Le jugement formel de l'Église est que les ordres anglicans sont totalement nuls et invalides...
Itaque omnibus Pontificum Decessorum in hac ipsa causa decretis usquequaque assentientes, eaque plenissime confirmantes ac veluti renovantes auctoritate Nostra, motu proprio certa scientia, pronunciamus et declaramus, ordinationes ritu anglicano actas, irritas prorsus fuisse et esse, omninoque nullas.
...et ce pour trois raisons indépendantes, précisées par le pape :
1. Les rites anglicans d'ordination depuis celui d'Édouard VI jusqu'à celui en vigueur en 1896 sont intrinsèquement incapables de transmettre le sacerdoce par
défaut de forme. En effet le rite n'exprime l'essentiel du sacrement d'ordre à transmettre, d'où son emploi par un évêque lui-même validement sacré sera tout aussi vain que par quiconque ;
2. Les ministres ayant choisi d'employer ce rite duquel l'essentiel de la doctrine catholique du sacerdoce a été soigneusement supprimé font montre d'un
défaut d'intention ;
3. Depuis la disparition des derniers évêques sacrés avant la venue d'Élizabeth, il y a rupture de la transmission de l'épiscopat. En effet, les "évêques" anglicans, eux-mêmes ordonnés et sacrés selon le rite invalide, ne sont que des laïcs ; ils ne peuvent en conséquence ordonner personne, quel que soit le rite qu'ils emploient. Il y a
défaut de ministre capable.
Les erreurs doctrinales tenues par les Anglicans au sujet du sacerdoce sous-tendent ces défauts mais ne constituent pas un nouveau défaut intrinsèque car l'erreur dans la foi concernant un sacrement n'est pas nécessairement incompatible avec l'intention ministérielle suffisante.
Pour que l'intervention d'un évêque schismatique modifie l'application du jugement du pape Léon XIII en tel cas précis il faudrait que l'évêque ordonnant soit lui-même validement sacré (ce qui n'est pas certain chez tous les Vieux Catholiques par exemple) et qu'il utilise un rite certainement valide.
Dans l'ordre concret l'Église ordonne les ministres anglicans convertis et aptes à devenir prêtres
absolument et pas conditionnellement. C'est ce que Mgr Lefebvre a fait pour les abbés Peter Morgan et Ronald Silk, bien sûr, tous deux issus de la très haute église.
Si l'on peut démontrer un cas très exceptionnel, où le pasteur converti a été ordonné par un évêque potentiellement valide utilisant un rite potentiellement valide, il sera réordonné sous condition, mais le cas n'est certainement pas général chez les Anglicans.