« L’hommage de Léon XIV au CELAM de Dom Hélder Câmara » par Vistemboir2 2025-10-22 17:09:09 |
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 21 octobre 2025 sur The Remnant sous le titre : « Pope Leo XIV’s Homage to Dom Hélder Câmara’s CELAM ».
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Dom Hélder Câmara, prêtre « mentor » de Klaus Schwab (World Economic Forum) et co-auteur de la Constitution Gaudium et spes de Vatican II, a également contribué à la fondation du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), auquel le pape Léon XIV a fait référence dans de récentes déclarations. Entretenant des liens suspects avec le communisme et la théologie de la libération, Câmara est un prêtre au cœur du tristement célèbre Pacte des Catacombes et de l'Église synodale des Pauvres, deux événements marquants dans l'histoire de l'infiltration/révolution au sein de l'Église catholique.
Quelques semaines après son élection, le pape Léon XIV a envoyé un télégramme au cardinal Jaime Spengler, archevêque de Porto Alegre, au Brésil, commémorant la création du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM). Le cardinal Spengler est progressiste et, comme nous le verrons plus loin, le CELAM est profondément enraciné dans la théologie de la libération. Cependant, le message central du télégramme de Léon XIV ne semblait pas poser problème :
“DANS LA SITUATION HISTORIQUE ACTUELLE, OÙ UN GRAND NOMBRE D'HOMMES ET DE FEMMES SOUFFRENT DES TRIBULATIONS ET DE LA PAUVRETÉ CAUSÉES PAR DES CRISES CONTINUES À L'ÉCHELLE CONTINENTALE ET MONDIALE, NOUS DEVONS DE TOUTE URGENCE NOUS SOUVENIR QUE C'EST LE RESSUSCITÉ, PRÉSENT PARMI NOUS, QUI PROTÈGE ET GUÉRIT L'ÉGLISE, LUI REDONNE ESPOIR, PAR L'AMOUR QUI « A ÉTÉ RÉPANDU DANS NOS CŒURS PAR LE SAINT-ESPRIT QUI NOUS A ÉTÉ DONNÉ » (RM 5,5), EN LE SUPPLIANT SINCÈREMENT DE LA RENFORCER DANS SA MISSION QUI CONSISTE À ALLER À LA RENCONTRE DE TANT DE FRÈRES ET SŒURS, À LEUR ANNONCER LE MESSAGE DE SALUT DE JÉSUS-CHRIST ET À PARTAGER AVEC EUX LA JOIE QUI DÉCOULE DE LA RENCONTRE PERSONNELLE AVEC LUI.”
"À Medellín, les évêques se sont prononcés en faveur de l’option préférentielle pour les pauvres : « Le Christ, notre Sauveur, n’a pas seulement aimé les pauvres. Bien plus, “étant riche, il s’est fait pauvre”, il a vécu dans la pauvreté, il a centré sa mission sur l’annonce de leur libération et il a fondé son Église comme signe de cette pauvreté parmi les hommes. [...] La pauvreté de tant de frères demande justice, solidarité, témoignage, engagement, effort et dépassement pour que s’accomplisse pleinement la mission salvifique confiée par le Christ. » [90] Les évêques affirment avec force que l’Église, pour être pleinement fidèle à sa vocation, doit non seulement partager la condition des pauvres, mais aussi se mettre à leurs côtés et s’engager activement pour leur promotion intégrale. Face à l’aggravation de la misère en Amérique latine, la Conférence de Puebla confirma les décisions de Medellín en vue d’une option franche et prophétique en faveur des pauvres et qualifia les structures d’injustice de “péché social”."
"Les néo-catholiques nient généralement que Vatican II ait eu à voir quoi que ce soit avec l’état actuel de l’Église, mais des témoins oculaires sans agenda peuvent offrir un témoignage plus objectif. Aucun témoin oculaire n’est plus convaincant que Mgr Rudolf G. Bandas, lui-même peritus conciliaire. Deux ans seulement après la fin du Concile, Mgr Bandas fut contraint de demander : « Comment notre Église a-t-elle pu être si profondément sinistrée en si peu de temps ? » Répondant à sa propre question, Mgr Bandas cita les éloges de l’évêque progressiste Helder Câmara au pape Jean XXIII pour son « courage, à la veille du Concile, à nommer comme experts conciliaires plusieurs des plus grands théologiens de notre époque. Parmi ceux qu’il nomma, nombreux étaient ceux qui sortaient des listes noires de suspects », c’est-à-dire des censures et des condamnations de Pie XII et de son Saint-Office."
"Le 29 octobre [1962], alors qu’il s'adressait aux évêques brésiliens, dans le cadre de la Domus Mariae, [Hans] Küng raconta qu’il avait demandé à l'un de ses collègues luthériens à Tübingen : « Si Luther vivait aujourd'hui, éprouverait-il le besoin de sortir de l'Église catholique pour promouvoir la réforme, ou tenterait-il la réforme de l'intérieur de l'Église ? » Mgr Hélder Câmara, qui relate cet épisode, fut naturellement enthousiaste du projet de protestantisation de l'Église que ces mots laissaient transparaître. Dès la première semaine du Concile, Câmara établit une intense collaboration avec le cardinal Suenens, à qui, dans sa correspondance, il se réfère par le nom chiffré de « Padre Miguel ». L'évêque brésilien raconte qu’au début de la première session, il alla trouver Suenens pour lui demander de prendre la tête du front progressiste, qui était en train d’organiser, en secret, un groupe, qui, plus tard, devait s’appeler « Ecumenico »." (p. 225).
"C’est le cardinal Suenens s’écriant : « Vatican II, c’est 89 dans l’Église », et il ajoutait, parmi d’autres déclarations dépourvues de précautions oratoires : « On ne comprend rien à la Révolution française ou russe si l’on ignore l’ancien régime auquel elles ont mis fin… De même, en matière ecclésiastique, une réaction ne se juge qu’en fonction de l’état de choses qui a précédé. » Ce qui a précédé et qu’il considérait comme devant être aboli, c’est le merveilleux édifice hiérarchique ayant à son sommet le pape, vicaire de Jésus-Christ sur la terre : « Le concile Vatican II a marqué la fin d’une époque ; pour peu qu’on prenne plus de recul, il a même marqué la fin d’une série d’époques, la fin d’un âge. »"
"La conférence générale de l’épiscopat latino-américain, qui eut lieu à Medellín, en Colombie, du 26 août au 6 septembre 1968, fut le point d’aarrivée du processus idéologique initié par le Concile et le point de départ de la diffusion de la théologie de la libération. D’après Schillebeeckx, la théologie de la libération représenta essentiellement “l’esprit de Medellín projeté dans une théologie”. […] Oscar Beozzo a montré que Medellín trouve ses racines dans le groupe « Église des Pauvres » de Paul Gauthier, organisé dès la première session du Concile, après que Jean XXIII eut fait allusion à ce thème dans son discours du 11 septembre 1962. Le groupe « Église des Pauvres » avait proposé le « pacte des catacombes », signé le 16 novembre 1965 dans les catacombes de Domitille par quarante évêques, pour la plupart originaires du Tiers Monde. Les signataires s'engageaient à mener une vie de cobat en faveur des pauvres et de solidarité avec leurs besoins, en cohérence avec les nouveaux principes de Vatican II."
" Pour beaucoup d'entre nous, le nom de Léon XIV évoque avec bonheur l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, qui fut une bénédiction pour les travailleurs. "
"Enfin, un document qui, au départ, n’a pas été bien accueilli par tous, nous offre une réflexion toujours d’actualité : « Aux défenseurs de “l’orthodoxie”, on adresse parfois le reproche de passivité, d’indulgence ou de complicité coupables à l’égard de situations d’injustice intolérables et de régimes politiques qui entretiennent ces situations. La conversion spirituelle, l’intensité de l’amour de Dieu et du prochain, le zèle pour la justice et pour la paix, le sens évangélique des pauvres et de la pauvreté, sont requis de tous, et tout spécialement des pasteurs et des responsables. Le souci de la pureté de la foi ne va pas sans le souci d’apporter, par une vie théologale intégrale, la réponse d’un témoignage efficace de service du prochain, et tout particulièrement du pauvre et de l’opprimé."
"À cause de ce présupposé classiste, il devient extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, d'obtenir de certains « théologiens de la libération » un vrai dialogue dans lequel l'interlocuteur soit écouté et ses arguments soient discutés objectivement et avec attention. Car ces théologiens partent, plus ou moins consciemment, du présupposé que le point de vue de la classe opprimée et révolutionnaire, qui serait le leur, constitue seul le point de vue de la vérité. Les critères théologiques de vérité se trouvent ainsi relativisés et subordonnés aux impératifs de la lutte des classes. Dans cette perspective, on substitue à l’orthodoxie comme droite règle de la foi, l'idée d'orthopraxie comme critère du vrai. A cet égard, il ne faudrait pas confondre l'orientation pratique, qui est propre à la théologie traditionnelle aussi bien et au même titre que l'orientation spéculative, avec un primat privilégié reconnu à un certain type de praxis. De fait, cette dernière est la praxis révolutionnaire qui deviendrait ainsi le critère suprême de la vérité théologique."
"[…][D]evant l'urgence des problèmes, certains sont tentés de mettre l'accent d'une manière unilatérale sur la libération des servitudes d'ordre terrestre et temporel, de telle sorte qu'ils semblent faire passer au second plan la libération du péché, et par là ne plus lui attribuer pratiquement l'importance première qui est la sienne. La présentation qu'ils proposent des problèmes est ainsi confuse et ambiguë. D'autres, dans l'intention d'acquérir une connaissance plus exacte des causes des servitudes qu'ils veulent supprimer, se servent, sans précaution critique suffisante, d'instruments de pensée qu'il est difficile, voire impossible, de purifier d'une inspiration idéologique incompatible avec la foi chrétienne et avec les exigences éthiques qui en découlent."
"[93] Dans l’encyclique Dilexit nos, le Pape François a rappelé que le péché social prend forme comme “structure de péché” dans la société, qui « est souvent ancrée dans une mentalité dominante qui considère normal ou rationnel ce qui n’est rien d’autre que de l’égoïsme et de l’indifférence. Ce phénomène peut être défini comme une aliénation sociale ». [...] Il devient normal d’ignorer les pauvres et de vivre comme s’ils n’existaient pas. Le choix semble raisonnable d’organiser l’économie en demandant des sacrifices au peuple pour atteindre certains objectifs qui concernent les puissants. Pendant ce temps, seules les “miettes” qui tomberont sont promises aux pauvres jusqu’à ce qu’une nouvelle crise mondiale les ramène à leur situation antérieure. C’est une véritable aliénation qui conduit à ne trouver que des excuses théoriques et à ne pas chercher à résoudre aujourd’hui les problèmes concrets de ceux qui souffrent."
« Dans un article paru en 2007 […] le père Clodovis Boff […] mena une autocritique lucide de sa pensée, reconnaissant que l'erreur fondamentale de la théologie de la libération avait consisté à faire de l'“option pour les pauvres” son axe ou son centre épistémologique, détrônant de fait la primauté transcendante de Dieu. Dans cette inversion de la primauté épistémologique, “le premier principe opérationnel de la théologie n'est plus Dieu, mais les pauvres”. Selon Boff, la racine de cette erreur remonte au “tournant anthropologique” de la pensée moderne qui place l'homme en nouvel axis mundi ; et la dérive anthropologique de la modernité trouve son origine dans le protestantisme, notamment dans la formulation libérale de Schleiermacher, le modernisme et la théologie transcendantale de Rahner. Boff reste muet sur le Concile, qui fut dans cet itinéraire l’antécédent immédiat de la théologie de la libération, mais les choix idéologiques et existentiels du franciscain brésilien, et de ses compagnons de voyage, pendant et après le Concile, furent la confirmation éloquente de cette continuité.
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