On peut être critique sans être un anti-ratzingérien primaire par Scrutator Sapientiæ 2023-01-29 08:48:00 |
|
Imprimer |
Bonjour et merci, pacem tuam da nobis, Domine.
D'une part, vous avez raison, il m'arrive d'avoir "des propos suspicieux, abstraits, (et/ou) dépourvus de toute référence", ou il m'arrive de donner l'impression de le faire, et cela m'a déjà joué des tours, dans une vie antérieure, quand il s'est agi pour moi de vanter les mérites de quatre auteurs qui comptent beaucoup pour moi : Montesquieu, Tocqueville, Arendt, Aron, tout en critiquant deux d'entre eux (Montesquieu et Arendt) par ailleurs.
Mais on peut très bien être un critique de Benoît XVI sans être un anti-ratzingérien primaire, d'autant plus que, personnellement, je dois beaucoup au pape qui m'adonné l'idée de commencer ou de continuer davantage à me tourner vers saint Augustin et vers certains auteurs augustiniens chers à son coeur et, du coup, au mien, pour des raisons doctrinales mais aussi spirituelles.
D'autre part, j'aggrave mon cas, ou j'alourdis mon dossier, dans le domaine de l'anti-ratzingérisme paradoxal, le plus argumenté et le moins intransigeant possible, en faisant remarquer que c'est le même clerc, Joseph Ratzinger / Benoît XVI, qui, dans les années 1980, a dit NON à la suggestion de Mgr Lefebvre en faveur d'une lecture et d'une réception du Concile a la lumière de la Tradition (ou à celle du Magistère antérieur), puis qui, en 2005, s'est lancé dans la promotion d'une herméneutique du renouveau dans la continuité qui, si les mots ont un sens, ne peut que déboucher sur une interprétation du Concile à la lumière de ce qui l'a précédé, notamment dans le Magistère de l'Eglise catholique.
De même, c'est également Joseph Ratzinger / Benoît XVI qui s'est opposé, avec une énergie et une fermeté peut-être pas insignifiantes, mais sûrement pas déterminantes, à l'esprit d'Assise, en 1986, mais qui semble vraiment n'avoir pas particulièrement chercher à s'opposer à la poursuite du déploiement de cet esprit, de fin 1986 à début 2013.
En outre, je vous rappelle que la distinction ratzingerienne entre le bon Concile, ou le véritable esprit du Concile, et le mauvais après-Concile, ou l'anti esprit du Concile, n'a pas beaucoup de sens au regard du déroulement de l'avant-Concile, de celui du Concile et de celui de l'après-Concile, et au regard de l'identité et des orientations des clercs qui ont été les plus influents, avant, pendant et après Vatican II.
Enfin, je vous rappelle le caractère aussi nostalgique que pathétique du discours de Benoît XVI devant, sauf erreur, les séminaristes du diocèse de Rome, après l'annonce de sa démission, en février 2013.
C'est surtout là que j'ai compris que Benoît XVI préférerait toujours un mensonge qui arrange : la distinction entre le Concile des médias et le Concile des Pères, à la vérité qui dérange, sur la très grande part de responsabilité de certains experts et de certains Pères du Concile, non journalistes mais présents et actifs, à Rome, dans l'échec du Concile et la faillite de l'après-Concile.
Bon dimanche.
Scrutator.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|