Sans entrer dans le débat sur la forme et le ministre du sacrement, n'étant pas moi-même théologien.
Vers la fin du texte, l'abbé dit ceci :
Il est significatif que, pendant des années, dans la liturgie catholique ou ce qu’on en a fait avec les adaptations post-conciliaires, on ait pu dissocier l’échange des consentements de la bénédiction nuptiale renvoyée en fin de célébration comme secondaire.
En effet, dans le rituel moderne, il semble que la bénédiction nuptiale puisse être donnée au choix immédiatement après l'échange des consentements ou après le
Pater. Il fait la grossière erreur de croire que la deuxième possibilité est une nouveauté alors que c'est tout l'inverse. Traditionnellement, la bénédiction nuptiale n'est pas "renvoyée en fin de célébration" mais conférée à un moment particulièrement sacré de la messe : entre le
Pater et le
Pax Domini. Ce qui renvoie à la pratique la plus antique.
A l'origine, la seule célébration liturgique du mariage est cette bénédiction nuptiale, dont ce qui en est désormais la deuxième oraison est en fait une véritable préface consécratoire de l'épouse (je pense par ailleurs qu'on gagnerait beaucoup à réintroduire cette forme de préface, à la place de la récitation sèche en forme d'oraison non chantée, souvent lue en français du reste).
En effet, le mariage lui-même était quelque chose qui préexistait à l'intervention du ministre de l'Eglise, lequel bénissait le foyer nouvellement formé, par le chant de cette préface sur les époux agenouillés sous le voile nuptial devant l'autel, au choeur de la célébration eucharistique.
Plus tard (disons au Moyen-Âge), ce cérémonial s'est accompagné de rituels supplémentaires pouvant varier selon les lieux. Echange des consentements des époux devant la porte de l'église, don de l'anneau par l'époux à l'épouse, de pièces d'argent par l'épouse à l'époux, introduction des époux dans l'église par le prêtre (comme lors d'un baptême) avant la célébration de la messe pour les époux, au cours de laquelle sera donnée la fameuse bénédiction nuptiale. Il y a aussi l'ajout d'une autre bénédiction des époux à la fin de la messe avant la bénédiction des fidèles.
Il ne faut d'ailleurs pas confondre l'existence de tous ces rites avec l'exigence d'un échange des consentements devant le curé pour contracter validement mariage. Cela n'existe que depuis 1563 et le décret
Tametsi du Concile de Trente.
L'abbé fait aussi cette assertion :
Pour la grande majorité des couples qui demandent encore un mariage à l’Eglise, la célébration de leur mariage est devenue la ratification festive de leur déjà longue cohabitation,
Je ne vois pas vraiment pourquoi le fait que le sacrement de mariage soit donné par les époux ou par le prêtre serait plus ou moins propice à une célébration intervenant alors que la cohabitation des époux a déjà commencé.