Il s'agit plutôt de non conformité au consensualisme fraternitaire. par Scrutator Sapientiæ 2021-07-17 16:35:55 |
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Bonjour Candidus,
Il me semble ce qui suit.
Le maintien en vigeur de l'idéologie du dialogue et du renouveau qui est à l'oeuvre depuis le début des années 1960 et du Concile Vatican II implique que presque rien ne s'en éloigne, ou que presque tout soit à son service, au sein et autour du catholicisme diocésain, si je puis m'exprimer en ces termes.
Le risque est donc que le défi jugé inacceptable par François
- ne soit pas l'absence ou le déficit de conformité à la liturgie officiellement prescrite par le Concile Vatican II, qui diffère assez sensiblement de celle effectivement permise par Paul VI,
mais
- soit l'absence ou le déficit de conformité au consensualisme fraternitaire, qui est l'un des noms qu'il est possible de donner à cette idéologie.
Il existe une autre manière de dire à peu près la même chose : au moyen de son motu proprio, François nous rappelle que l'idéologie qui est aux commandes de l'Eglise, depuis bientôt six décennies complètes, fonctionne à l'anti-tridentinisme pour des raisons substantielles, et non pour des raisons accidentelles.
Or il se trouve que depuis 1988, et surtout depuis 2007, on assiste, ici ou là, à un réveil du recours à la liturgie tridentine, cette liturgie étant propice à la redécouverte et à la réhabilitation de thématiques dont on ne peut pas dire qu'elles aient été sur-priorisées ou sur-valorisées par le Concile Vatican II, et surtout par l'après-Concile, non seulement dans les années 1960-1970, mais aussi dans les années 1980-1990.
Si ce qui précède n'est pas erroné, c'est peut-être en mesure d'expliquer le "coup d'autorité" du pape François, dont on peut dire qu'il agit en tant que responsable de la poursuite de la soumission des fidèles à la conception dévoyée de "l'u-n-i-t-é" que nous connaissons et subissons, toujours depuis le début des années 1960 et du Concile Vatican II.
En effet, comme chacun est en mesure de la comprendre, cette conception de l'unité n'est pas avant tout au service de l'unité dans la préservation et la propagation de la foi catholique, mais est avant tout au service de l'unité dans la prise en compte et la mise en oeuvre des quasi-dogmes suivants : l'adaptation, l'évolution, l'innovation (liturgique) et l'ouverture (pastorale).
Dans cet ordre d'idées, je trouve que le pape François est moins ambigu et plus cohérent que son prédécesseur Benoît XVI.
En effet, je suppose, peut-être à tort, que celui-ci a cru que son herméneutique du renouveau dans la continuité (et non, comme l'écrivent par erreur tant de catholiques, sa prétendue ou soi-disant "herméneutique de la continuité") permettrait d'introduire dans l'Eglise un apaisement, au contact duquel l'anti-tridentinisme deviendrait, avec les décennies, de plus en plus doux, MAIS sans que cela remette en cause le coeur nucléaire de l'idéologie du dialogue et du renouveau dont il est question ici.
A l'opposé, François semble avoir bien compris que toute perspective ou tentative de retridentinisation risque fort de finir par se traduire par une remise en cause de ce coeur nucléaire, d'où son motu proprio, brutal mais tardif, en un sens.
Bonne journée.
Scrutator.
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