Les étranges divagations du Curé de Saint Louis d'Antin par BK 2019-01-19 15:45:21 |
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Passant la semaine dernière pour affaires à Paris, je me suis trouvé dans le quartier de Saint-Lazare, et suis rentré dans l'église Saint Louis d'Antin.
C'est une paroisse assez particulière : une dizaine de messes par jour, donc ni obsèques ni mariages, peu de paroissiens résidents (quartier des grands magasins oblige), mais un haut lieu de halte spirituelle, de propositions culturelles, et depuis plus de quarante ans de confessions tout au long de la journée, toute l'année.
Or en traversant l'église, de grandes feuilles A3 dactylographiées affichées sur les vitres des quatre confessionnaux (deux fois deux box) ont retenu mon regard.
D'abord, parce que c'était laid. Les feuilles ne sont pas plastifiées, elles sont donc légèrement gondolées. Et puis, elles sont sur des vitres, qu'elles semblent barrer, alors qu'il aurait été plus gracieux - et moins compliqué - d'en afficher une seule au milieu de la paroi qui sépare les deux portes des confessionnaux.
Bref, une nouvelle confirmation que le bon goût n'est pas enseigné au séminaire.
Et puis j'ai lu le texte. J'aurais dû le prendre en photo, mais peut-être quelque liseur parisien pourra-t-il le faire...
Après quelques rappels sur la confession (qui doit être concise mais complète, sans se raconter ni se justifier), il est péremptoirement affirmé que la confession trop fréquente amène des scrupules, ou de l'inquiétude spirituelle (je crois me souvenir que c'était l'expression employée).
Il est ajouté qu'une confession toutes les quatre à six semaines est suffisante et raisonnable.
Bien entendu, pas un mot sur le péché mortel, ni sur les fautes dont la matière grave peut avoir été l'occasion d'un péché mortel.
On a ainsi une spiritualité dévoyée, qui prend le contre-pied de ce qui se disait traditionnellement : la confession mensuelle est en général recommandée. Là, c'était la fréquence maximale : toutes les quatre à six semaines, cela veut dire au "mieux" une fois par mois.
Le R.P. Royo Marín o.p., qui n'est certes pas un rigoriste (le pape François aime bien l'évoquer), recommandait quant à lui la confession en tant que de besoin, y compris quotidienne en période de sérieuse difficulté, et pour un véritable progrès spirituel, une confession tous les quinze jours.
Il est certain que les plus grands saints se confessaient plus d'une fois par semaine. Si c'est leur scrupule qui les a amenés à la plus haute sainteté, alors le scrupule est une grande et belle chose !
Un ami prêtre, et bon prêtre, à qui je faisais part de ma stupéfaction agacée, m'a répondu que :
- si les confessions sont trop longues, il suffirait de virer les sièges, et de ne plus recevoir les pénitents qu'à genoux (il y a déjà des prie-dieux dans les confessionnaux, avec en plus une chaise),
- il pourrait être suggéré au Curé de remplacer la quête à chaque messe (y compris en semaine), par une quête par période scolaire, toutes les quatre à six semaines, entre deux périodes de vacances.
Quand on aime, est-ce qu'on compte ?
Au fond, tout cela, c'est probablement parce qu'il y a moins de confesseurs - diminution faute de moyens du nombre de prêtres mis à disposition par l'Archevêque (pour ne pas imaginer la moindre disponibilité des prêtres parisiens à ce ministère essentiel au Salut des âmes...), en partie également parce que les confessions sont proposées chaque jour dans un plus grand nombre de paroisses de Paris.
Mais il aurait suffi de le dire, et de se contenter d'appeler à une confession plus concise, plutôt que d'inciter les bonnes gens à moins se confesser...
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