je ne peux pas me prononcer sur l'intention des personnes (je laisse le jugement à Dieu). Cependant, j'aimerais apporter quelques éléments de réflexion pour sortir des sentiers battus:
1- Le régime de Vichy
Il faut reconnaître qu'il y en a qui appuyèrent le Maréchal Pétain mais qui n'endossèrent pas le nazisme. Ainsi, le vénérable Robert Schuman qui, ''en 1940, vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, mais manifeste son hostilité aux nazis, qui l'emprisonnent'' (ICI).
2- La collaboration des Juifs
Il faut reconnaître qu'il y a eu aussi la ''collaboration des Juifs'', dont on parle peu mais qui a eu cours:
''En 1980 est paru le livre Des juifs dans la collaboration, œuvre de Maurice Rajsfus, journaliste juif, devenu historien et militant, ayant survécu à la rafle du Vélodrome d'Hiver en 1942, quand il était adolescent. Ce livre traite de la participation de certains Juifs dans la collaboration et en particulier du rôle de l'Union générale des israélites de France'' (ICI).
3- Une hypocrisie au sein des alliésIl faut reconnaître qu'il existe aussi une sorte d'hypocrisie du côté des alliés. D'une part, ces derniers se présentent blancs comme neige - en stigmatisant toute forme de collaboration avec le IIIe Reich - mais ils collaborèrent d'une certaine manière avec Staline en faisant alliance avec l'URSS (ce qui est quand même grave de s'allier avec des communistes), et d'autre part, tout en se faisant les champions des droits de l'Homme, ils adoptèrent parfois des méthodes contestables, comme la bombe atomique et les camps de concentration par exemple.
Ainsi, au Canada, on y a interné - dans plus de 40 camps à travers le pays (
ICI) - non seulement des Allemands, mais aussi des Canadiens d'origine japonaise, des citoyens italiens vivants au Canada et des Canadiens d'origine italienne suspectés d'être sympathiques à la cause fasciste, des mennonites (en raison du fait qu'ils sont des objecteurs de conscience),
ainsi que... des Juifs (puisque certains sont résidents ou citoyens de pays ennemis, ils sont par conséquent considérés comme sujets d'un pays ennemi et internés dans les camps à leur arrivée au Canada) (voir le site du gouvernement canadien
ICI). L'un des plus célèbres prisonniers de ces camps d'internement fut le maire de Montréal, Camillien Houde, qui parla contre l'enrôlement pour le service militaire et qui ne cacha pas ses sympathies pour le régime de Mussolini en Italie et celui de Vichy en France, mais sans professer l'idéologie nazie (
ICI).
''En 1988, le Canada s’est officiellement excusé et a offert des indemnisations de 300 millions aux Canadiens d’origine japonaise, dont 22 000 ont été internés dans des camps pendant la Seconde Guerre mondiale'' (
ICI). En mai dernier, ''le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, présenta des excuses officielles à la Chambre des communes, le jeudi 27 mai 2021, pour l'internement de Canadiens d'origine italienne pendant la Deuxième Guerre mondiale. M. Trudeau a ainsi reconnu le tort causé aux plus de 30 000 concitoyens d’origine italienne – ainsi qu’à leur famille et descendance – déclarés ennemis de l’État par le gouvernement canadien au cours de la Deuxième Guerre mondiale'' (
ICI).
4- Différentes formes de collaborationIl semble y avoir eu différentes formes de collaboration qui ne sont pas à mettre toutes sur le même pied d'égalité. Je crois que là où la collaboration peut être qualifiée d'objectivement indéfendable c'est lorsqu'il y a adhésion à l'idéologie nazie, ou encore lorsqu'il y a participation à des actes qui portent atteinte à la vie et à la dignité d'autres personnes en fonction de leur différence (que ces personnes soient juives, noires, homosexuelles, tsiganes, etc.), ou enfin lorsqu'il y a collaboration dans la persécution contre l'Église. Je ne dis pas que les autres formes de collaboration sont sans problèmes, je dis seulement qu'il y a différents degrés et des motivations diverses.
5- Différentes formes de résistanceAinsi, les résistants qui ont, selon moi, le mieux incarnés cet idéal de la résistance ce sont ces très nombreux catholiques (des résistants spirituels comme vous dites)- clercs et laïcs - qui ont gardé la foi et qui ont préféré le martyre plutôt que de renier le Christ.
Un exemple parmi d'autres: le bienheureux Charles Lampert, prêtre catholique. Il fut soumis à des interrogatoires intensifs et à la torture. Les procès-verbaux montrent sa fermeté:
''Président Trettin : «M. Lambert, soyez raisonnable, quittez l'Église et la prêtrise. Tout ça, c'est des tours de passe-passe. Voyez les enfants pour le führer Adolf Hitler. Je vais vous trouver un bon poste!»
Lampert : « Monsieur le Commissaire, j'aime mon Église. Je reste fidèle à mon Église et aussi au sacerdoce : Je suis pour le Christ et j'aime son Église! »
Question : "Qu'est-ce que vous appréciez le plus : l'Évangile ou Mein Kampf d'Hitler?»
Lampert : «L'Évangile est la parole de Dieu et proclame l'amour. Le livre de M. Hitler est l'œuvre des hommes et prêche la haine.'' (Source)
Bref, tout ça pour dire que si la politique est quelque chose de bien et d'important, nous sommes souvent déçus par ceux qui en font. Par contre, nous ne sommes jamais déçus avec les saints de l'Église, et c'est pourquoi c'est la résistance de ces derniers que j'admire le plus. Ils ont su ne pas collaborer avec le mal (non par adhésion à une idéologie politique mais par amour pour le Christ et son Église) et même à faire du bien, dans des circonstances difficiles, et ce jusqu'au don de leur vie.