J'ai longtemps pensé comme vous au sujet de l'Algérie, mais avec le recul, on s'aperçoit que si De Gaulle ne lui avait pas accordé son indépendance, nous aurions Bouteflika, voire un barbu, à l'Elysée.
Savez-vous que si la constitution de la Vème République prévoyait initialement que le Président de la République soit élu non au suffrage universel mais par le Parlement, c'était uniquement pour empêcher l'élection d'un Algérien ? Déjà en 1958, dans la perspective quelque temps poursuivie d'une population musulmane politiquement intégrée à la République, De Gaulle avait identifié le problème.
Démographiquement parlant, l'Algérie française, dans le contexte de notre république laïciste et de la crise de l'Eglise, était une impasse.
Après, on peut discuter sur la manière dont De Gaulle nous a débarrassés de cette bombe à retardement en choisissant le FLN comme interlocuteur plutôt que le MNA de Messali Hadj par exemple.
L'indépendance de l'Algérie (ou le scénario alternatif d'une France vassale d'une Algérie musulmane) était inscrit dans les gènes de notre république qui a empêché son évangélisation sous prétexte qu'une population musulmane serait plus facile à contrôler qu'une population chrétienne. Et nous avons vécu l'accomplissement de la prophétie bien connue du P. de Foucauld. En 1954, il n'y avait plus rien à faire si ce n'est sauver les meubles.
Je comprends que mes propos soient difficiles à entendre pour nos amis pieds-noirs, si présents et actifs dans les débuts du mouvement traditionaliste en France, mais quand on discute sérieusement avec eux, on constate qu'intellectuellement la plupart finissent par admettre cette vue, mais il y a l'affectif qui généralement les empêche de le reconnaître ouvertement. On peut le comprendre.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel.
Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici.
D'avance, merci !