Je plussoie par Ludwik 2026-03-12 16:27:53 |
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C'est le magnifique destin des catholiques de rite byzantin : gênants pour tous, défendus par personne.
Ils sont le signe de contradiction, et en ce sens plus catholiques que tous les autres.
N'est-ce pas cher Bouvreuil ?
Votre post me donne l'occasion de m'épancher, alors je ne la loupe pas (cette occasion).
Les catholiques de rite byzantin occupent cette position singulière et inconfortable d'être systématiquement gênants – et parfois même d'incarner une forme de catholicisme contre l'Église (en tant que structure humaine, s'entend).
Et pourtant il existe des parallélisme évident avec les traditionalistes qui devrait d'ailleurs les leur rendre sympathiques.
Et pourtant, non…
Ils dérangent deux marottes d'une majorité de néotradis :
- Leur russophilie romantique : comment aimer l'affreuse Russie quand les gréco-catholiques ukrainiens rappellent la persécution stalinienne, le Holodomor, les massacres de prêtres, la liquidation de l'Église en 1946 ?
Et quand l'héritage soviétique est assumé par l'hideux Poutine et le diabolique Gundaïev. (Je rajoute cela pour ceux qui prétendent qu'il n'y aurait pas continuité entre l'URSS et le régime du lieutenant-colonel du KGB botoxé.)
- Leur orthodoxophilie (dont l'intensité n'a d'égal que leur ignorance) : comment idéaliser l'orthodoxie quand les gréco-catholiques unis incarnent précisément ce que l'orthodoxie déteste le plus – la possibilité d'une union avec Rome, étant sauve la tradition byzantino-slave ?
Les gréco-catholiques sont le rappel vivant et dérangeant que l'orthodoxie n'a jamais été cette pure gardienne fantasmée de la Tradition, mais aussi une Église nationale, politique, parfois complice des pires totalitarismes.
Gênants pour Rome
Ils dérangent également la curie romaine et sa diplomatie :
- L'Ostpolitik vaticane : depuis Paul VI jusqu'à François, la politique de détente avec Moscou implique de minimiser la souffrance des gréco-catholiques. On ne froisse pas le Patriarcat de Moscou pour quelques millions d'Ukrainiens têtus.
- L'œcuménisme moderne : comment dialoguer sereinement avec les orthodoxes quand les gréco-catholiques rappellent que l'union est possible, souhaitable, et qu'elle a déjà existé ?
Ils sont la mauvaise conscience de l'œcuménisme sans conversion.
Comme le disait le patriarche Josyf Slipyj, ce géant martyrisé dix-huit ans au goulag :
« Il faut vraiment que nous soyons convaincus que la vérité est catholique pour rester catholiques ! »
Le florilège de réactions ne m'émeut absolument pas : elles m'amusent. Leurs auteurs sont des nains.
Jugez donc :
- Un individu m'a écrit qu'il « espérait la canonisation de Staline » pour voir ma réaction.
- À qui l'on dit « catholiques ukrainiens », ils répondent immédiatement : « Zelensky », « nazis », « guerre », « OTAN ». Incapables de concevoir que cette Église existait bien avant les guerres contemporaines et qu'elle a survécu à des persécutions autrement plus terribles.
- Ah, il y a aussi l'universitaire suffisant : tu parles d'Ostpolitik et il te répond doctement :
« Mais voyons, Paul III a bien envoyé des émissaires à Moscou pour proposer qu'un ambassadeur soit présent au concile de Trente ! »
Oui, Monsieur le grand professeur.
Mais pas en proposant de ratifier l'anéantissement d'une Église locale catholique.
Pas en signant une déclaration commune expliquant que l'union était finalement une erreur historique regrettable.
Pas en sacrifiant des millions de fidèles sur l'autel de la diplomatie.
Je ne poste pas pour convaincre ces gens-là.
Je poste pour les lecteurs silencieux intéressés. Ceux qui ne commentent pas.
Je sais pertinemment qu'un post sur Brigitte Bardot fera dix fois plus de vues qu'un mot sur une martyre gréco-catholique torturée par le NKVD.
Ainsi va la vie.
Les modes intellectuelles passeront.
Les martyrs, eux, restent.
Alors pour tous ces martyrs, je m'incline devant les crachats, les maniaques du complot otanesque, les gaullistes libidineux et incultes.
Mais pour moi-même, c'est avec un grand plaisir que je leur fais un bras d'honneur sincère, avec toute l'affection qu'il se doit.
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