Célébrer ou présider : l'explication par Jean-Paul PARFU 2021-06-17 18:42:51 |
|
Imprimer |
La Messe est d'abord un sacrifice propitiatoire offert à Dieu, l'unique sacrifice, mais actualisé dans l'espace et dans le temps (en raison de notre finitude) et où Dieu devient présent sacramentellement ici et maintenant.
La messe n'est pas une cène, une synaxe, un repas, un service de communion où les fidèles se tiennent chaud en faisant pieusement mémoire de ce qui s'est passé il y a deux mille ans ! Il y a une différence de nature entre le prêtre et les fidèles. Le prêtre est un prêtre sacrificateur ; il n'est pas un président d'assemblée, délégué par les fidèles, un animateur spirituel ou un travailleur social ! Il célèbre le Saint-Sacrifice de la Messe ; il ne préside pas une eucharistie !
Le prêtre célèbre donc face à Dieu, sur un autel et non face au peuple sur une table. Le prêtre peut dire la messe, avec un assistant je le précise, mais même sans la présence de fidèles !
La messe est une action liturgique ; elle n'est pas une représentation liturgique ! La messe traditionnelle, celle qui fut célébrée des origines jusqu'au au dimanche 1er janvier 1970 non inclus, est une action ; la Cène protestante est une représentation ; quant à la messe de Paul VI, on ne sait pas très bien ce qu'elle est. En fait, cela dépend de l'intention du célébrant. C'est une messe bâtarde, comme le disait Mgr Lefebvre !
Dire que la messe est une action était un blasphème pour Luther. Pour les Protestants, on ne peut pas actualiser le sacrifice. Actualiser le sacrifice, c'est le refaire et le refaire, c'est dire, selon eux, que l'unique sacrifice du Christ est insuffisant. On ne peut qu'en faire mémoire, que le représenter. La victoire a été gagnée une fois pour toute il y a 2000 et il suffit que je m'en applique les mérites par la foi pour être sauvé. Désormais, je suis sauvé si je crois.
Conséquences :
- je peux faire ce que je veux, pécher et encore pécher. Si je crois, c'est que je suis prédestiné et donc que je suis sauvé. Je suis sauvé, non par les oeuvres, mais uniquement par la foi ;
- par son unique sacrifice, Dieu rend à nouveau possible une terre promise comprise comme l'accomplissement du paradis sur la terre. Je vais pouvoir m'enrichir. Ma richesse matérielle sera même la preuve de ma prédestination ;
- l'acte du salut est relégué très loin dans le passé et la présence de Dieu est seulement spirituelle. Cette conception favorise l'agnosticisme.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|