Merci, Luc, de ne pas avoir gardé un trop mauvais souvenir.
Je commente seulement votre dernière phrase, car la guerre en Ukraine me plonge dans la perplexité: "Le néo-catholicisme californien qui anime la Curie de nos jours finira en Ukraine de Zelensky : un champ de ruines."
"L'Ukraine est un pays qui veut s'occidentaliser et n'est pas fait pour ça", disais-je à mon neveu en lui demandant ce que sa compagne russe pensait de cette guerre. "Le plus grand mal, me répondit-il. Et pour l'occidentalisation de l'Ukraine, tu oublies que Pierre le Grand a bâti le césarisme de la Russie moderne en se calquant sur le Versailles de Louis XIV et en fondant saint-Petersbourg sur le modèle du Paris de l'époque. Ça n'a finalement pas si mal réussi." Certes, mais la France d'alors avait une âme, l'Occident d'aujourd'hui n'en a plus guère. Le même me dit un jour qu'il fallait pardonner à l'islam son retard sur la civilisation chrétienne,car il n'avait que quatorze-cents ans et en est à son Moyen-Âge. Certes, mais l'histoire s'est accélérée entre temps et le monde a évolué. Du moins une pensée progressiste du monde est enclin à croire qu'avec le progrès technique, la mentalité médiévale devrait s'être émoussée. Il faut croire que le progressisme a tort.
Je disais aussi, cette fois-ci à mon frère, juste après les premiers assauts de Poutine: "L'Ukraine veut s'occidentaliser, la belle affaire! Regarde-nous, les Alsaciens. Personne ne peut être plus content que moi que l'Alsace soit toujours revenue dans le giron de la France, car je suis francophone un peu germanophobe, je dois lutter contre ma germanophobie résiduelle. Il n'empêche que nous serons toujours des Allemands, ne m'en déplaise." Mon frère fut suffoqué par ma remarque.
Quant à ma germanophobie, je revois mon père me dire: "Je regrette que Monique (sa défunte soeur et ma vénérée tante) passe la plupart de ses dimanches en Allemagne." "Mais en quoi ça te regarde et en quoi ça te gêne?", m'étonnais-je. "Quand on vient de là où on vient, il y a des choses qu'on ne peut pas faire", se justifia-t-il. Et d'où l'on vient, c'est que mon arrière-grand-père, Joseph Schultz, qui n'était même pas francophone, mais chantait "Catholique et Français", avait écrit sur la plaque de son restaurant, l'Aigle d'or, rue du Sauvage à Mulhouse qui ne s'est appelée ainsi qu'en référence à son ancien nom sous le troisième Reich où la rue principale était dédiée au Fuhrer, mais nous sommes au début de la guerre de 14 et mon arrière-grand-père avait dressé cet écriteau: "Interdit à tout Allemand." Ça lui valut d'être exilé pendant quatre ans et à ses filles, dont ma grand-mère, comme il leur écrivait sous de faux noms ("votre oncle Jean-Mathieu" par exemple), d'être convoquées par la police allemande qui voulait le retrouver, peut-être pour le fusiller. Et ça leur valut aussi de perdre seules leur mère qui mourut un an après l'exil de leur père.Ma grand-mère qui était très catholique et qui m'a transmis la foi, ne se défendait pas de ne pas aimer les Allemands. Quand on lui disait que l'Alsacien était une langue germanique, elle répondait que non, contre l'évidence, et que c'était un mélange entre le Français et l'Allemand.
"Quel rapport avec le ministre de l'Économie du pape", me direz-vous. Aucun. Mais ça nous parle de notre époque, comme votre remarque sur les dérives californiennes de notre Église nous rappellent les mises en garde de Léon XIII contre l'américanisme.
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