fil amusant et quelques observations plus une homélie puissante par Luc Perrin 2026-03-31 12:21:14 |
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juste pour rappel par rapport aux étrangetés que j'ai lues.
Le prince Albert le premier du nom (1889-1922), grand féru de sciences et pas que l'océanographie, était un maçon notoire, ami des personnalités les plus laïques de France. Ceci ne retire rien à son oeuvre considérable pour la transformation de la principauté. Il était connu pour son engagement pacifiste très concret en une période de vives tensions (guerres balkaniques puis premier conflit mondial).
Petit détail piquant, l'encore abbé Alfred Loisy avait été mis dans la terna par le Prince souverain pour le siège de Monaco en vertu du privilège princier de proposition.
Rainier III y renonce en 1981 via une convention entre Saint-Siège et Monaco, le siège devient alors un archevêché et le mode de désignation est celui de la France laïque "de l'intérieur" : simple consultation préalable.
C'est ainsi que le président de la République française est le dernier chef d'État à avoir droit de nommer des évêques, pour les deux sièges concordataires de Metz et Strasbourg (résidentiels et leurs éventuels auxiliaires).
Lire que Me Parfu est désormais presque d'accord avec Mgr Doré - "la séparation c'est bien, le Concordat c'est mieux" (2001) - et Mgr Elchinger sur le fait que Vatican II n'a rien changé au statut de l'Alsace m'a réjoui bien évidemment.
Pour mémoire, Louis XVIII en 1814 donne au catholicisme le statut de "religion d'État" purement symbolique puisque les dispositions pluralistes et laïques du système concordataire de 1801-1802 (1807) demeurent inchangées. Le titre tombe dans la Charte révisée de 1830.
Les symboles ont leur valeur même sans aucun effet pratique, j'en conviens volontiers.
Il semble que François avait souhaité se rendre à Monaco ; il avait fait un voyage éclair à Strasbourg en tant que capitale "européenne" sans aller à la rencontre des catholiques français pour autant, en dépit du fait que Strasbourg est bien en France.
Plus intéressant sont les 3 derniers § de l'homélie du Saint-Père qui mériteraient un commentaire approfondi :
"C’est pourquoi, chers frères et sœurs, face aux nombreuses injustices qui blessent les peuples, et face à la guerre qui déchire les nations, la voix du prophète Jérémie s’élève sans cesse, proclamée aujourd’hui dans le psaume : « Je change leur deuil en joie, les réjouis, les console après leur peine » (Jr 31, 13). La purification de l’idolâtrie, qui rend les hommes esclaves d’autres hommes, s’accomplit par une sanctification, un don de grâce faisant des hommes des enfants de Dieu, des frères et des sœurs. Ce don éclaire notre présent car les guerres qui l’ensanglantent sont le fruit de l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent. Chaque vie brisée est une blessure infligée au Corps du Christ. Ne nous habituons pas au fracas des armes, aux images de guerre ! La paix n’est pas un simple équilibre des forces, elle est l’œuvre de cœurs purifiés, l’œuvre de ceux qui voient dans l’autre un frère à protéger, et non un ennemi à abattre.
L’Église à Monaco est appelée à témoigner en vivant dans la paix et la bénédiction de Dieu : alors, bien-aimés, rendez heureux beaucoup de personnes par votre foi en manifestant la joie authentique, celle qui ne se gagne pas par un pari, mais qui se partage par la charité. La source de cette joie est l’amour de Dieu : amour pour la vie naissante et indigente, à accueillir et à soigner sans cesse ; amour pour la vie jeune et âgée, à encourager dans les épreuves de chaque âge ; amour pour la vie, en bonne santé comme malade, parfois solitaire, qui a toujours besoin d’être accompagnée avec attention. Que la Vierge Marie, votre patronne, vous aide à être un lieu d’accueil, de dignité pour les petits et les pauvres, de développement intégral et inclusif.
Au cours de ce long Carême du monde, alors même que le mal fait rage et que l’idolâtrie rend les cœurs indifférents, le Seigneur prépare sa Pâque. Le signe de cet événement, c’est l’homme : c’est Lazare, appelé hors du tombeau ; c’est nous, pécheurs pardonnés ; c’est le Crucifié ressuscité, auteur du salut. Il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6) qui soutient notre pèlerinage et la mission de l’Église dans le monde : donner la vie de Dieu. Une tâche sublime et impossible sans donner notre vie au prochain. Une tâche passionnante et féconde, lorsque l’Évangile éclaire nos pas." (homélie au stade Louis-II, 28 mars 2026).
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