L'illusion à l'origine de l'« esprit du concile » par Candidus 2024-08-30 16:48:36 |
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Traitant de la réforme liturgique, Paul VI, le 13 janvier 1965, déclarait : " La NOUVELLE PÉDAGOGIE religieuse que veut instaurer la présente rénovation liturgique s’insère, pour prendre presque la place de moteur central, dans le grand mouvement inscrit dans les principes constitutionnels de l’Église de Dieu, et RENDU PLUS FACILE ET PLUS IMPÉRIEUX PAR LE PROGRÈS DE LA CULTURE HUMAINE ".
Ces paroles de Paul VI relatives à la réforme liturgique, décrivent parfaitement l'intuition à l'origine des dérives de Vatican II. L'idée est simple, une "humanité nouvelle" est en train d'apparaître, un homme "évolué" qui rend caduques toutes les recettes du passé, à commencer par la pédagogie traditionnelle de l'Église.
À une pédagogie didactique (le catéchisme et la prédication traditionnels) doit succéder un pédagogisme qui ne prétend plus enseigner une vérité tombée du ciel, mais exige plutôt de l'Église qu'elle se mette à l'écoute du monde, qu'elle se laisse "enrichir" par les valeurs de l'homme contemporain, "révélées" par la modernité.
Ce pédagogisme produira dans l'Église les mêmes fruits de décadence et de mort qu'il a produits dans le domaine de l'éducation.
Fallait-il que Paul VI fût aveuglé par son "culte de l'homme" pour qu'il ne perçût pas que l'homme contemporain du "flower power" n'était rien d'autre qu'une version informelle, un clone yéyé, une resucée de l' « homme éclairé » du XVIIIème siècle ?!
Une humanité que le pape ne considère pas, certes, comme étant parvenue à l'âge adulte de son évolution (le point "Omega" annoncé par Teilhard de Chardin, admiré de Paul VI*), mais plus que jamais en passe d'y accéder.
Vatican II, par l'esprit plus que par la lettre, fut la version catholique progressiste de l'optimisme sociétal qui a caractérisé cette époque.
Optimisme qui sur le plan naturel pouvait se justifier car il s'ancrait dans une réalité tangible : les progrès de la médecine (la diffusion du "miracle" des antibiotiques), le développement des moyens de transports et de communication, la conquête spatiale, l'euphorie d'une économie prospère de plein emploi, l'abondance matérielle, etc.
Mais au plan surnaturel, sur lequel on est en droit de se placer lorsque on écoute l'enseignement du Souverain Pontife, où trouvait-on l'équivalent de ce progrès ? On était très loin du compte ; il ne fallait pas être particulièrement clairvoyant pour percevoir que ce n'était pas une humanité s'engageant sur la voie du progrès moral que cette époque annonçait, c'était même tout le contraire, notamment depuis les lendemains de la Seconde Guerre mondiale.
Que Jean-Baptiste Montini ait été aveuglé par son faux humanisme, par son teilhardisme, est la seule explication plausible de l'erreur historique qu'il a commise. C'est son magistère, ou plus souvent son absence de magistère, qui a permis à une minorité active de Pères conciliaires acquis à ces lubies de saveur moderniste, de promouvoir la forme d'aggiornamento à l'origine de l''"esprit du concile" ou "concile des médias", dénoncés sans beaucoup d'action et encore moins de résultats par Benoît XVI , et dont nous vivons aujourd'hui le paroxysme bergoglien.
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• Sûrement pas dans toutes ses affirmations, mais certainement dans son intuition principale.
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