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L'Eglise à l'envers
par Jean Kinzler 2021-07-26 13:27:46
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L'Eglise à l'envers
Le pape François ne peut se reposer tant que tous les catholiques ne sont pas modernistes.
par GEORGES NEUMAYR
25 juillet 2021, 00:01

François a souvent comparé l'Église catholique à un « hôpital de campagne ». C'est une étrange analogie dans son cas, étant donné son penchant pour le charlatanisme et la faute professionnelle. Les patients les plus sains de son hôpital de campagne se font couper les membres tandis que les plus malades reçoivent des doses accrues d'un médicament qui ne fonctionne pas. La conception du pape de la santé dans le corps du Christ est à l'opposé de ses prédécesseurs. Ils considéraient l'absence d'orthodoxie comme un cancer dans l'Église, alors que le pape François considère la présence persistante de l'orthodoxie comme un poison.

Selon ce point de vue tordu, la crise de l'Église ne découle pas de l'hérésie moderniste mais de la réticence des catholiques à y succomber. Travaillant selon ce point de vue, il a consacré une grande partie de son pontificat à défaire le retranchement conservateur post-Vatican II des papes Jean-Paul II et Benoît XVI. En se plaignant de la réticence de l'Église à embrasser la « culture moderne », il a implicitement critiqué ces prédécesseurs. Là où ils considéraient avec inquiétude « l'esprit » libéral de Vatican II, il l'a salué.

Au début de son pontificat, il a déploré que la promesse progressive de Vatican II n'ait pas été tenue - "très peu a été fait dans ce sens" - mais qu'il avait "l'ambition de vouloir faire quelque chose".

Le pape incarne la division même qu'il prétend déplorer. Il divise les catholiques au niveau le plus profond possible – de la tradition catholique elle-même.

La récente ordonnance du pape réduisant la messe traditionnelle en latin est au cœur de cette ambition. Il ne peut se reposer tant que tous les catholiques ne se sont pas soumis à son modernisme. Dans le passé, les papes ont institué des serments contre les erreurs modernes. Ce pape s'empresse d'imposer un serment en leur faveur. En exhortant les évêques à marginaliser la messe latine traditionnelle, le pape révèle la profondeur de son mépris pour la tradition catholique et son désir de cimenter une redéfinition moderniste du catholicisme.



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Le pape Benoît XVI parlait des théologiens de Vatican II qui voulaient commencer une nouvelle religion à partir de zéro. Il les a appelés utopistes anarchiques. Il a déclaré qu'« après le Concile Vatican II, certains étaient convaincus que tout serait renouvelé, qu'une autre Église était en train de se faire, que l'Église préconciliaire était terminée et que nous en aurions une autre, totalement « autre » [Église] ». Voilà qui résume en grande partie le programme de son successeur. Son décret contre la messe latine traditionnelle est conçu pour achever l'Église préconciliaire. Il rompt tout lien entre l'Église post-Vatican II et l'Église pré-Vatican II, permettant ainsi aux modernistes de monopoliser la direction de l'Église.

Afin de sortir le catholicisme du catholicisme et de le transformer en une quasi-religion non spirituelle et politique, les modernistes ne peuvent supporter aucune concurrence de l'orthodoxie. Parce que le mouvement traditionnel de la messe latine se développait, en particulier parmi les jeunes et les jeunes prêtres, le pape a dû le tuer. Les dispositions onéreuses du décret vont d'abord ghettoïser l'ancienne messe, puis l'éteindre. L'Église, qui souffre déjà d'une crise des vocations, va perdre encore plus de vocations, car le décret dit en effet aux jeunes gens soucieux de la tradition que le prix de l'entrée dans le sacerdoce est désormais la soumission totale au modernisme du pape.

Pour une religion fondée sur la tradition, la suppression de la tradition n'a de sens que si le but est de changer fondamentalement cette religion. Par « unité », le pape entend l'acceptation universelle de ce projet. Il exige que tous les catholiques voient sans esprit critique les changements qui ont manifestement affaibli la foi. S'ils ne le font pas, ils « divisent ».

Le pape incarne bien sûr la division même qu'il prétend déplorer. Il divise les catholiques au niveau le plus profond possible – de la tradition catholique elle-même. Une « unité » enracinée dans l'hétérodoxie est une imposture. Alors que l'Église moderniste trébuche de scandale en scandale, il ose la présenter comme le modèle du catholicisme auquel tous doivent aspirer. Son dernier acte de tyrannie ecclésiastique n'est rien de plus qu'une tentative d'extraire des catholiques les plus fidèles un serment d'allégeance à cette Église en ruine.

Le spectacle d'un pape déloyal envers la tradition catholique publiant des tests de fidélité est un scandale. En faisant fi de l'autorité des papes passés, François efface la sienne. Il ne résout pas les crises mais les crée pour que sa révolution moderniste puisse être accomplie. Dans le passé, les catholiques orthodoxes ont défendu le pape contre les ennemis de la foi. Maintenant, ils doivent défendre la foi d'un pape qui s'est montré à maintes reprises comme leur ennemi.https://spectator.org/latin-mass-pope-francis-upside-down-church/

     

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