La couleuvre est un peu grosse à avaler.
Certes, il y a le
droit et il y a la
force.
Mais il y a la
justice.
Pour le coup, les traditionalistes qui ont pris Saint-Nicolas l'ont fait par la
force, mais si la
justice des hommes pouvait les en exclure, le
droit était -en tout cas devant Dieu et devant la foi- de leur côté.
Ils ont multiplié les demandes pendant des années sans obtenir aucune solution. Ils se réunissaient dans des salles louées, des cinémas désaffectés, parfois des jardins publics.
Pendant ce temps-là, la paroisse Saint Séverin-Saint Nicolas, sous le pastorat du curé Bellégo, se dissolvait dans le modernisme, l'église Saint-Nicolas étant pratiquement désertée, en tout cas très largement sous-employée.
Les autorités municipales, Chirac en l'occurence, avaient pour leur part à juger l'affaire sous deux angles :
- celui du
droit, le curé Bellégo étant, en tant que prêtre du diocèse de Paris, affectataire légal de l'église et occupant de droit,
- celui de l'
ordre public, la prise de l'église ayant été opérée par la force.
Mais il y avait je crois dans l'entourage de Chirac, sa femme en particulier, des gens qui percevaient parfaitement l'
injustice qui avait conduit les traditionalistes à agir ainsi.
La question d'ordre public ayant assez vite été réglée, les occupants n'étant pas des factieux ni des violents, est restée la question du
droit. Mais le temps passant, tout le monde s'est finalement accommodé de la situation.
Je ne suis pas juriste, mais il me semble que, parfois, le temps qui passe peut arriver à fonder le droit.
Lorsque l'abbé Laguérie a procédé à des travaux successifs d'embellissement et de restauration de l'église, y a-t-il eu des problèmes avec les autorités publiques ? Sauf erreur de ma part, il ne me semble pas.