Pour ma part par Meneau 2022-03-14 11:02:10 |
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Excusez-moi, je vais être un peu long et personnel, mais j'essayerai d'en tirer quelques conclusions à la fin.
J'ai moi-même été en pension de la 6ème à la Terminale à l'école St Michel (FSSPX). Mes parents seraient plus à même d'en expliquer le choix, mais je pense que cela tient essentiellement à une saine éducation catholique, non seulement concernant le cursus scolaire, mais également concernant les valeurs inculquées en dehors des cours et dans le cadre de la vie en communauté. Et je leur suis reconnaissant aujourd'hui de m'avoir donné ce socle très stable de connaissances et surtout d'équilibre de vie catholique. Au début j'ai eu un peu de mal (je débarquais à 9 ans en milieu inconnu, sortant à peine des jupes de ma mère), mais l'attention de certains professeurs (en particulier la Soeur Georges - paix à son âme) ainsi que l'intégration dans la schola de l'abbé Laguérie m'ont beaucoup aidé.
Je n'en garde que des bons souvenirs. Passons donc à la génération suivante.
Lorsque ma femme a commencé à être très malade, elle s'est intéressé au pensionnat de la FSSPX en Allemagne pour mes deux filles. Puis le sujet est passé en arrière-plan devant des préoccupations plus terre-à-terre et plus tristes. Après le décès de mon épouse, j'ai pensé que ce n'était pas le bon moment pour déraciner mes filles déjà éprouvées psychologiquement. Elles ont donc été scolarisées à proximité de notre dominicle.
A l'occasion d'une visite chez mon frère, mon aînée a beaucoup discuté avec sa cousine (comme quoi l'exemple de la famille a aussi une part importante), elle-même en pension en France, et c'est donc de mon aînée qu'est venue l'idée, et même la demande, de se renseigner à nouveau sur le pensionnat. La cadette, victime de harcèlement (léger) dans son école laïque, était prête à suivre.
Un premier week-end sur place nous a permis de nous faire une idée. Puis une "semaine de test", avec intégration dans les cours et dans toute la vie scolaire leur a donné une bonne vue d'ensemble. Les deux premiers jours ont été difficile, car elles n'ont pas été tout de suite intégrées aux "clans" déjà formés. Mais après une semaine, elles ne voulaient plus partir.
Banco. A la rentrée suivante, elles sont donc parties toutes les deux à l'internat. (Le trousseau pour 2 filles, c'est pas donné ! Et je passe sur les coûts de scolarité)
Comme elles avaient déjà une expérience du public, elles étaient à même de juger des différences et des avantages / inconvénients. J'ai à l'époque entendu mon aînée régulièrement décréter que c'était "la meilleure décision de sa vie". Cependant, certaines difficultés subsistaient en arrière-plan, en particulier le fait que les autres élèves se connaissaient déjà depuis le début du collège, et qu'elles étaient déjà très soudées, et que l'intégration de "nouvelles" n'était pas forcément gagnée d'avance. Et puis le fait que, pour s'intégrer vraiment dans une telle école, il faut être capable de rentrer dans le moule sans devenir schizophrène.
Et puis tout a basculé lors du confinement des débuts du COVID. Je passe sur les détails dépressifs de l'une ou de l'autre, mais il devint ensuite toujours plus difficile de les convaincre d'y retourner. Et puis l'école elle-même s'est avouée incapable à gérer ces problèmes psychologiques. L'une des éducatrices, à laquelle je suis grandement reconnaissant, s'est vraiment impliquée dans la gestion du problème, mais il arrive un moment où des élèves peuvent ne plus être aptes à la vie d'un internat, quelle que soit l'implication des éducatrices et professeurs.
Depuis, nous avons décidé, mes filles et moi, de les remettre à proximité dans le public. Et mon aînée se félicite également de cette décision : elle reste convaincue que la décision d'y aller était bonne, que ça lui a donné une base solide dans la Foi catholique, mais que la décision de rechanger en quittant l'internat était aussi la bonne. J'en suis convaincu également.
Mes conclusions :
- l'intérêt d'un internat catholique hors contrat est indubitable quant à la formation et la croissance dans la Foi catholique et tout ce qui s'y rattache
- l'éloignement de la famille est à considérer sérieusement et peut être mal vécue
- ce qui fait que l'internat n'est pas fait pour tout le monde ! N'en déplaise à nos chers prêtres... En particulier du fait que l'enfant ne peut jamais s'isoler de la vie commune, se retirer et avoir son espace à soi. Après les cours, on est toujours à l'internat, réglé par la cloche. Aucun espace pour soi.
- scolariser ses enfants dans un internat catholique peut être une bonne chose à un moment donné, et ne plus l'être à un autre moment. Ne pas hésiter à reconsidérer régulièrement ce choix.
- les internats catholiques (en tout cas ceux de la Frat'. Je ne sais pas pour les autres, mais j'ai du mal à me figurer qu'il puisse en être autrement ailleurs) sont élitistes. Tant du point de vue des résultats scolaires que dans la capacité à se fondre dans le moule. C'est parfois dommage.
- l'expérience de la vie en dehors de l'internat permet d'avoir un point de comparaison. Mais en même temps, cela ne facilite pas l'intégration a posteriori.
- ce genre d'école n'est pas gratuit ! Certes, il existe un mécénat, mais mieux vaut avoir quelques ressources financières...
Cordialement
Meneau
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