"Les réseaux cathos de l'« union des droites »" (La Vie) par Cristo 2024-06-27 22:40:09 |
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documenté, dénué des qualificatifs infâmants habituels, bref du bon travail journalistique ...
LÉGISLATIVES
Les réseaux cathos de l'« union des droites »
Depuis la dissolution, différents courants menés ou orientés par des catholiques travaillent avec d’autres à « l’union nationale » entre LR et RN. Une dynamique, certes minoritaire, mais qui participe à la recomposition en cours. Tour d’horizon des réseaux à l’œuvre.
Par Pierre Jova
Publié le 21/06/2024
La convocation surprise des élections législatives par Emmanuel Macron le 9 juin dernier a réveillé des initiatives de certains catholiques pratiquants qui attendaient le moment favorable pour s’engouffrer derrière une coalition des droites. Un mouvement qui ne va pas de soi, tant le Front national (FN), rebaptisé Rassemblement national (RN) en 2018, a toujours entretenu une relation compliquée avec l’Église catholique, au point de longtemps trouver moins d’électeurs chez les pratiquants qu’ailleurs dans la population française.
Mais la perspective de l’arrivée du RN et de ses alliés au pouvoir sonne pour certains comme une revanche contre un « système » par lequel ils se sont sentis méprisés lors de la Manif pour tous en 2013, et révèle aussi les inquiétudes d’une certaine sociologie. « Ces catholiques pratiquants sont presque tous des enfants de la bourgeoisie. Ils raisonnent par conscience de classe, même s’ils ne le savent pas. La France ne leur est qu’une plus grande propriété », raille Jacques de Guillebon, essayiste hier très proche de Marion Maréchal, qui a coupé les ponts depuis. « Cela fait tellement longtemps que nous attendons de renverser la table !, piaffe un collaborateur d’élu de l’Ouest parisien. Cette France qui va à la messe le dimanche et qui se sent en voie de disparition face à l’islam, découvre subitement que des personnalités proches de ses convictions pourraient gouverner demain ! »
Ces réseaux anciens ou nouveaux se superposent, s’affrontent parfois, mais aujourd’hui vont dans la même direction : celle d’une victoire du RN et de l’union des droites. Cartographie des « sept familles » en présence.
1. Le réseau frontiste historique
Elle est loin, l’époque où une messe en latin était célébrée lors la fête des Bleu-blanc-rouge, le rassemblement annuel du FN. L’accession de Marine Le Pen à la tête du parti en 2011 a sonné le glas de la tendance « catho-tradi » frontiste, largement purgée. « Les catholiques du RN n’ont plus de courant structuré, au contraire de la communauté gay », confie un cadre du parti. Le réseau homosexuel entourant Marine Le Pen aurait la main haute sur les investitures pour les législatives. Au point d’écarter des profils jugés trop « tradis » comme Charles de Meyer, président de SOS-Chrétiens d’Orient et assistant parlementaire de Thierry Mariani au Parlement européen ?
« Il y a moins une chasse aux cathos qu’une chasse aux conservateurs, qui se trouvent être souvent cathos », nuance un salarié chrétien du RN. Dans l’esprit des dirigeants, le conservatisme n’est pas porteur électoralement. « La question des mœurs n’a jamais été centrale au Front, abonde un autre. Le parti a longtemps abrité une tendance païenne, favorable à l’avortement des handicapés et à l’eugénisme… Les véritables clivages sont : est-ce qu’on est un parti de droite ou ni de droite, ni de gauche ? Est-ce qu’on assume notre diabolisation, ou est-ce qu’on se dédiabolise ? On retrouve des catholiques des deux côtés. »
S’il n’y a plus de tendance constituée, des réseaux catholiques persistent cependant au RN dans certaines fédérations locales, au Parlement européen et parmi les collaborateurs parlementaires à l’Assemblée nationale. Dans ce parti longtemps ostracisé où la loyauté clanique prime, plusieurs catholiques n’ont jamais été inquiétés grâce à leur proximité avec Marine Le Pen, comme l’eurodéputé Édouard Ferrand (mort en 2018), Renaud Labaye, secrétaire général du groupe à l’Assemblée, et Laure Lavalette, élue députée du Var en 2022 et porte-parole du parti. Militante historique, cette mère de cinq enfants était absente lors de la constitutionnalisation de l’IVG. « Sa délégation de vote contre a disparu à la dernière minute, révèle une taupe de l’Assemblée : c’est son collaborateur parlementaire, lui aussi catholique, qui l’a dissuadée, pour ne pas nuire à sa carrière. »
Si les catholiques au RN ont donc une influence limitée sur les orientations du parti, ils pourraient bénéficier de la recomposition politique en cours. « Les alliances avec Éric Ciotti et Marion Maréchal vont droitiser le parti, expose un cadre de confession catholique. Sur les questions de société, elles vont renforcer la dimension conservatrice. » Dans ce jeu d’alliances, revient dans toutes les bouches le nom de Philippe Olivier. Beau-frère de Marine Le Pen et stratège du parti, il est un apôtre persévérant de l’union des droites. Bien que venu de la tendance païenne frontiste, il sait parler aux catholiques. « On va critiquer l’individualisme, le matérialisme, la surconsommation, la vision marchande des rapports humains. C’est un discours perceptible par les chrétiens », confiait-il au Parisien en 2021. Il a été réélu député européen le 9 juin 2024.
2. La filière des anciens du MPF
Lointainement issu de la démocratie-chrétienne patriote et provinciale, le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers a essayé dans les années 1990 et 2000 d’occuper le créneau entre le FN et la droite classique ; en vain, comme Éric Zemmour après lui. Plusieurs anciens du MPF – et catholiques – ont rejoint le RN : Christophe Bentz (passé par le Parti chrétien-démocrate), Mathilde Paris, et Hervé de Lépinau, respectivement députés RN sortants de Haute-Marne, du Loiret et de Vaucluse. Élus en 2022, ils se sont distingués en s’élevant à l’Assemblée contre la constitutionnalisation de l’IVG et contre l’euthanasie.
Ex-président des jeunes du MPF, se réclamant du catholicisme social, Pierre Meurin avait commencé à organiser la campagne présidentielle de Zemmour, avant de prédire son échec dès novembre 2021. « Il dénonce depuis longtemps, à raison, le Jacques Attali mondialisé des aéroports. Il est malheureusement son miroir bourgeois des grandes gares SNCF », explique-t-il dans un entretien à L’Express, prophétisant un score final de « 6-8 % »... Une interview qui a séduit Marine Le Pen. Élu député RN du Gard en 2022 et candidat à sa réélection, Pierre Meurin retrouvera peut-être au Palais-Bourbon le catholique lyonnais Patrick Louis, ex-eurodéputé MPF investi dans la 9e circonscription du Rhône par le RN. Quant à Philippe de Villiers, il soutient l’union des droites dans sa chronique hebdomadaire à CNews : une tribune médiatique dont le catholique vendéen n’aurait jamais osé rêver lorsqu’il faisait de la politique active.
3. La galaxie Marion Maréchal
Assumant sa foi catholique et son conservatisme, Marion Maréchal a quitté le FN en 2017, lassée par la purge de ses proches par Florian Philippot et tentée par l’aventure entrepreneuriale. Elle fonde en 2018 l’Institut des sciences sociales, économiques et politiques (Issep), à Lyon. Autour d’elle, l’essayiste catholique Jacques de Guillebon, les ex-MPF Patrick Louis et Pierre Meurin, et un trio de Lyonnais catholiques et frontistes : Agnès Marion, Antoine Mellies et Thibaut Monnier, tous élus régionaux RN. Purgée à son tour, cette bande a rejoint Zemmour en 2021, dont la ligne libérale-conservatrice et identitaire épouse celle de Marion Maréchal, qui les a rejoints en mars 2022.
La nièce de Marine Le Pen devient alors vice-présidente de Reconquête !, aux côtés de Nicolas Bay, ex-vice-président du RN, et Guillaume Peltier, ex-figure des Républicains. Ces deux transfuges, issus de familles catholiques, ont milité au FN, l’ont quitté pour la scission de Bruno Mégret et ont fondé l’association Jeunesse action chrétienté contre le Pacs, en 1998. Bay est ensuite revenu au FN par la grande porte, tandis que Peltier gravissait les échelons du MPF, puis de l’UMP-LR. Tout comme Marion Maréchal, ils ont participé à la Manif pour tous et partagent la même culture politique.
Fraîchement élus eurodéputés de Reconquête ! le 9 juin 2024, Marion Maréchal, Nicolas Bay et Guillaume Peltier appellent le 12 juin à soutenir « les candidats uniques de la coalition des droites » et rompent avec Zemmour. Certains fidèles sont recasés au RN pour les législatives : Thibaut Monnier dans la 4e circonscription de la Drôme, Agnès Marion dans la 9e circonscription du Val-d’Oise. « Marion revient dans le jeu ! », se réjouit un de ses proches, impliqué dans une organisation conservatrice catholique, tout en reconnaissant que son étoile a pâli. « À la fin des années 2010, nous vendions 400 places en 48 h en annonçant sa venue à nos conférences. Cette année, c’est Bardella qui a fait exploser nos ventes de places ! »
Marion Maréchal conserve cependant son prestige. « Jordan Bardella a intérêt à ce que Marion ne revienne pas au RN pour lui faire de l’ombre, juge un cadre du parti lepéniste. Quant à Bay et Peltier, ils sont haïs chez nous pour leurs trahisons. Je pense qu’ils espèrent que Marion créera son propre mouvement à notre droite. » Comme le parti Souveraineté, indépendance et libertés, qui avait attiré quelques catholiques conservateurs dans les années 2010 ? Difficile d’imaginer la petite-fille de Jean-Marie Le Pen s’en contenter…
4. Les restes de Sens commun
Créée dans l’élan de la Manif pour tous, l’association Sens commun voulait peser de l’intérieur sur la ligne des Républicains. C’est en partie grâce à elle que François Fillon avait remporté les primaires de la droite en 2016, avant de s’empêtrer dans les affaires. Recentré sur un noyau dur, Sens commun est devenu le Mouvement conservateur en 2020 avant de faire le choix de soutenir Zemmour en 2022. « Cela n’a pas posé de problème en interne alors qu’à l’époque Sens Commun ça n’aurait pas fait l’unanimité », estime un ancien cadre. Bien que réduit, le Mouvement conservateur a franchi un cap en réussissant à faire élire sa présidente, Laurence Trochu, comme députée européenne sur la liste Reconquête !. Il a emboîté le pas de Marion Maréchal pour rejoindre la coalition de droite menée par le RN.
« Coalition n’est pas fusion », prévient Laurence Trochu, qui estime qu’un socle – « la lutte contre l’immigration, la lutte pour la sécurité, le pouvoir d’achat » – met tout le monde d’accord au RN, même si « il y a des sujets avec lesquels nous sommes en désaccord ». Quand Jordan Bardella met en avant le vote de son parti pour la constitutionnalisation de l’IVG en réponse au Youtubeur Squeezie qui appelle à faire barrage à l’extrême droite, on est loin de la Manif pour tous.
Dix ans plus tard, certains vétérans de la Manif pour tous jugent sévèrement la trajectoire de l’ex-Sens commun. « La Manif pour tous était un entonnoir inversé, explique un ancien militant : de nombreux jeunes qui y ont participé ont été sensibilisés à l’écologie, à la justice sociale, et ont une grande diversité de trajectoires. La génération catho suivante a été aspirée par Zemmour, qui l’a enfermé autour d’une seule idéologie et de revendications communautaristes « blanches ». »
5. Le canal Stérin
Sur une photo publiée par les réseaux sociaux de Marine Le Pen, Jordan Bardella savoure les résultats des élections européennes. Derrière les membres du clan lepéniste, François Durvye. Ce polytechnicien catholique dirige le Fonds Otium Capital, créé en 2009 par l’entrepreneur Pierre-Édouard Stérin pour réinvestir les dividendes de Smartbox, dont il a quitté la direction en 2013 mais dont il reste actionnaire. Ce fonds a investi dans plus d’une centaine d’entreprises et revendique aujourd’hui 1,5 milliard d’euros d’actifs sous gestion, faisant de Pierre-Édouard Stérin l’un des « business angels » les plus importants en France.
Le milliardaire catholique, exilé fiscal en Belgique, a créé en parallèle un fonds « à impact » à but philanthropique, le Fonds du Bien Commun. Située à Paris rue Saint-Joseph, patron des travailleurs, dans des locaux spacieux décorés de fresques des étapes du pèlerinage de Compostelle, cette entité hybride finance des associations et entreprises dans les domaines de « l’éducation intégrale, la croissance humaine et spirituelle, la solidarité, le patrimoine et la culture », indique son site. Certains sont bien connus dans l’écosystème catholique comme Lazare, Les cafés Joyeux, Esprit de Patronage ou encore Familya.
Comment le bras droit de Pierre-Édouard Stérin se retrouve-t-il sur la photo de la victoire du RN ? « François Durvye est l’un de ceux qui ont l’oreille de Marine Le Pen », commente un connaisseur. Il est du cercle des Horaces, dirigeants d’entreprises et hauts fonctionnaires qui alimentent le RN en notes. Après l’annonce de la dissolution, il a recruté des candidats aux législatives pour Éric Ciotti et le RN : parmi les 62 candidatures sous la double étiquette LR-RN, on trouve d’ailleurs Typhanie Degois, ex-députée macroniste de Savoie et catholique, devenue prestataire du Fonds du Bien Commun. C’est aussi lui qui a fourni des troupes fraîches à un Ciotti abandonné par ses équipes.
Son patron nie cependant, droit de réponse après droit de réponse, une quelconque ingérence politique. « J’ai rencontré quelques personnalités, il est vrai plutôt à droite. Et aussi chez LREM. Je n’ai pas vocation à les soutenir. Je discute avec elles pour faire passer des messages », affirmait-il au Pèlerin en 2022. En affaires, Pierre-Édouard Stérin investit aussi bien avec Xavier Niel (actionnaire à titre individuel du groupe Le Monde, dont fait partie La Vie) qu’avec Arnaud Montebourg. Déjà investisseur dans les médias Neo et Le Crayon, il est en négociation pour racheter Marianne, malgré les réticences d’une partie de la rédaction : lors d’un vote interne, le 21 juin 2024, celle-ci a décidé à 60,3 % de ne pas s’opposer au rachat du titre par l’homme d’affaires. Son Fonds du Bien Commun est à l’origine de La Maraude des Parlementaires qui a attiré des élus de tous bords. Mais lors de ses « soirées des entrepreneurs patriotes » ou ses « cocktails patriotes », on retrouve des personnalités beaucoup plus droitières comme les responsables de l’organisation catholique identitaire Academia Christiana. Telles des poupées russes, le fondateur de Smartbox monte projet sur projet pour diffuser ses vues. Un des derniers en date : le futur laboratoire d’idées nommé Périclès qui devrait être dirigé par Philippe de Gestas, ex-secrétaire général du Mouvement conservateur.
« Le catho derrière l’union des droites, c’est Stérin », constate un observateur. « Il est excité par ce grand bordel, qui rappelle l’énergie des débuts du macronisme », confirme un de ses collaborateurs. Le milliardaire souhaiterait influencer le programme économique de la future nouvelle majorité. « Faire revenir le RN sur une terre plus libérale-conservatrice », résume un initié, quitte à ménager la gauche patriote en plaçant son ami Arnaud Montebourg dans un futur gouvernement Bardella ?
Cette emprise sur l’union des droites, couplée à celle de Vincent Bolloré, laisse songeur cet ancien de la Manif pour tous. « Ils ont profondément changé le paysage et font les choses à l’envers : là où la Manif partait d’une émotion de la base, nous sommes dans une conquête du pouvoir calculée, pyramidale et hégémonique. Le jour où ça s’écroulera, on regrettera d’avoir autant dépendu d’eux… »
Détail symbolique de l’influence centrale de Pierre-Édouard Stérin : selon le magazine Challenges, la dynastie Le Pen a vendu sa maison de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) en 2023 à une de ses sociétés immobilières, pour la somme de 2,5 millions d’euros.
6. La droite hors-les-murs médiatique
De taille et d’influence diverses, les médias de la droite « hors-les-murs » ont en commun de vouloir abattre les digues entre les mouvements libéraux-conservateurs et identitaires. Quand ils ne sont pas ouvertement catholiques, comme le Salon beige, dirigé par l’entrepreneur Guillaume de Thieulloy (ancien assistant des sénateurs Jean-Claude Gaudin puis Sébastien Meurant) et très lu dans les milieux pratiquants depuis la Manif pour tous, ils ont des catholiques à leur tête : Gabrielle Cluzel et Marc Baudriller pour Boulevard Voltaire, Martial Bild pour TV Libertés, Laurent Meeschaert (ex-candidat Reconquête ! aux législatives en 2022) et Arthur de Watrigant pour L’Incorrect, Tugdual Denis pour Valeurs Actuelles (VA).
Le navire amiral de cette droite médiatique hors-les-murs demeure Le Figaro, piloté par les catholiques Alexis Brézet, directeur des rédactions depuis 2012, et Vincent Trémolet de Villers, actuel directeur délégué. Les deux amis sont des anciens du groupe Valmonde, propriétaire de VA et Spectacle du monde. Ils ont patiemment truffé de plumes acquises à leur ligne le quotidien au titre inspiré de Beaumarchais. Avec le directeur du Figaro Histoire, Michel De Jaeghere, considéré par certains en interne comme le cerveau de la droitisation du journal et contempteur raffiné du pape François, ils accompagnent avec intérêt la recomposition politique en cours. « Après avoir échoué à imposer Zemmour, ils espèrent redroitiser le RN en misant sur Bardella, qui leur plaît beaucoup », estime un observateur.
7. Le « parrain » Bolloré
À la fin des années 2000, les lecteurs du quotidien gratuit Direct Matin pouvaient découvrir dans les dernières pages une « éphéméride » du saint du jour selon le calendrier catholique. Cette rubrique était tenue par l’abbé Gabriel Grimaud, éducateur et intime du magnat Vincent Bolloré, propriétaire de Direct Matin. Il lui a glissé les noms de certains de ses disciples, tel Guillaume Zeller, acteur dans la reprise à la hussarde de la chaîne I-Télé, rebaptisée CNews en 2017, ainsi qu’Aymeric Pourbaix, ex-directeur de Famille chrétienne ayant reçu les clés de France catholique en 2018 et de l’émission En quête d’esprit sur CNews en 2020. Il est de notoriété publique que le catholique breton Vincent Bolloré diffuse un christianisme identitaire à travers son empire médiatique, de CNews à C8, en passant par Europe 1, Le Journal du dimanche (JDD) et Paris Match. Le pèlerinage de Chartres en mai 2024 a fait la couverture du célèbre magazine de photojournalisme, et la messe de la Pentecôte (en latin) été diffusée en direct sur CNews.
La vision de Vincent Bolloré, qui ne se réduit pas au seul catholicisme (son associée dans la production audiovisuelle, Chantal Barry, est évangélique, tout comme la vedette de CNews Christine Kelly), se confond avec la convergence des droites « à l’italienne » entre conservateurs sociaux, identitaires et libéraux sur le plan économique. La machine médiatique de Bolloré a pesé de tout son poids pour soutenir la candidature d’Éric Zemmour en 2022. Dès le 10 juin 2024, selon Le Monde, le milliardaire breton a reçu Éric Ciotti à son domicile parisien. L’a-t-il encouragé dans son alliance avec le RN ? « Il est probable que Bolloré ait orienté Ciotti vers Stérin et son réseau de petites mains », suppose une source de la « cathosphère ». « Il se tient en retrait, et observe comment Stérin se débrouille », ajoute un autre.
Il est cependant incontestable que son empire s’est mis en branle pour promouvoir la convergence entre Jordan Bardella, Éric Ciotti et Marion Maréchal. « Avec Jordan Bardella, la priorité sera de faire des économies, d’arrêter le gaspillage d’argent, notamment sur tout ce qui relève de l’immigration », promet Éric Ciotti dans le JDD du 16 juin. Aux dernières pages de cette même édition, on lit une éphéméride de la vie de saint Jean-François Régis, prêtre jésuite dédié aux pauvres du Massif central au XVIIe siècle.
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