l'identité "européenne" n'est pas si évidente que cela par Luc Perrin 2019-05-17 16:13:09 |
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- qui parle le Volapük intégré ? en dehors du Berleymont ?
- les religions associées dans ce communiqué macroniste - est-ce le rôle des évêques de France de soutenir un parti politique, si peu chrétien par ailleurs ? - sont dotées en Europe d'histoires très diverses et qui les ont opposées : on est aux antipodes dans l'U.E. de la construction des Etats-unis qui n'ont pas eu de guerres de religion (encore récemment en ex-Yougoslavie, cet aspect est présent en Ukraine et Crimée hors UE)
- la "concurrence libre et non faussée" de l'Union européenne constitue-t-elle une valeur démocrate-chrétienne ou sociale-démocrate comme dans la C.E.E. "vaticane" de Pie XII ? Clairement non ce que ce communiqué feint d'oublier.
- l'Union européenne n'est pas l'Europe non plus : là aussi le communiqué confond les deux espaces. La Russie, l'Ukraine sont des nations liées à l'Europe géographique, la Bosnie-Herzégovine aussi ô combien tragiquement, l'Albanie, la Norvège, l'Islande, la Suisse, le Royaume Uni qui tente d'en sortir malgré tous les obstacles mis à la volonté populaire démocratique. Le Brexit est un cas type à cet égard pour juger de ce qu'est l'U.E. réelle, loin des rêves des signataires.
- "Les institutions européennes sont perçues comme une technocratie échappant au contrôle démocratique."
Ce n'est pas une "perception" subjective : c'est un fait institutionnel du fait du rôle particulier de la Commission et de l'impuissance du Parlement. Du fait aussi que les Traités européens, cela avait été dit et redit et démontré en 2005, ne sont pas neutres : ils contiennent des politiques libérales à la différence des constitutions des états qui, sauf cas rares, sont neutres politiquement. Ainsi le débat sur la privatisation des aéroports français s'inscrit dans une orientation de politique économique fixée à la France depuis quelques années : seul le rythme et les modalités sont laissées au gouvernement français.
Ceci valant pour les 27 (28) pays membres.
Rappelons que les Français en 2005 avaient voté contre le Traité constitutionnel européen et l'ont eu en 2007 quand même avec le Traité de Lisbonne, que François Hollande avait été élu sur une réorientation de la politique économique et monétaire et un mois après il capitulait sans combat aux Befehlen de la Chancelière, que les Grecs votent en 2015 contre le plan d'austérité et pareil en ont un pire quelques semaines après. On parle aujourd'hui d'un second référendum au Royaume Uni pour annuler les résultats du premier et le "Deal" de Mme May, nommée Treason May là-bas, revient à garder des liens étroits avec l'U.E.
- on faisait remarquer dernièrement un fait aveuglant : pour aller sauver les (imprudents) otages français, ce sont des militaires français qui sont envoyés : on n'a pas entendu Mme Merkel ni le Premier ministre suédois ni le président slovène se sentir concernés.
Y-a-t-il une politique étrangère européenne visible où que ce soit ?Une politique africaine de l'UE un continent qui est proche, avec lequel plusieurs pays ont des liens anciens, qui est une zone de croissance et de ressources majeures, une zone à problèmes aussi dont nous payons nous en Europe le prix ? Nichts, nada, zilch, rien. Et à nos portes ? Le néant - ex. le traité avec l'Iran, Israël/Palestine - ou la 8e roue du carrosse américain (Libye, Syrie, Vénézuela où la vassalisation envers Washington est criante, Ukraine) et j'en oublie.
La notion-même de "diplomatie européenne" est une matière à rigolade.
- L'U.E. "protectrice" au plan économique ? En rien c'est au contraire le marché non protégé par excellence que les Americains et les Chinois viennent piller. L'U.E. est en passe de devenir l'équivalent de l'empire chinois au XIXe : il y a un pouvoir mais toutes les autres puissances viennent se servir.
L'Union européenne est-elle réformable : 32 sur 34 listes en présence le croient encore. Demandez aux Grecs et aux Italiens ou aux Britanniques ... Demandez à Mme Merkel si les Allemands grands bénéficiaires de la zone euro sont prêts à abandonner une partie de leurs créances sur les autres banques centrales pour faire de l'euro une vraie monnaie commune équivalente au dollar US ou canadien, au Yen ou à la livre sterling ? Alors "l'autre Europe", la "nouvelle Europe", "changez l'Europe" ... dans 5 ans, aux prochaines élections parions que ce sera la même musique, celle chantée par divers artistes depuis 1979.
Comme on est loin de la CEE gaullienne et des rêves de Robert Schuman.. Et des vôtres cher Maître qui seront sans doute très cruellement déçus, une fois de plus, en 2019-2024. Mais les cabris européistes continueront à sauter en répétant "l'Europe, l'Europe, l'Europe".
S'il y a bien un ensemble culturel européen, il ne s'incarne pas dans l'actuelle Union européenne et il n'y a pas d'identité "européenne" au sens de l'identité marocaine, américaine, chinoise, japonaise...
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