Sur le travail derrière les causes des saints... par Chicoutimi 2021-06-20 01:27:41 |
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il y a cet article de Vatican News où la Congrégation pour les Causes des Saints nous est présentée par son préfet, le cardinal Marcello Semeraro:
À la recherche des saints, les formes les plus "accomplies" de l'être humain
31/05/2021
''(...) Derrière la proclamation d'un saint se cache un scrupuleux travail collectif, qui dure des années, parfois des décennies, et nécessite l'intervention de diverses compétences, ce qui implique des coûts (le budget 2021 du dicastère est d'environ deux millions d'euros). La "fabrique des saints" est une expression qui «peut aussi être sympathique, si elle est comprise dans le sens positif, c'est-à-dire comme un lieu où l'on travaille beaucoup pour arriver à la présentation sérieuse et honnête de personnes dignes» de ce titre, note le préfet de la Congrégation, le cardinal Marcello Semeraro, qui explique le fonctionnement de la structure.
(...)
Les nouvelles normes relatives aux causes des saints, introduites en 1983, ont considérablement réduit le temps nécessaire aux processus de béatification et de canonisation. Il suffit de penser, par exemple, que dans le passé, pour commencer l'étude de la vie, des vertus ou du martyre d'un serviteur de Dieu, il fallait attendre cinquante ans après sa mort. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. La durée des causes dépend toutefois de nombreux facteurs: certains sont intrinsèques aux causes elles-mêmes (complexité de la figure des candidats, ou de la période historique dans laquelle ils ont vécu), d'autres externes (comme la volonté, la préparation et la disponibilité des personnes qui doivent y travailler : postulateurs, collaborateurs externes, témoins, etc.)
Chaque cause a ses chiffres: les témoins entendus dans la phase diocésaine peuvent être plusieurs dizaines, tout comme les autres spécialistes. Chaque procès de béatification et de canonisation a également ses propres délais: ceux des enquêtes, de l'audition des témoins, de la rédaction de la Positio (le rapport rédigé par le postulateur, ndr), de l'examen par les consultants théologiques et, selon la cause, par les consultants historiques. Puis il y a le temps des experts médicaux, quand il s'agit d'examiner un éventuel miracle de guérison.
Le tout, si ces démarches ont été positives, passe ensuite à la session ordinaire des membres de la Congrégation, c'est-à-dire des cardinaux et des évêques. Une fois tout ce processus terminé, le dernier mot revient au Pape, à l'approbation duquel le préfet de la Congrégation soumet les différentes causes. Ils sont vraiment nombreux (en ce moment, ceux qui sont en cours dans la phase romaine sont presque 1500, tandis que ceux qui sont dans la phase diocésaine sont plus de 600) et le fait même que tous ne réussissent pas démontre le sérieux des procédures. Cela ne signifie pas pour autant que ceux qui ne sont pas proposés à la vénération des fidèles n'ont pas été des figures exemplaires pour leur témoignage de vie.
(...)
Le bilan de ces cinq dernières décennies d'activité de la Congrégation est non seulement positif, mais surprenant. La rationalisation des procédures a permis d'augmenter le nombre de personnes proposées à la vénération des fidèles: elles viennent de tous les continents et appartiennent à toutes les catégories du peuple de Dieu.
Le bilan spirituel et pastoral de ces cinquante années depuis l'institution de la Congrégation pour les Causes des Saints (1969) est singulier : jusqu'en 2020, le nombre total est de 3003 béatifications et 1479 canonisations. Comme il y a normalement deux sessions ordinaires par mois et que dans chacune d'elles quatre causes sont examinées, le nombre approximatif de celles qui sont menées à terme dans une année est de 80-90.
(...)
Si le nombre de candidats est considérable, il est néanmoins important d'ajouter que le travail ne se fait pas au détriment de la précision, de la profondeur et de l'autorité.
En partant de la réputation de sainteté et des signes parmi le peuple de Dieu, l'enquête a une première phase dans le diocèse (ouverture du processus, collecte de témoignages et de documents, constitution d'un tribunal avec des experts théologiques et historiques). Une fois amenée à Rome, un rapporteur est désigné et guidera le postulateur dans la préparation du volume où les preuves recueillies dans le diocèse sont synthétisées afin de reconstituer avec certitude la vie et démontrer les vertus ou le martyre ainsi que la renommée relative de sainteté et de signes dont jouissait le Serviteur de Dieu. C'est la Positio, qui est ensuite étudiée par un groupe de théologiens et, dans le cas d'une cause ancienne (c'est-à-dire concernant un candidat qui a vécu il y a longtemps et pour lequel il n'y a pas de témoins oculaires), également par une commission d'historiens.
Si ces votes sont favorables, le dossier sera soumis à un nouveau jugement des cardinaux et évêques de la Congrégation. Si, enfin, celle-ci aussi est favorable, le Saint-Père peut autoriser la promulgation du décret sur l'héroïcité des vertus ou sur le martyre ou sur l'offrande de la vie du Serviteur de Dieu, qui devient ainsi vénérable: c'est-à-dire qu'il est reconnu comme ayant exercé à un degré "héroïque" les vertus chrétiennes (théologales: foi, espérance et charité; cardinales: prudence, justice, force et tempérance; autres: pauvreté, chasteté, obéissance, humilité, etc., ou ayant connu une vie "héroïque"), ou d'avoir subi un authentique martyre, ou d'avoir offert leur vie selon les exigences du dicastère.
La béatification est l'étape intermédiaire en vue de la canonisation. Si le candidat est déclaré martyr, il devient immédiatement bienheureux, sinon il faut qu'un miracle soit reconnu, dû à son intercession. Généralement, cet événement miraculeux est une guérison considérée comme scientifiquement inexplicable, jugée comme telle par une commission médicale composée de spécialistes, croyants et non-croyants. Les consultants théologiques se prononcent d'abord sur le miracle, puis les cardinaux et évêques de la Congrégation et le Saint-Père autorisent le décret correspondant. Pour que la canonisation ait lieu, c'est-à-dire pour qu'il soit déclaré saint, il faut attribuer au bienheureux l'intercession efficace d'un second miracle, qui a toutefois eu lieu après la béatification.
Plus qu'une "usine" qui produit des saints en flux continu, la Congrégation est donc le dicastère de la Curie romaine qui, avec des siècles d'expérience, s'est spécialisé dans la reconnaissance des saints et qui, avec beaucoup de diligence, d'habileté et de rigueur scientifique, mène à bien un processus qui vérifie si un fidèle a vécu un haut degré de sainteté, afin d'être proposé comme modèle à l'Église universelle. (...)''
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