Un narratif à revoir par Candidus 2023-03-30 15:35:29 |
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A vous lire je me dis que nous sommes bien loin du simplisme avec lequel certains traditionalistes expliquent la réforme liturgique. Selon leur narratif, un groupe de prélats francs-maçons, dont Mgr Bugnini était le maître d'oeuvre, se sont introduits dans l'Église. Ils ont commencé par circonvenir le benêt Pie XII en le convaincant de réformer la Semaine Sainte, ont fait élire le FM rosi-crucien Roncalli qui a convoqué un concile pour réaliser la protestantisation de l'Église et la destruction de sa liturgie.
En fait nous constatons que du début à l'aboutissement de la réforme liturgique, toutes sortes d'événements absolument imprévisibles se sont succédés, notamment le décès de liturges conservateurs qui auraient dû conduire cette réforme.
Quoi de plus contre-intuitif aussi dans le cadre du scénario complotiste que la promotion de Bugnini par Pie XII et sa démotion par Jean XXIII ?
J'ai cité dans un post de ce fil la présentation par Bugnini de la réforme de 1965. Il est clair que cette réforme est présentée par lui comme un aboutissement et la mise en oeuvre définitive de Sacrosanctum Concilium. Pourquoi Bugnini aurait-il écrit cela en 1964 s'il n'en avait pas été intimement convaincu ? La présentation qu'il fait de cette réforme limitée n'exigeait aucunement un tel mensonge. N'aurait-il pas dû craindre que ses nombreux ennemis l'accusent ensuite d'hypocrisie et de dissimulation ?
La vérité est qu'entre la présentation en 1964 de cette première réforme et son application en 1965, Bugnini lui-même n'avait pas une vue claire de la suite des événements.
La réforme liturgique a été une dynamique dans laquelle deux éléments moteurs ont joué un rôle essentiel :
I- Le contexte socio-culturel utopique et révolutionnaire de l'époque qui remettait tout en question et se diffusait dans l'Église.
II- La volonté de Paul VI de prendre de vitesse les réformistes iconoclastes. Face au délitement de la liturgie et à une situation qui lui échappait complètement, Paul VI a tenté d'assagir, de canaliser les novateurs les plus virulents, en proposant une réforme qui leur donnait en partie satisfaction, tout en préservant, à ses yeux, l'essentiel. Cette statégie a été très claire pour ce qui est de l'introduction des 3 nouvelles prières eucharistiques, le 15 août 1968 ; celles-ci étaient une réponse aux centaines de prières eucharistiques alors en circulation, notamment aux Pays-Bas. Quelle piteuse vision réformatrice ! Comment s'étonner du résultat ?
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