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L'écolo-gauchisme : un symptôme, mais pas l'origine de la pathologie. par Scrutator Sapientiæ 2018-08-10 16:26:02 Imprimer Imprimer

Rebonjour à Chicoutimi,

Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ce message, qui sera sans doute trop long.

Tout d'abord, ceci :

Ici.

Ensuite, ce qui suit.

Je n'ai aucun mérite à enfoncer une porte ouverte, mais je le fais quand même : "l'écolo-gauchisme" est un symptôme, mais n'est pas à l'origine de la pathologie, c'est-à-dire à l'origine de l'auto-dénaturation ou de l'auto-fragilisation de l'Eglise catholique à laquelle nous avons droit depuis, à présent, plus d'un demi-siècle.

Il me semble vraiment ou, si vous préférez, je crois pouvoir dire que ce qui est à l'origine de cette pathologie est situé à l'intérieur d'un état d'esprit qui est lui-même placé,

- d'une part, sous le signe de la conformation des structures ad intra, notamment liturgiques, et des relations ad extra de l'Eglise catholique, avec l'esprit du monde ou avec l'esprit du temps,

- d'autre part, sous le signe du consensus fraternel, hyperbolique ou inflationniste, de l'Eglise catholique, non seulement avec les chrétiens non catholiques, mais aussi avec les confessions chrétiennes non catholiques, non seulement avec les croyants non chrétiens, mais aussi avec les croyances non chrétiennes, et non seulement avec les hommes et les femmes de ce monde et de ce temps, mais aussi avec bien des concepts et bien des valeurs de ce monde et de ce temps.

Globalement, tant que cette stratégie en faveur du "consensus fraternel" ne s'est manifestée, je le schématise, que

- sur le plan "épistémique", en philosophie et en théologie,

- sur le plan "ecclésiologique", dans le cadre du dialogue interconfessionnel,

et

- sur le plan "pneumatologique", dans le cadre du dialogue interreligieux,

certains clercs n'ont pas bien vu où est le problème, ou ont fait semblant de ne pas voir où est le problème, alors que le problème est situé au coeur des postulats sur lesquels repose cette stratégie, et au sein des résultats qui découlent du déploiement de cette stratégie.

Mais maintenant que cette stratégie en faveur du consensus fraternel envisage de se manifeste aussi sur le plan "anthropologique", au point de menacer de soumettre des textes tels que Humanae vitae, Veritatis splendor, Evangelium vitae et Fides et ratio à une "herméneutique" inclusiviste, propice au relativisme et au subjectivisme, une partie des clercs qui sont les continuateurs de ceux qui, au cours des décennies précédentes, n'ont pas été capables ou désireux de voir où est le problème, commence enfin à entrer en résistance ou, en tout cas, à envisager, à voix haute, de le faire.

Or, il n'y a pas que "l'écolo-gauchisme" qui "dépriorise" ce qui est spécifiquement religieux, ce qui est spécifiquement spirituel, au sens de : ouvert sur le seul vrai Dieu et sur la transcendance divine ; en effet, que les uns et les autres se renseignent donc sur les tendances propices à l'akérygmatisme, à l'anthropocentrisme, à l'horizontalisme et à l'humanitarisme qui sont présentes dans bien des conceptions et des pratiques qui émargent au dialogue interconfessionnel et au dialogue interreligieux.

En d'autres termes, il ne faut pas que le cardinal Mueller se trompe, il ne faut pas qu'il ne cible que "l'écolo-gauchisme" qui n'est que le dernier symptôme en date, parmi les symptômes de la crise du christianisme catholique contemporain, et il ne faut pas qu'il ne cible pas les autres symptômes, qui sont apparus dès le début de l'après-Concile, sous Paul VI, et dont le pape François n'est certainement pas responsable.

Si vous préférez, je me demande parfois si ce n'est pas un peu "facile", pour certains hommes d'Eglise, de ne commencer à réagir publiquement que depuis quelques années, PARCE QUE LA CONCEPTION CATHOLIQUE DE L'ANTHROPOLOGIE CHRETIENNE COMMENCE, ELLE AUSSI, A ETRE ATTAQUEE, DEPUIS ROME, alors que cela fait quelques décennies, en réalité, que d'autres hommes d'Eglise ont commencé, puis continué à dire oui, de tout leur coeur, à une stratégie globale qui peut très finir par aboutir à ce que l'Eglise catholique ne donne plus tort à presque personne, dans le domaine de la religion et dans celui de la morale, sauf, notamment, aux fidèles catholiques qui essaient, avec l'aide de la grâce de Dieu, de penser, de prier, de vivre, dans la plus grande fidélité possible au catholicisme.

Je vous remercie pour votre compréhension, au contact de ces quelques mots, et je vous souhaite à nouveau une bonne journée.

Scrutator.

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