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Merci Xa, mais je ne peux pas voir le film !
par Davidoff2 2023-03-17 07:58:18
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Il est écrit : La vidéo que vous cherchez à voir n'est pas disponible depuis votre zone géographique. Je vais essayer de la voir d'une manière détournée, mais d'ici là, je souhaiterais poster un témoignage sur la question, puisque j'ai été personnellement touché par ce problème, et il a fallut une grâce miraculeuse. Les catho modernes (charismatiques), ont fondé La Mission de Catholique parmi les malade de l'alcool, j'ai essayé et voilà le résultat :

Copie/colle du témoignage :

Alcoolique et drogué profond, Marie a tapé du poing sur la table, et son fils m’a guéri.

J’ai 36 ans, et je peux dire que je me suis perdu durant la moitié de mon existence dans les paradis artificiels, qui n’ont de paradis que le nom. J’ai réellement pris conscience de mon problème d’alcool depuis 3 ou 4 ans, et durant tout ce temps, j’ai essayé de diminuer, de ne pas boire avant 17 heures, de ne boire que le week-end, d’arrêter complètement avec des récompenses lors de fêtes, j’ai aussi essayé les Alcooliques Anonymes qui ne faisaient que de me donner envie de boire, j’ai tenté l’Antabus, mais aussi le sevrage en milieu hospitalier, plusieurs fois j’ai arrêté avec l’aide de la Distranurin (un médicament qui produit l’ivresse, mais sans alcool), sans compter que dans toutes ces phases, j’étais soutenu par un psychiatre réputé pour être l’un des meilleur du canton.

J’ai cru gagner toutes ces luttes et tous ces combats, alors qu’en réalité, je n’étais arrivé qu’à repousser l’ennemi qui s’en allait un peu plus loin pour s’organiser en cachette, histoire de revenir me dévaster avec une puissance décuplée, tel une furie. Je gagnais des combats, il gagnait la guerre !

Cependant, dans toutes ces défaites, j’avais pu me rendre compte d’une chose : Si je ne priais pas, je partais perdant ; si je priais, je partais avec quelques atouts dans mon jeu et je pouvais résister plus longtemps avant la défaite, qui survenait toujours lors d’une baisse de ma vigilance dans la prière. A ce moment, la tentation arrivait toujours à point nommé pour me dire : « Bah, maintenant que t’as tenu deux semaines, t’es hors sevrage, c’est pas un petit verre entre amis qui va te nuire… », et comme je ne pouvais pas m’imaginer être abstinent jusqu’à la fin de ma vie, je tablais toujours sur une maîtrise de la chose plutôt qu’une fuite lâche face à l’alcool, lâche car je ne lui laisserais plus l’occasion de me mesurer en duel. J’aime l’ivresse, j’en ai besoin de temps en temps, et je partais du postulat que j’allais maîtriser la boisson pour m’en servir lorsque je le déciderais consciemment. Ce n’est que l’année passée que j’ai enfin compris que cette manière de faire et de croire était un piège et était impossible pour moi. Il fallait que j’arrête de boire, définitivement.

Plus facile à dire qu’à faire…

Grâce à Bernard xxx, j’ai connu les Pélerins de l’Eau Vive, et après être allé quelques fois à la prière du lundi, j’ai su que mon salut passerait par là : Par la prière à Marie, qui elle, allait exiger de son fils ma guérison. J’ai compris qu’il y avait là un groupe de gens priant et qui tous, criaient vers Dieu pour le sauvetage et la libération des malades de l’alcool, pour mon propre sauvetage !

J’ai alors élaboré un plan : Au pèlerinage de Paray le Monial, j’allais demander ma guérison de l’alcool, et au pèlerinage de Lourdes, je demanderais ma libération de la drogue, chose encore jugée impossible jusqu’en janvier 2008. Avant ce moment, je savais plus ou moins qu’il serait possible de sortir de l’alcool, mais je m’étais résigné à rester un camé jusqu’à la fin de mes jours, car il ne me venait même pas à l’esprit que je puisse passer 24 heures sans shit. Cela faisait 10 ans que je n’avais pas passé un seul jour sans haschich. Où que j’étais, cette drogue m’accompagnait, que ce soit à l’enterrement de ma grand-mère en Allemagne, pendant les vacances, et même s’il fallait prendre l’avion, partout et toujours, je n’en manquais jamais. Penser abandonner cela, c’était comme imaginer pouvoir continuer à vivre sans respirer, ça pouvait être une idée, mais une idée loufoque.

C’est en priant les lundis soir avec les pélerins que j’ai eu cette idée totalement farfelue : A Lourdes, j’arrêterais la drogue et malgré cela, je continuerais à vivre !

Première étape, Paray le Monial, le 15 mars 2008 :
J’ai été touché par le Seigneur et j’ai su qu’il me libérerait de l’alcool sans discuter. Le soir, seul dans le parc, c’était clair, Jésus allait me soigner sur le champ si je le voulais, mais j’ai senti dans mon cœur qu’il voulait me guérir complètement. Cette phrase se répétait sans cesse dans mon esprit : « David, donne moi tout, je prends tout ! ». En fait, le Seigneur me demandait trop, je voulais bien lui donner mon alcool, mais je ne pouvais pas lui donner ma drogue, alors j’ai allumé mon joint et je lui ai dit : « Non, désolé, laisse-en un peu pour ta mère, je te donne mon alcool, et je donnerais ma drogue à ta maman à Lourdes ! »

Et le piège s’est refermé. J’ai compris ensuite qu’il était illusoire de croire que je puisse gagner la sobriété alcoolique en conservant l’ivresse du hasch. C’est ainsi qu’en début mai, j’ai recommencé à boire beaucoup, mais sereinement, puisque je savais que je vivais là mes dernières semaines de dépendances. Mes ennemis étaient avertis, j’étais averti, c’était les derniers moments d’amitié avant la guerre, la vraie. Fini les petites combines, fini les demi-mesures, fini les arrangements, quelque chose allait se bouleverser dans ma vie, et ce serait de façon définitive.

J’appréhendais Lourdes car je savais l’enjeu qu’il y avait derrière, je savais aussi que j’allais demander plus qu’une grâce, compte tenu de ma consommation monstrueuse de drogue et d’alcool, que Marie allait demander un nouveau miracle à son fils, rien que pour moi. Entre la mi-mars à Paray le Monial et la mi-juin, j’ai prié chaque jour pour ce miracle à Lourdes, je ne sais pas combien de chapelets, mais un bon paquet. Et plus j’avançais, plus je savais au fond de moi que le miracle se produirait, car à qui frappe, le Seigneur ouvre, à qui demande, le Seigneur donne. N’étais-je pas un mauvais père pour mes 3 enfants ? Oui, j’étais un mauvais père ! Et malgré tout, si un de mes enfants me demandait un pain, je ne lui aurais jamais donné un scorpion. Alors quoi ? Si moi qui suis mauvais donne de bonnes choses à mes enfants, le Seigneur ne me donnera-t-il pas encore de meilleures ?

A Paray le Monial, je suis allé me confesser, mais j’étais désespéré, et j’ai dis au prêtre : « Je veux bien me confesser, mais je crois que c’est inutile de me donner l’absolution, ça ne changera rien ». Le prêtre m’a alors informé de la manière suivante : « Le démon est capable de tout lâcher, il est capable de se dépouiller de tout sauf d’une chose : Le désespoir ! Tant qu’il pourra faire croire aux gens qu’il n’y a plus d’espoir, il reste le Maître ». ça m’a redonné espoir…

… et même plus que l’espoir, car plus j’approchais du pèlerinage de Lourdes, plus je savais que par l’entremise de Marie, le miracle se produirait. C’était au-delà de la croyance, c’était une certitude.

J’ai bu jusqu’au mardi soir 10 juin, la veille de notre départ à Lourdes, et je me suis même permis une excellente bouteille pour mes adieux à ce vieil ami terrible qu’est l’alcool. On avait fait un sacré bout de chemin ensemble, et on s’est quitté sans tristesse, ni rancune, ni amertume. Je pense que depuis Paray, il savait qu’il avait perdu la partie et qu’on vivait une sorte de prolongation, de sursis, comme un couple qui ne s’aime plus mais qui reste encore un peu ensemble pour le sexe..., sans amour.

Je n’ai pas eu peur de dire adieu à l’alcool, pour la vie. Par contre, j’étais terrorisé de la fin prochaine de la drogue, car comment vivre sans elle ? Comment vivre tout le temps sobrement ? C’était comme une mission impossible, surréaliste.

Le lendemain matin, sur le coup de 6 heures, je grimpais dans le car pour Lourdes, mon bout de shit précieusement emballé dans ma poche, je partais avec lui, je reviendrais seul, c’était suffisant pour me torturer à un point qu’on a de la peine à imaginer. A peine arrivé à Rocamadour, il fallait vite que j’en fume une bonne dose, ce que j’ai fait sans tarder. Après la visite du lieu et le souper, il fallait que j’en refume deux, c’était l’avant dernier jour que la drogue me prodiguait ses effets. Le lendemain, arrivée à Lourdes à 12 heures 30, … mais pourquoi ils mettent autant de temps à nous servir ce repas ??? C’est qu’il faut que je fume moi ! Et je l’ai fait immédiatement après le manger, discrètement, en me promenant dans la rue… On s’est approché du lieu des sanctuaires avec ma femme, mais sans oser entrer, je vivais un réel psychodrame, quelque chose de terrible allait se passer dans cette grotte ! Je retourne donc à l’hôtel, … on ira voir Marie après… après avoir préparé un dernier joint que je laissais à l’hôtel pour le soir. En fin d’après-midi, je me rends dans le sanctuaire, mon bout de shit toujours en poche, direction la grotte, tout tremblant. Je n’ai pas osé aller à la grotte tout de suite, je suis resté assis sur un des bancs en face, et là, oh misère…

Mais qu’est-ce qui est capable de fabriquer autant de larmes dans un corps humain ? J’ai tout vu : Marie m’a montré avec tendresse mais vérité mon propre état, l’état de mon âme, mon état par rapport à mes enfants, à ma famille, à mes proches, et malgré ma misère, oh bon Dieu combien elle m’aimait, et combien j’étais important pour son Fils, et pour le Père Tout Puissant, Créateur du ciel et de la terre, moi le misérable cloporte alcoolique et drogué, perdu au milieu de ces milliers de pélerins, j’étais un élément capital dans le monde tel que voulut par Dieu, et il m’aimait, moi, au point de donner sa vie pour me sauver, moi ! Transpercé par l’Amour, il n’y avait pas de larmes, il y avait qu’un seul flot continu qui ruisselait sur mes joues, en silence. Je me suis levé, je suis allé vers la grotte, je cherchais un endroit pour mettre discrètement mon bout de hash, mais emporté par le mouvement, je me retrouvais bientôt hors de la grotte, mon bout toujours en main. En dernier recours, je l’ai mis dans l’herbe au dessus d’un rocher, au sortir de la grotte.

Le soir, après la messe, je me suis assis au bord du fleuve, dans l’enceinte du sanctuaire, et j’ai fumé le dernier joint que j’avais préparé durant l’après-midi, sans rancune non plus, mais la peur au ventre, une angoisse que l’effet du THC faisait bientôt s’envoler.

Le lendemain, panique totale… je ne pouvais pas encore imaginer vivre sans drogue. Je me suis rendu à la grotte, et j’ai tôt fait de repérer et de reprendre mon bout dans l’herbe, au sortir de la grotte, toujours à ma portée. Poussé par un élan salvateur et déterminé, je suis retourné faire la file pour passer une seconde fois dans la grotte, et là, au fond de la caverne, j’ai vu les fleurs derrière une barrière, vers la source. J’ai trouvé les mots qu’il fallait pour abandonner définitivement cette cochonnerie et j’ai dit : « Tu vois Marie, les autres t’offrent des fleurs, moi je n’ai que ma misère à t’offrir, tiens, je te donne cette drogue. Et…, on est d’accord hein ?, donner c’est donner, reprendre c’est voler, je ne suis pas un voleur, alors aide moi à ne pas le devenir ! » Et j’ai lancé mon bout au milieu des fleurs, hors de ma portée, c’était fini.

C’était fini dans les actes, mais pas encore dans ma tête, j’étais toujours sous le coup de la panique, une frousse d’enfer, une angoisse terrible : « Comment je vais faire ce soir ? Et demain ? Et après-demain ??? ». J’étais comme nu, mon esprit n’avait plus rien pour se protéger, plus rien pour s’anésthésier, plus rien pour se distraire, j’étais toujours malade, et très malade !

Malgré tout, je pouvais encore m’accrocher à un espoir, un sacrement que j’allais recevoir le soir même, celui des malades, et il faut dire qu’il tombait à pic, vu ma situation. J’ai prié toute l’après-midi pour recevoir avec sérieux et gravité ce sacrement, pour qu’avec son aide, je puisse surmonter ma peur et ma nudité. En quittant l’hôtel pour rejoindre la basilique le soir, Daniel m’a fait porter le cierge des Pélerins de l’Eau Vive, et sur celui-ci, je voyais écrit « Jésus Sauveur, guéri moi de la drogue »… Compte tenu de ma situation, je ne pensais plus du tout à l’alcool qui était devenu une sorte de mauvais plaisantin à côté de l’ogre drogue.

Durant la cérémonie, sans pouvoir décrire tout ce qui se passait dans ma tête, je ne peux que dire que j’ai demandé, demandé, demandé, hurlé et supplié, et lorsque j’ai reçu l’onction, une IMMENSE paix m’a envahit, et tout au fond de moi, j’ai compris que c’était gagné, que j’étais guéri. De retour sur mon banc, je riais de moi-même et de tous mes vains efforts : « Mais quel con et quel entêté je peux faire ! Je veux tout contrôler, je veux vaincre, je veux être le plus fort, et j’ai tout foiré parce que je suis si faible. C’est Jésus qui gagne, qui vainc et qui est le plus fort, il suffisait juste que je mette mon cœur à sa disposition pour qu’il puisse agir, et efficacement ! Lui, il ne se contente pas de petites batailles, il s’attaque à la guerre, et il balaye l’adversaire dans un seul souffle ! Combien de temps j’ai perdu en luttes personnelle et en tracasserie inutiles ? »

En fait, j’ai perdu du temps mais je ne l’ai pas perdu inutilement. Il fallait que je comprenne que moi-même, je ne peux rien, il fallait que je me fasse humble et misérable pour que le Seigneur puisse agir, il fallait que j’aille jusqu’au bout de mon orgueil pour qu’il n’en reste rien, et que Jésus puisse se battre à ma place. A la fin de la cérémonie, Françoise m’a donné un panier avec plein de petits mots à distribuer à la sortie. Je les ai tous distribué sauf le dernier, que j’ai gardé pour moi, et j’ai lu, il disait : « C’est moi qui te guéri ! »…, merci pour la confirmation, c’est ce que j’avais cru comprendre ! Cela dit, je suis reparti de cette basilique gonflé à bloc. Pas fier de moi, mais super content de constater que le miracle avait bel et bien eu lieu. Et cela faisait très longtemps que je ne m’étais pas senti aussi bien, aussi clair, aussi sûr de moi et de l’Amour que Dieu me porte, c’était un grand moment de grâce, comme l’ont peut-être vécu les paralytiques et autres éclopés que Jésus a guéri en personne lorsqu’il pérégrinait en Palestine. D’un côté il y a l’étonnement de la guérison, et d’un autre côté il y a cette proximité du Seigneur, ce sentiment inouï que ce n’est ni un toubib, ni un marabout, ni un rebouteux qui s’est penché sur moi, mais Dieu Lui-même avec tout son Amour. C’est une sacrée expérience.

Le lendemain à midi, mon petit frère m’a téléphoné pour me dire : « David, t’es où, il faut qu’on se voit ». Je lui ai répondu que j’étais à Lourdes et il m’a dit qu’il me téléphonait justement pour ça, parce qu’après lui avoir dit que j’arrêtais tout à Lourdes, ça lui avait donné du courage pour arrêter la drogue, et qu’il venait de tout lancer dans les toilettes… Comme quoi, avant même ma guérison, Dieu m’avait déjà utilisé pour en sauver un autre !

Durant ce pèlerinage, il y a encore eu un autre sauvetage, plus mystique. Avant de commencer le chemin du Jubilé des 150 ans des apparitions, chemin pour lequel le Saint Père a garanti une indulgence plénière, je me suis demandé pour quelle âme du purgatoire je voulais offrir cette indulgence, et un nom a jaillit spontanément dans ma tête : « Philippe G. ». Et puis je me suis dis : « non, c’était pas un ami proche, il n’était pas de ma famille, faut que je trouve un ancêtre qui pourrait avoir besoin de cette indulgence pour passer au ciel ». J’ai réfléchi et rien n’y a fait, il n’y avait que le nom de Philippe G. qui me tambourinait à l’esprit. J’ai dis à ma femme « Tu devineras jamais qui je vais envoyer au Paradis avec cette indulgence ? », et elle me répond : « Philippe G. ! ». Incroyable, ma femme ne le connaît pas et ne l’a jamais vu, elle m’a entendu parler de lui il y a 3 ans et plus, avant sa mort. Je lui ai demandé comment il se faisait qu’elle m’avait répondu ça, et elle m’a dit qu’elle ne savait pas, qu’elle avait pensé à lui, même sans le connaître. Philippe ne croyait pas vraiment en Dieu, il vivait avec des femmes au gré du vent, mais au fond, c’était un bon type. Il avait toujours assez de drogue et lorsqu’on en avait plus, il nous en donnait gracieusement sans compter. Il m’avait invité à faire un tour sur son voilier en Sicile, et j’avais passé quelques soirées dans son chalet, c’était un bon vivant, qui ne se souciait pas trop de la notion de péché, mais qui ne faisait pas le mal pour faire le mal. Il est mort seul d’un cancer du poumon, et à ce que je sache, aucun de ses amis drogués n’ont été à son enterrement, moi y compris. Ça faisait très longtemps que je n’avais même plus pensé à lui, ce n’était qu’un pote sympa qui a disparût un beau jour, sans plus.
J’ai alors fait ce chemin du jubilé avec le plus grand sérieux pour lui, rajoutant tout un tas de prières que le Saint Père n’avait même pas prescrit pour l’indulgence. A la fin du chemin, je savais que Philippe était au Paradis, parce que « tout ce que Pierre liera sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce qu’il déliera sur la terre sera délié dans les cieux ». Je suis un peu comme ça, j’ai la foi du charbonnier, je ne me pose pas 36 questions. Le successeur de Pierre a promis l’indulgence plénière, et Philippe est monté au Paradis un point c’est tout. Depuis ce moment, j’ai su que dorénavant, je pouvais compter sur Philippe et ses prières pour moi, dans la communion des Saints ! Il me donnait gratuitement de la drogue de son vivant, il m’aidera à m’en passer maintenant qu’il est mort, merci Philippe.

Pour ne pas paraître gonflé en disant qu’au milieu de tous ces pélerins, j’ai senti que Dieu m’aimait moi personnellement d’un Amour indéfectible, j’ai encore perçu cela lors de la grande procession aux flambeaux du samedi soir. Il y avait tellement de monde, des dizaines de milliers de personnes, et je voyais cette foule comme une grande masse. Et puis j’ai compris que Dieu, Marie et toute la coure céleste ne voyaient pas cette procession comme une masse, ils voyaient dans le cœur de chacun, aimaient chacun personnellement et intimement. C’était magnifique de comprendre que Dieu est si grand qu’il puisse aimer individuellement chacun, qu’il aurait donné sa vie autant de fois qu’il y avait de pécheurs s’il avait fallu les sauver de cette manière, que son Amour n’a vraiment aucune limite, ni dans le temps, ni dans la masse, chaque cœur est si précieux pour lui.

Une dernière crainte m’a néanmoins effleuré dans le car, lors du voyage de retour. Je me disais : « Bon, là c’était facile, on était en pèlerinage, prit dans le mouvement, tout s’est bien passé, mais maintenant, je retourne dans la vie réelle, ça va être compliqué, comment je vais faire ? ». A peine m’étais-je laissé emporter par le doute et la peur, que quelqu’un distribue des paroles, ces espèces de pains, et je lis : « N’ait pas peur, je suis toujours avec toi »… ça m’a fait rire, et la crainte m’a quitté. La dernière arme de Satan, après celle du désespoir, n’était-ce pas ça ? – La peur ? Eh bien si c’était ça, elle a été balayée à peine m’étais-je laissé perturbé par cette crainte.

Depuis ce retour, je mentirais si je disais que c’est facile. Le Seigneur me fait la grâce de ne pas me laisser choir dans la tentation, et je reviens de beaucoup trop loin pour avoir envie d’y retourner. Je sais que je suis guéri et n’ai aucun doute là-dessus, même si le corps et l’esprit se retrouvent parfois un peu désemparés. Mais pas de quoi fouetter un chat ni avoir peur, les deux premières semaines sont passées, c’était sans doute les plus dures, et tout est entré dans l’ordre à l’heure où j’écris.

Mon médecin est stupéfait de mon assurance, mais il m’a avoué qu’après tout ce que nous avons essayé ensemble, il pensait que ça pouvait marcher, que mon rapport à Dieu était peut-être l’ultime solution. Il m’a proposé des calmants, mais il est hors de question que je remplace la drogue et l’alcool par autre chose que le refuge en le Seigneur.

Mes amis sont dubitatifs, certains considèrent la chose comme relevant de l’impossible compte tenu de ma consommation par rapport à la leur, et pour vous donner la mesure de l’énormité de mon état, je dirais que mon petit frère consommait 6 grammes de shit par mois tandis que j’en consommais 60… soit deux grammes par jour. Moi-même, je ne connais franchement personne capable de fumer autant en buvant une moyenne de 3 à 4 bouteilles de vin pas jour. Je dépensais 600 francs par mois pour l’alcool et 500 francs pour la drogue, donc plus de mille francs par mois soustraits à ma famille (900 euros environs pour nos amis français). Ces dix dernières années, j’ai donc perdu plus de 100'000 francs pour satisfaire mes dépendances, et ma foi, au lieu de me perdre en regrets, je vois plutôt ce que je vais gagner en plus à l’avenir…
Aujourd’hui je peux dire : J’étais perdu et Jésus m’a retrouvé ; j’étais mort et il m’a ressuscité !
Merci Jésus Sauveur, merci Notre Dame de Lourdes, merci Notre Dame des missions impossibles, merci les pélerins de l’Eau Vive.

Le 28 juin 2008

Note du 15 septembre 2008 : J’ai surmonté mes deux plus grosses craintes : Mes vacances dans le pays de ma femme en Hongrie, où tout le monde boit… beaucoup (bien plus que les Valaisans), et j’étais très angoissé de cette période, mais le Seigneur m’a fait la grâce de surmonter cette épreuve en étant sincère avec les personnes de sa famille et ses amis. Lorsque les gens voulaient me servir, je répondais simplement que j’avais trop abusé de la boisson par le passé et que je ne buvais plus. Personne n’a insisté ou n’a fait de remarque et tous ont respecté ma démarche.

Le deuxième souci, c’était la fête des 50 ans de mes deux meilleurs amis : Une journée entière dans un alpage où tout le monde fume du hash à gogo de l’apéro jusqu’au bout de la nuit, … sans compter la boisson. Ça n’a pas été facile à gérer, puisqu’à partir d’un certain moment, je me retrouvais le seul sobre de la fête, et je n’étais plus du tout sur la même longueur d’onde que les autres participants, qui tenaient des propos incohérents, inventant même de nouveaux mots que je ne connaissais pas… ! Bref, ça m’a fait du bien de voir ça, parce que j’ai vu comment j’étais moi-même peu de temps auparavant. Vers dix heures du soir, lorsque j’étais sûr que mon absence passerait inaperçue tant les fêtards étaient ivres et camés, je suis parti, pas nostalgique pour un sou, mais plutôt content de pouvoir rouler sans la crainte de la police (qui vire à la paranoïa lorsqu’on a fumé), et fier de ce que j’étais entrain de devenir : juste un type responsable.
Ça fait donc trois mois que je suis totalement sobre, et je peux dire aussi que j’ai redécouvert ma famille, renoué la complicité avec mes enfants, que je suis redevenu un réel soutien pour ma femme, bref, que je suis entrain d’être à nouveau un vrai mari et un vrai père.

Bilan au 23 janvier 2009 : Près de 8 mois après ce miracle de Lourdes, j’ai réglé mes dettes, mes impôts sont à jour, je n’ai plus de problème d’argent comme auparavant, je suis très satisfait de ma vie, et ma femme aussi. Avant Lourdes, on s’était plus ou moins mis d’accord que si je n’arrivais pas à m’en sortir, le mieux pour le bien-être et l’équilibre de la famille et des enfants serait que je m’éloigne du foyer, comme une séparation…, pour leur bien. Pas une vraie séparation, car nous continuions à nous aimer, mais juste un éloignement tant que je n’aurais pas réglé mes problèmes, histoire d’éviter un trop mauvais exemple pour eux.
La situation a tellement changé qu’en septembre, ma femme est tombée enceinte de notre 4ème enfant. Elle a compris que Jésus m’a vraiment guéri pour de bon, elle a confiance, et je ne trahirais plus cette confiance que j’ai tant trahit par le passé. Le petit nouveau fera son arrivée dans la famille vers le début juin, c’est le cadeau que nous offre en bonus le bon Dieu pour fêter le 1er anniversaire du miracle de Lourdes…

     

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