[réponse] par Paterculus 2019-06-27 21:54:24 |
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Je n'ai pas fait une liste exhaustive des symptômes de notre époque... qui laissent à penser que nous sommes peut-être à la fin des temps : vous avez raison, il y en a d'autres. La perte du sens de la paternité en est un : en faisant du passé table rase, on ne supprime pas seulement l'apport hellénistique ou l'apport chrétien, on supprime la nature humaine tout simplement. Et cela se traduit dans de nombreux domaines.
Mais je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites des fondateurs. Peut-être y en a-t-il en ce moment, mais bien sûr on ne les connaîtra que quand leurs fondations se seront développées.
Mais pour le passé récent, on a des fondateurs en grand nombre. Quand je suis entré au séminaire, la crise n'avait pas encore provoqué les réactions de la partie saine de l'Eglise, mais si vous voyez tout ce qui s'est constitué depuis cinquante ans soit dans les communautés Ecclesia Dei ou dans le genre de la communauté Saint Martin, cela fait un bon nombre de fortes personnalités fondatrices.
Le problème est plutôt ; y a-t-il encore des jeunes catholiques prêts à entrer dans ces fondations ? Le nombre de catholiques pratiquants diminuant, le vivier où les bonnes institutions puisent leurs vocations s'amenuise ; on peut ajouter à cela que la baisse du niveau des études (qui obscurcit l'intelligence et rend moins capable de résister aux critiques contre la foi, donc moins apte à répondre à une vocation) oblige à reprendre à la base toute une part de la formation de ceux qui finalement entrent quand même dans les bonnes institutions.
Le sens de cette crise - du clergé mais pas seulement - est à trouver à différents niveaux.
Il y a le fait que l'intelligence occidentale est stérilisée, ne pouvant plus comprendre la métaphysique, la morale, les sentiments, les émotions,... et ne pouvant plus raisonner sur eux (j'en ai fait l'expérience sur ce forum même, quand on a parlé d'une jeune homme ordonné alors qu'il n'a pas de bras : j'ai dit que puisqu'il ne peut pas faire des gestes importants dans la liturgie, il n'aurait pas dû être ordonné ; un liseur a même apporté les cas où l'ancien code disait que des infirmités de ce genre font qu'on ne doit pas être ordonné, ce qui me paraît être l'éclairage de la tradition qui permet de comprendre le code actuel - mais le sentimentalisme de certains les a fait me vouer aux gémonies : pour eux ma position était celle d'un sans-coeur, alors que cela n'a rien à voir dans le débat...)
Il y a le fait que les résultats brillants dans le domaine matériel de cette pensée par ailleurs stérilisée pour réfléchir à ce qui ne se mesure pas rendent orgueilleux nos contemporains. Voyez par exemple l'argument du Souverain Pontife qui dit que notre mentalité contemporaine nous a permis de comprendre que la peine de mort n'était jamais acceptable : or quand on voit où cette mentalité nous mène (idéologie nazie, communisme, bombardements épouvantables,... ; gender ; avortement, euthanasie, contraception...) il n'y a vraiment pas de quoi être fier ni se sentir supérieur aux générations antérieures.
Dans ce contexte l'herméneutique de la rupture ne pouvait que se développer à grande vitesse. C'est ainsi que les évêques qui au concile avaient voté un certain nombre de choses en faveur du latin liturgique, se sont empressés de faire le contraire tout de suite après, que les prêtres qui en entrant au séminaire n'avaient juré que par le latin, la soutane, le chapelet, etc. ont tout envoyé promener du jour au lendemain.
Il a suffit de quelques infiltrés habiles pour mettre cela en branle - et même si l'on ne croit pas aux infiltrations dans l'Eglise, on doit bien prendre en compte l'action des rénégats restés intra muros.
VdP
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