sous le titre : «Leo XIV’s “Examen for the Church” Backfires on Rome’s Treatment of the SSPX »
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L’encyclique Magnifica Humanitas de Léon XIV appelle l’Église à rejeter les « abus de conscience », à embrasser les sensibilités diverses et à pratiquer l’écoute synodale – des principes qui pourraient saper toute tentative de censure de la FSSPX.
Sur les 245 paragraphes de l’encyclique de Léon XIV « Sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle (IA) », Magnifica Humanitas, quatre (86 à 89) concernent un « examen de conscience pour l’Église » :
« Pour conclure, je voudrais aborder un point qui me tient particulièrement à cœur. La Doctrine sociale n’est pas seulement un message adressé à la société : c’est aussi un examen de conscience pour l’Église, maison et école de communion, toujours appelée à vérifier que les principes évoqués dans ce chapitre sont d’abord vécus en son sein. » [MH §86]
« Que si l'Église manifeste des traces évidentes de la condition de notre humaine faiblesse, il ne faut pas l'attribuer à sa constitution juridique, mais plutôt à ce lamentable penchant au mal des individus, que son divin Fondateur souffre jusque dans les membres les plus élevés de son Corps mystique, dans le but d'éprouver la vertu des ouailles et des pasteurs, et de faire croître, en tous, les mérites de la foi chrétienne. Le Christ, en effet, comme Nous l'avons dit, n'a pas voulu que les pécheurs fussent exclus de la société formée par lui; si donc certains membres de l'Église souffrent de maladie spirituelle, ce n'est pas une raison de diminuer notre amour envers l'Église, mais plutôt d'augmenter notre piété envers ses membres.Assurément notre pieuse Mère brille d'un éclat sans tache dans les sacrements où elle engendre ses fils et les nourrit; dans la foi qu'elle garde toujours à l'abri de toute atteinte; dans les lois très saintes qu'elle impose à tous et les conseils évangéliques qu'à tous elle propose ; enfin, dans les grâces célestes et les charismes surnaturels par lesquels elle engendre avec une inlassable fécondité des troupes innombrables de martyrs, de confesseurs et de vierges. Ce n'est cependant pas à elle qu'il faut reprocher les faiblesses et les blessures de certains de ses membres, au nom desquels elle-même demande à Dieu tous les jours : Pardonnez-nous nos offenses, et au salut spirituel desquels elle se consacre sans relâche, avec toute la force de son amour maternel. »
« Pour conclure, je voudrais aborder un point qui me tient particulièrement à cœur. La Doctrine sociale n’est pas seulement un message adressé à la société : c’est aussi un examen de conscience pour l’Église, maison et école de communion, toujours appelée à vérifier que les principes évoqués dans ce chapitre sont d’abord vécus en son sein. Le bien commun, dans le contexte ecclésial, prend le visage d’un style synodal pour la mission au service du Royaume. L’Église, en effet, est le « sujet communautaire et historique de la synodalité et de la mission ». Cela exige de prêter attention à la manière de prendre des décisions et d’exercer la responsabilité. Le Document final du Synode identifie, parmi les pratiques décisives pour la transformation missionnaire, la culture de la transparence, du rendre-compte et de l’évaluation. »
« Tant de maux qui affligent notre monde se manifestent également dans l'Église. La crise des abus, dans ses manifestations diverses et tragiques, a apporté des souffrances indicibles et souvent durables aux victimes et aux survivants, ainsi qu’à leurs communautés. L’Église doit écouter avec une attention et une sensibilité particulières les voix des victimes et des survivants d’abus sexuels, spirituels, économiques, institutionnels, de pouvoir et de conscience commis par des membres du clergé ou des personnes nommées par l’Église. L’écoute est un élément fondamental du cheminement vers la guérison, le repentir, la justice et la réconciliation. »
« Dans cette perspective, la subsidiarité devient un critère de gouvernement et de vie pastorale qui reconnaît et soutient la responsabilité des fidèles et des instances ecclésiales intermédiaires, valorise les charismes et les compétences et évite tout paternalisme qui étouffe la liberté évangélique. Concrètement, la participation des baptisés aux processus décisionnels et la coresponsabilité dans la mission passent par des organismes de participation réels, et non nominaux. »
« Et puis ce n’est pas tout, il ne faut pas seulement défendre notre Foi, nous devons la professer. Voici la conclusion du Serment anti-moderniste de saint Pie X. Puissions-nous répéter souvent ces paroles : “Je garde fermement et garderai jusqu’à mon dernier soupir la Foi des Pères en ce qui concerne le don de la Vérité qui est, a été et sera toujours dans l’épiscopat qui succède aux apôtres, non pas dans le sens que la Vérité doive s’adapter à la culture de chaque génération, mais que la Vérité absolue et immuable prêchée dès l’origine par les apôtres ne soit jamais ni crue, ni comprise dans un autre sens” ».
« Pour la communauté chrétienne, la solidarité trouve sa source dans le mystère du Christ et se nourrit de l’Eucharistie. La solidarité naît de la communion dans la foi et les Sacrements : le Baptême et la Confirmation nous unissent au Christ, pour faire de nous un seul corps et un seul esprit, un seul cœur et une seule âme (cf. Ép 4, 4 ; Ac 4, 32). L’Eucharistie, sacrement de l’unité, nourrit notre appartenance au Corps du Christ et nous éduquee au partage. Les diverses sensibilités présentes dans l’Église, les convictions fortes qui animent chacun, sont une source de richesse si elles restent ancrées dans la certitude de l’unité comme don reçu et responsabilité à assumer. »
« Vivre la justice dans l’Église signifie assainir les relations et les structures ecclésiales de ces distorsions qui engendrent des inégalités, de l’opacité et des abus de pouvoir. À ce propos, l’écoute des victimes d’abus spirituels, économiques, institutionnels, sexuels, de pouvoir et de conscience fait partie intégrante d’une démarche de justice comprenant la reconnaissance du préjudice, la juste réparation et la prévention. Tout pouvoir est au service de la communion et de la mission. Toute autorité est au service du peuple de Dieu. Cette diaconie se manifeste non seulement dans la foi célébrée et vécue dans les Sacrements, dans l’adoption d’un style synodal, mais aussi dans le partage concret des biens : à l’exemple de l’Église des origines, les ressources ecclésiales sont appelées à devenir réellement communes, afin que nul parmi nous ne soit dans le besoin (cf. Ac 4, 34) et pour que leur administration soutienne la mission d’annonce de l’Évangile aux plus pauvres. Il faut promouvoir des formes régulières d’évaluation de l’exercice des responsabilités ministérielles qui ne soient pas un jugement sur les personnes, mais des instruments d’apprentissage et de correction tournés vers la mission. Dans la mesure où nous sommes ouverts à l’action de l’Esprit Saint, ces principes de la Doctrine sociale prennent corps dans la vie ecclésiale. C’est ainsi que l’Église est capable d’offrir à la société un signe crédible : la recherche commune du bien de tous, dans la coresponsabilité et la fraternité, n’est pas une utopie, mais une possibilité réelle.
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