comme c'est bizarre en effet, M. Sirvent ! par Cristo 2022-03-18 14:58:25 |
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il nous dit : "nous avons senti une forte résistance à fournir des documents transmissibles, notamment concernant les établissements musulmans, juifs et appartenant à la mouvance Steiner-Waldor"
et :
"Nous-mêmes nous avons renvoyé des demandes car nous n’avons eu accès qu’à une école musulmane. Mais il faut faire attention à ce qu’on n’instille pas dans la société un deux poids deux mesures.", c'est-à-dire qu'on inspecte plus les écoles musulmanes que catholiques.
D'ailleurs, on sent bien que les cathos-tradis sont dans le viseur de ce bidule laïcard dès qu'il s'agit des écoles hors-contrat tradies.
Cela fait rire quand l'une d'elle, relevant de la FSSPX, était classée 12° de France pour ses résultats au bac il y a 3-4 ans de cela.
Surtout, que ce monsieur enseignant du public et syndicaliste gauchiste, balaie devant sa porte face à l'effondrement de l'Education nationale.
Enfin, merci au camarade Roussel : brimer, on sait faire dans son parti mais ça on le savait déjà !
Éducation
Rémy Sirvent : "Il y a des enclaves où le droit des enfants à une éducation de qualité n’est pas garanti"
"On constate dans des écoles Montessori des problèmes de formation et des carences pédagogiques des élèves, notamment en langues ou sur le numérique. Dès lors que les enseignements sont mis en œuvre par des personnes insuffisamment formées, on prend le risque qu’il n’y ait pas d’enseignement du tout. Ou alors que seuls les élèves issus de milieux favorisés s’en accommodent."
Hans Lucas via AFP
Entretien
Propos recueillis par Hadrien Brachet
Publié le 11/03/2022 à 20:00
Le Comité national d'action laïque (Cnal) s'est penché sur les dérives des écoles privées hors contrat dans une enquête publiée le 9 mars. Entretien avec Rémy Sirvent, son secrétaire général.
À l’heure de la lutte contre le « séparatisme », les écoles hors contrat sont-elles l’angle mort des politiques éducatives ? C’est la question que pose une enquête du Comité national d'action laïque (Cnal) publiée le 9 mars. L’organisme qui regroupe notamment la Fédération des Conseils de Parents d'Élèves (FCPE) et le syndicat Unsa éducation a eu accès à 164 rapports d’inspections d’établissements hors contrat de différentes natures (confessionnels, Steiner-Waldorf, Montessori…). Bilan : de nombreuses dérives ont été relevées, allant de conditions d’accueil défaillantes à des pratiques ésotériques, en passant par de sérieuses lacunes pédagogiques. Dans certains cas, des disciplines ou des faits historiques et scientifiques se retrouvent tout simplement effacés des enseignements.
Le Cnal appelle donc à renforcer le contrôle des écoles hors contrat, qui accueillent 80 000 élèves. Le ministère de l'Éducation nationale se défend de toute inaction en mettant en avant le développement depuis 2018 d’un « cadre juridique rigoureux », permettant de « véritables contrôles a priori » et « un contrôle systématique de chacun de ces établissements dès la première année de fonctionnement ». Suffisant ? Marianne en discute avec Rémy Sirvent, secrétaire général du Cnal et secrétaire national du SE-UNSA.
Marianne : Vous dites n’avoir obtenu de l’Éducation nationale pour votre enquête que 164 rapports d'inspection au 1er décembre 2021, sur environ 1 800 établissements. Que s’est-il passé ?
Rémy Sirvent : Nous avons voulu voir à travers cette enquête si l’obligation d’instruction, l’un des grands principes de l’école républicaine, était bien respectée. Que l’on soit dans le public, le privé ou dans le cadre de l’instruction en famille, les élèves doivent atteindre les objectifs du socle commun et partager les valeurs de la République.
Nous n’avons pas voulu avoir ces rapports sous le manteau. Nous avons fait une demande à chaque inspection académique des derniers rapports en date des établissements. En cas de réponse négative, nous avons saisi la CADA [Commission d'accès aux documents administratifs]. Malgré des avis positifs de transmission de la CADA, nous avons senti une forte résistance à fournir des documents transmissibles, notamment concernant les établissements musulmans, juifs et appartenant à la mouvance Steiner-Waldorf. Nous ne demandions pourtant pas des plans de sous-marins nucléaires !
Comment l’expliquez-vous, alors même que le gouvernement a renforcé le contrôle de l’instruction à domicile et fait de la lutte contre le « séparatisme » l’une de ses priorités ?
C’est une anomalie. Ce manque de transparence ne va pas de soi, d’autant qu’il concerne un certain nombre d’enfants dont on peut craindre qu’ils soient placés en situation de sous-enseignement. On accepte aujourd’hui qu’il y ait des enclaves dans notre territoire scolaire où les enseignements se fondent sur des idées qui vont à l’encontre de la République, des enclaves où le droit des enfants à une éducation de qualité n’est pas garanti.
Précisément, votre enquête souligne que « les rapports des inspections effectuées dans les établissements d’enseignement privé hors contrat pointent d’importantes dérives, tant sur les conditions de la scolarité des enfants et des adolescents que sur les contenus d’enseignement et leur mise en œuvre pédagogique ». Parmi les rapports que vous avez consultés, quelle proportion des établissements est concernée ? Et concrètement à quoi ressemblent ces dérives ?
Nous avons trouvé sur les 164 établissements moins de dix rapports qui sont bons. Il y a ensuite un gros ventre mou, ni bon ni mauvais. Et la moitié des établissements dysfonctionne. Dans certains, ce sont les conditions d’accueil des enfants, notamment dans les internats, et leur santé psychologique qui posent problème. Des inspections ont fait fermer des établissements pour qu’ils effectuent des travaux, notamment l’un dans les Vosges où il faisait 12 degrés dans l’internat, qui était par ailleurs dégoûtant.
« Certaines écoles qui se veulent proches de la nature n’ont ni ordinateurs ni centres de documentations avec des revues pour que les élèves puissent découvrir un ailleurs. On observe des phénomènes d’enfermement. »
Mais il y a un autre type de dysfonctionnement. Alors qu’ils s’engagent à respecter l’obligation d’instruction, des établissements mettent des pans entiers de l’enseignement obligatoire de côté. Par exemple, les valeurs de la République ne sont pas enseignées. Dans certaines écoles, il n’y a tout simplement pas d’éducation physique et sportive (EPS) ou alors avec des pratiques différenciées pour les filles et les garçons. Il y a aussi des lacunes sur les langues vivantes étrangères ou le numérique. Certaines écoles qui se veulent proches de la nature n’ont ni ordinateurs ni centres de documentations avec des revues pour que les élèves puissent découvrir un ailleurs. On observe des phénomènes d’enfermement.
L’actualité de ces derniers mois s’est penchée sur les risques de séparatisme islamiste et d’écoles tenues par des promoteurs de l’islam radical. Mais votre rapport pointe de nombreuses dérives dans des établissements catholiques hors contrat ou des écoles adeptes de pédagogies alternatives (Steiner ou Montessori). A-t-on oublié de se pencher sur ces établissements ?
Si le ministère s’est penché sur les dérives liées à des écoles hors contrat musulmanes, il a eu raison de le faire. Nous-mêmes nous avons renvoyé des demandes car nous n’avons eu accès qu’à une école musulmane. Mais il faut faire attention à ce qu’on n’instille pas dans la société un deux poids deux mesures.
Nous avons trouvé des dérives inacceptables dans des écoles catholiques, par exemple une vision du monde en « races » dans des cours de géographie ou le passage sous silence du rôle de Vichy dans l’extermination des juifs.
Quelles dérives avez-vous constatées dans les rapports des établissements Montessori, dont Jean-Michel Blanquer vantait pourtant l’« esprit » à une époque ?
Enseigner, ça s’apprend. On constate dans des écoles Montessori des problèmes de formation et des carences pédagogiques des élèves, notamment en langues ou sur le numérique. Dès lors que les enseignements sont mis en œuvre par des personnes insuffisamment formées, on prend le risque qu’il n’y ait pas d’enseignement du tout. Ou alors que seuls les élèves issus de milieux favorisés s’en accommodent.
Comment mieux encadrer ces établissements ? Le ministère met en avant l’adoption d’un « cadre juridique rigoureux » pour mieux contrôler ces écoles, y compris avant même leur ouverture.
Au regard de ce qu’on a pu découvrir dans l'enquête, on ne comprend pas pourquoi les établissements privés hors contrat bénéficient d’une largesse qui fait qu’ils peuvent s'ouvrir sur déclaration. Il y a des contrôles a priori sur la structure administrative des établissements, sur les personnes mais pas réellement sur le projet pédagogique.
Nous préconisons une ouverture sur autorisation qui se fonderait sur la transmission du projet pédagogique de l'établissement. Aujourd’hui, les pouvoirs publics, en n'exigeant pas systématiquement ces informations, se privent de connaître la pédagogie, la spiritualité, la religion qui vont guider ces enseignements ainsi que les ressources humaines et matérielles.
Vous alertez également sur le financement de ces établissements.
Le financement d’établissements confessionnels par des fondations qui bénéficient de réductions fiscales est une entorse à la loi de 1905. Cela revient à un financement indirect du culte. Cette situation doit être étudiée de près. On doit mettre de la lumière sur le système des fondations en cascade. Il y a une opacité complète à laquelle il faut mettre un terme.
Fabien Roussel propose de fermer les écoles hors contrat. Le Cnal réaffirme, lui, son attachement à la liberté d’enseignement. Pourquoi ?
La liberté d’enseignement est une liberté fondamentale, inscrite dans la Constitution. Mais dedans, il y a deux éléments : la liberté et l'enseignement. Nous ne voudrions pas que cette liberté aboutisse à ce que les enfants échappent à l’enseignement. Nous demandons à ce que dès que les enfants ne sont pas respectés pour leurs droits, notamment lorsque des enseignements manquent, le préfet ordonne leur scolarisation ailleurs.
Par Hadrien Brachet
https://www.marianne.net/societe/education/remy-sirvent-il-y-a-des-enclaves-ou-le-droit-des-enfants-a-une-education-de-qualite-nest-pas-garanti
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