Pas d’accord par Luc de Montalte 2025-04-10 19:21:08 |
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Je ne vois que des raisons pécuniaires qui empêchent d’avoir une musique de qualité professionnelle à chaque office, je ne vois pas en quoi ce serait un « excès » que d’avoir des chantres professionnels à la messe. C’est au contraire un progrès, nous sommes en pleine régression. Quand on lit ce qui faisait par exemple à la Cour d’un Philippe le Bon au XVe siècle, les mesquineries qu’on peut lire sur ce fil sont à pleurer. Les pays germaniques ont plus de respect pour leur patrimoine musical.
On sait, grâce à un document prévisionnel établi en 1445 par les gens de finances du duc, que l’entretien de cette chapelle représentait annuellement une dépense de 10 000 francs. Philippe le Bon veilla soigneusement à en maintenir élevée la qualité musicale. Ses clercs et chapelains, dont le nombre, de 1430 à 1467, oscilla entre quinze et vingt, étaient tous unis par des liens étroits aux grands centres liturgiques et musicaux du temps : la chapelle pontificale, la cathédrale Notre-Dame de Paris, la Sainte-Chapelle du Palais de cette même ville, la cathédrale Notre-Dame de Cambrai — certains avaient eu aussi des contacts avec les chapelles de grands seigneurs anglais, comme celle de William de La Pole, comte de Suffolk. Le duc de Bourgogne contrôlait le recrutement de ses chantres et on le voit, à différentes reprises, faire lui-même passer des auditions : ainsi, entre le mois de décembre 1446 et le mois de mars 1447, il fit venir devant lui pour les « oir chanter et essayer », afin de les « retenir en [sa] chapelle », un chapelain du duc de Savoie, un chapelain de l’évêque de Liège, un chapelain de Cambrai ainsi que maître Jean Pullois, maître des enfants de chœur de la collégiale Notre-Dame d’Anvers. Aucun de ces professionnels ne fut toutefois jugé digne d’entrer au service du duc Philippe.
In : Bertrand Schnerb, La piété et les dévotions de Philippe le Bon, duc de Bourgogne (1419-1467), Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres Année 2005 149-4 pp. 1319-1344
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