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Mgr Viganò répond aux questions de l'abbé Barthe
par Chicoutimi 2021-06-15 13:50:11
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Dans une nouvelle entrevue accordée à M. l'abbé Claude Barthe, Mgr Viganò a fait la critique de la réforme liturgique de Vatican II.

Il y affirme, entre autre, que ''le prochain pape devra rétablir tous les livres liturgiques antérieurs à la réforme conciliaire et bannir des églises catholiques son indécente parodie''.

Il révèle également que derrière la régularisation de la FSSPX se cache quelque chose: ''il s’agit d’un piège insidieux : une fois signé un accord avec le Saint Siège, l’indépendance dont jouit la Fraternité en vertu de sa position de légalité incomplète disparaîtrait.''

Il reconnaît aussi que ''la position canonique des communautés Ecclesia Dei a toujours été en danger'' et que ''dans le domaine doctrinal un prêtre diocésain a plus de liberté de parole qu’un membre de l’un de ces instituts.''

Voici donc quelques extraits de l'entrevue, avec un lien vers l'article complet (car c'est à lire en entier).


Un article de Resnovae:

Entretien avec Mgr Viganò sur la liturgie de Vatican II

par l'abbé Claude Barthe

14/06/2021

''Mgr Carlo Maria Viganò, qui fut nonce apostolique aux États-Unis, s’est fait connaître par sa vigoureuse critique du pontificat bergoglien puis, par le développement d’une réflexion critique non moins forte du concile Vatican II. Il a bien voulu répondre à nos questions sur le thème de la liturgie nouvelle, de manière assez « décoiffante » (y compris pour nous-même, puisqu’il attaque ici un processus de « réforme de la réforme » que nous défendons). Nous sommes très heureux d’offrir à nos lecteurs cette intervention dans le but de nourrir le débat et la réflexion.

L’abbé Claude Barthe – Monseigneur, il vous est arrivé de parler d’« actions révolutionnaires » à propos de la confection de la nouvelle liturgie, après le Concile Vatican II. Pourriez-vous préciser votre pensée ?

Mgr Carlo Maria Viganò – Tout d’abord, il faut qu’il soit clair que le Concile Vatican II a été conçu comme un événement révolutionnaire en soi. Bien entendu, je ne pense pas aux bonnes intentions de ceux qui ont collaboré à l’élaboration des schémas préparatoires, mais plutôt aux novateurs qui ont rejeté ces schémas ainsi que la condamnation du communisme que le Concile aurait dû prononcer, comme souhaité par la plus grande partie de l’épiscopat mondial. Or, si Vatican II a été un acte révolutionnaire que ce soit par la manière dont il a été conduit ou par les documents qu’il a promulgués, il est logique et licite de penser que même sa liturgie souffre de cette approche idéologique, notamment en gardant à l’esprit qu’elle constitue le principal moyen de catéchisation des fidèles et du clergé. Ce n’est pas par hasard que Luther et les autres hérétiques protestants et anglicans se sont attaqués à la liturgie comme le meilleur moyen de diffuser leurs erreurs parmi les fidèles.

Cela étant, nous trouvons également la confirmation de nos légitimes soupçons en examinant ceux qui ont été les artisans de cette liturgie: des prélats souvent soupçonnés d’appartenir à la maçonnerie, des progressistes notoires qui avec le Mouvement liturgique des années 20 et 30 avaient déjà commencé à insinuer des idées plus que discutables et à diffuser des pratiques influencées par l’archéologisme, qui a été condamné plus tard par Pie XII dans l’encyclique Mediator Dei. L’autel versus populum n’a pas été une invention de Vatican II mais des liturgistes qui l’ont rendu presque obligatoire au Concile, après l’avoir introduit des décennies plus tôt comme dérogation sous prétexte d’un retour présumé à l’Antiquité. Il en va de même pour la chasuble dite «gothique» sous les formes antérieures au Concile, notamment en France, qui est devenue cette espèce de poncho qui nous a été vendu après le Concile comme une reprise de la forme originale et qui est un faux historique outre que liturgique. Par ces exemples je veux montrer que bien avant Vatican II il y avait des forces révolutionnaires infiltrées dans l’Église, prêtes à rendre définitives ces innovations introduites ad experimentum et pourtant devenues habituelles, notamment dans les pays historiquement moins enclins à s’adapter à la romanitas.

Après avoir compris que la liturgie est l’expression d’une approche doctrinale spécifique – qui est devenue également idéologique avec le Novus Ordo – et que les liturgistes qui ont conçu cette approche en étaient imprégnés, nous devons analyser le corpus liturgicum conciliaire pour trouver la confirmation de son caractère révolutionnaire. Au-delà des textes et des rubriques des cérémonies, ce qui rend clairement révolutionnaire le rite réformé est le fait qu’il a été rendu malléable en fonction du célébrant et de la communauté sur la base d’une adaptabilité complètement inconnue de la mens liturgique romaine. Le caractère arbitraire des innovations fait partie intégrante de la liturgie réformée, dont les livres – à commencer par le Missale Romanum de Paul VI – sont conçus comme un brouillon, un canevas à la merci des acteurs plus ou moins talentueux à la recherche de l’approbation du public. Les applaudissements des fidèles, bien qu’introduits abusivement justement avec le Novus Ordo, constituent l’expression d’un consensus qui est un élément essentiel du rite qui s’est fait spectacle. Par ailleurs, dans les sociétés antiques le théâtre a toujours eu une connotation liturgique et il est significatif que l’Église conciliaire ait voulu exhumer cette vision païenne en l’inversant, c’est-à-dire en conférant une connotation théâtrale au rite liturgique.

Quiconque pense que l’Editio typica en langue latine correspond bien au rite qui aurait dû être célébré après le Concile pèche par ingénuité outre que par ignorance : dans ce livre liturgique rien n’a été conçu pour être vraiment destiné à l’utilisation quotidienne des prêtres, à commencer par la pitoyable mise en page, clairement négligée justement, dans l’idée que pratiquement personne n’aurait jamais célébré le Novus Ordo en latin. Les cérémonies papales dans lesquelles a été utilisé le Missale Romanum de Paul VI elles-mêmes dérogeaient aux rubriques en introduisant des lectures en langue vernaculaire, des cérémonies non prévues, des fonctions réservées aux clercs exercées par des laïcs, voire des femmes. À mon avis, ces éléments confirment l’âme révolutionnaire du Concile et du rite qui s’en inspire.

La réforme liturgique, qui a commencé en 1964 et a produit un nouveau missel en 1969, peut paraître plus radicale que n’était son programme, la Constitution Sacrosanctum Concilium. Pensez-vous que le Consilium de Mgr Bugnini a trahi Vatican II, comme le disent certains, ou qu’il l’a développé, comme le disent d’autres ?

Mgr Carlo Maria Viganò – Mgr Annibale Bugnini comptait parmi les collaborateurs de l’élaboration de l’Ordo Hebdomadae Sanctae instauratus, promulgué au cours du pontificat de Pie XII. Les graves déformations du nouveau missel apparaissent en germe dans le rite de la Semaine Sainte, ce qui prouve que le plan de destruction avait déjà commencé. Il n’y a donc là aucune trahison du Concile, tant il est vrai qu’aucun de ses artisans n’a jamais considéré la réforme liturgique incohérente à l’égard de la mens de Sacrosanctum Concilium. Une étude attentive de la genèse de l’Ordo Hebdomadae Sanctae instauratus permet de comprendre que les requêtes des novateurs n’ont été satisfaites qu’en partie, mais qu’elles ont été reproposées dans le Novus Ordo de Montini.

Il faut toutefois réaffirmer clairement que, contrairement à tous les conciles œcuméniques, ce concile a délibérément utilisé son autorité pour dédouaner une trahison systématique de la foi et de la morale, poursuivie par voie pastorale, disciplinaire et liturgique. Les missels de transition entre les rubriques de 1962 et l’Editio typica de 1970 et celle qui a suivi immédiatement – l’Editio typica altera de 1975 – montrent comment on a procédé à petits pas, en habituant clergé et fidèles au caractère provisoire du rite, à l’innovation continue, à la perte progressive de beaucoup d’éléments qui au début rendaient le Novus Ordo plus proche du dernier Missale Romanum de Jean XXIII. Je pense, par exemple, à la récitation submissa voce du Canon romain en latin, avec son offertoire sacrificiel et le Veni, Sanctificator, qui au fil des adaptations a abouti à la récitation à haute voix, avec l’offertoire talmudique et la suppression de l’invocation de l’Esprit Saint.

Ceux qui ont préparé les documents conciliaires à faire approuver par les pères ont agi avec la même préméditation que les auteurs de la réforme liturgique, en sachant que ceux-ci auraient interprété les textes équivoques de manière catholique, alors que ceux qui devaient les diffuser et les utiliser les auraient interprétés dans n’importe quel sens sauf celui-là.

En réalité, ceci est confirmé par la pratique de tous les jours. Avez-vous déjà vu un prêtre qui célèbre le Novus Ordo sur l’autel tourné vers l’est, entièrement en latin, portant une chasuble romaine et distribuant la communion à la balustrade, sans que cela suscite la colère de son Ordinaire et de ses confrères, même si, à la rigueur, cette manière de célébrer serait parfaitement légitime ? Ceux qui ont essayé de le faire – certainement de bonne foi – ont été moins bien traités que ceux qui célèbrent habituellement la messe tridentine. Cela prouve que la continuité souhaitée par l’herméneutique du Concile n’existe pas et que la rupture à l’égard de l’Église préconciliaire constitue la norme à laquelle on doit se conformer, n’en déplaise aux conservateurs.

Je fais enfin remarquer que cette conscience de l’incompatibilité doctrinale de l’ancien rite avec l’idéologie de Vatican II est revendiquée par des prétendus théologiens et intellectuels progressistes, d’après lesquels on peut aller jusqu’à tolérer la forme extraordinaire du rite à condition de ne pas adopter également l’ensemble du système théologique qu’elle implique. C’est la raison pour laquelle la liturgie des communautés Summorum Pontificum est tolérée à condition que dans la prédication et dans la catéchèse on se garde bien de critiquer Vatican II ou la nouvelle messe.

(...)

Le prochain pape devra rétablir tous les livres liturgiques antérieurs à la réforme conciliaire et bannir des églises catholiques son indécente parodie, à la réalisation de laquelle ont collaboré des modernistes notoires et hérétiques.

(...)

À l’égard de la Fraternité Saint-Pie-X nous assistons à une opération plus subtile : Bergoglio entretient avec elle des rapports « de bon voisinage » et tout en reconnaissant d’une part à ses supérieurs quelques prérogatives prouvant qu’il les considère comme des membres vivants de l’Église, d’autre part il pourrait vouloir troquer leur complète régularisation canonique contre l’acceptation du magistère conciliaire. Il est évident qu’il s’agit d’un piège insidieux : une fois signé un accord avec le Saint Siège, l’indépendance dont jouit la Fraternité en vertu de sa position de légalité incomplète disparaîtrait, et son indépendance économique avec. N’oublions pas que la Fraternité dispose de biens et de ressources qui garantissent la subsistance et le financement des aides sociales de ses membres : dans un moment de crise financière extrêmement grave pour le Vatican, nombreux sont certainement ceux qui sont attirés par ces biens, comme nous l’avons vu dans d’autres cas, à commencer par les Franciscains de l’Immaculée et la persécution du père Mannelli.

(...)

La position canonique des communautés Ecclesia Dei a toujours été en danger: leur survivance est liée à leur acceptation, au moins implicite, de la doctrine conciliaire et de la réforme liturgique. Ceux qui ne s’y adaptent pas en critiquant Vatican II ou en refusant de célébrer ou d’assister au rite réformé se placent ipso facto dans la condition d’être renvoyés. Les supérieurs de ces sociétés de vie apostolique eux-mêmes finissent par être surveillés par leurs clercs à qui il est vivement conseillé de s’abstenir de critiques et de donner de temps à autre des marques tangibles d’alignement, par exemple en prenant part aux services dans la dénommée «forme ordinaire». Paradoxalement, dans le domaine doctrinal un prêtre diocésain a plus de liberté de parole qu’un membre de l’un de ces instituts.''

(...)

Pour lire en entier, c'est ICI

     

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