C'est contraire à la nature de la concélébration et à la loi de l'Eglise par Paterculus 2022-04-21 21:05:10 |
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Tout d'abord je fais remarquer qu'on invente une nouvelle loi, celle de l'obligation de concélébrer à la messe chrismale.
Jusqu'ici une telle obligation n'existait pas. La rubrique n°4 de l'introduction à la messe chrismale dans le missel de 2002 est claire à ce sujet. Certes, on y indique dès le début que l'évêque concélèbre cette messe avec son clergé (Haec missa, quam episcopus cum suo presbyterio concelebrat) ; mais la fin du paragraphe précise que les prêtres qui concélèbrent avec l'évêque devraient être des différentes régions du diocèse (presbyteri, qui cum episcopo concelebrant, sint e diversis regionibus dioecesis) : cette précision n'aurait aucun sens si l'on devait interpréter le début du paragraphe comme une obligation faite à tous les prêtres présents de concélébrer. De plus, il n'y a aucune obligation pour un prêtre d'être présent à la messe chrismale, même si c'est souhaitable.
(Je remarque aussi que la formulation du début du paragraphe est inhabituelle : d'ordinaire on considère, dans les textes officiels sur la concélébration, qu'il y a un seul célébrant, et un ou plusieurs concélébrants ; tandis qu'ici on semble mettre l'évêque parmi les concélébrants !)
Cela nous amène à considérer la nature de la concélébration. Elle suppose la volonté que tous les prêtres ne fassent qu'un seul acte. Ici on trouve deux théories : l'une, que j'ai découverte tout récemment, veut que tous les prêtres ne fassent qu'un seul acte tous ensemble ; l'autre, qui correspond au vocabulaire habituel de l'Eglise (un seul célébrant et des concélébrants) veut que les concélébrants ne fassent qu'un seul acte avec l'acte du célébrant.
Quoi qu'il en soit, la volonté de ne faire qu'un seul acte étant essentielle à la concélébration, la moindre réticence à l'égard de la concélébration vient vicier cette volonté de ne faire qu'un seul acte et par conséquent on doit exclure toute contrainte en ce domaine.
La réticence peut avoir des motifs divers ; elle ne devrait pas tenir à une opposition systématique à la concélébration dans son principe, mais même dans ce cas cette réticence doit être prise en compte. Mais cette réticence peut tenir à d'autres motifs parfaitement valables. Par exemple, il peut y avoir le non respect des règles liturgiques, le fait que les prêtres ne voient pas l'autel au moment de la consécration, ou même la mauvaise tenue d'une partie du clergé : IL M'EST ARRIVÉ DE VOIR DES PRÊTRES CHAHUTER DURANT UNE MESSE CHRISMALE - et ce n'étaient pas des traditionalistes ! Et puis, quoi ? On peut très bien admettre la validité de la concélébration et ne pas aimer la pratiquer.
Bref cette obligation n'est pas légale et contraire à la nature du sacrement.
J'en ai vraiment assez !
Votre dévoué Abbé Bernard Pellabeuf
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