Je viens de relire les propos de l’abbé Berto par Vianney 2018-12-22 00:50:31 |
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...dont nous fêtions cette semaine le cinquantenaire de la mort, sur l’importance primordiale de ce pouvoir chrétien dont vous faites un juste éloge. Ce saint prêtre qui avait consacré l’essentiel de son sacerdoce à l’éducation chrétienne des “enfants du juge”, n’a cessé de protester contre la “laïcisation” de la vie publique (Itinéraires n° 132, pp. 73 et suivantes) :
“Qu’y gagneront les pauvres ? Hélas ! ils y perdront tout. S’il y a une cruelle évidence, c’est celle du peu que nous pouvons pour eux dans un régime de « laïcité ». Quand les lois, les institutions, les mœurs publiques perdent toute référence à l’Église, quand tout se fait dans l’État sous le préalable d’une ignorance délibérée, volontaire, universelle, du christianisme, quand l’Église y est réduite à la condition d’une association privée, la première conséquence est que les pauvres ne sont plus évangélisés. Nul besoin pour cela que l’État soit d’un laïcisme hostile et agressif. Les classes aisées peuvent échapper, en partie du moins et notamment dans l’éducation des enfants, à la formidable pression sociale qui résulte de la simple déchristianisation de l’État ; les pauvres ne le peuvent pas. Ils ont besoin d’assistance, elle est « laïque » ; ils ont besoin d’hôpitaux, ils sont « laïques » ; ils ont besoin d’écoles pour leurs enfants, elles sont « laïques » ; et s’ils sont pauvres à ce point de ne pouvoir enterrer leurs morts, ils obtiendront des obsèques gratuites, mais « laïques », car l’État qui paiera le cercueil et le fossoyeur, ne paiera pas les frais d’une absoute. Les pauvres, et eux seuls, sont emprisonnés sans remède dans la « laïcité » de l’État ; seuls ils sont condamnés sans remède à ne respirer que dans le climat d’indifférence religieuse engendré par la « laïcité » de l’État. Nous arrachons un enfant à cette asphyxie de l’âme ; nous en laissons cent qui ne seront jamais évangélisés, qui passeront d’une école « laïque » à un centre d’apprentissage « laïque », d’un centre d’apprentissage « laïque » à un mouvement de jeunesse « laïque », dont toute la vie enfin sera par l’État « laïque » si inexorablement tenue à l’écart de toute influence chrétienne, que ce sera un miracle de la grâce si l’un ou l’autre, forçant les barreaux de sa cage, ouvre les ailes de son baptême pour retrouver le climat de sa deuxième naissance et rejoindre l’Église sa mère qui lui tend les bras.Sainte fête de Noël à vous aussi !
Il y a longtemps que tel est le sort des pauvres en régime de « laïcité », mais jusqu’aujourd’hui¹, la théologie catholique enseignait que c’était un mal, une iniquité, un désordre atroce dont les petits de ce monde étaient la proie sans défense, un désordre auquel il fallait travailler sans relâche à substituer l’ordre chrétien. Maintenant elle enseigne, du moins celle qui a le privilège exclusif de la parole, que ce désordre est l’ordre. Si l’évangélisation des pauvres en est rendue plus difficile encore, ce sera tant pis pour les pauvres, le système n’en conviendra pas, car il ne saurait avoir tort.”
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