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Ce serait en effet je pense...
par Signo 2018-03-06 22:11:36
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...la solution la plus satisfaisante pour remédier à un des aspects de la crise actuelle.

Le missel de 1969 va trop loin dans le sens du changement, il est le fruit d'une réforme à la fois trop radicale et bâclée, bien qu'il contienne énormément d'excellentes intuitions.

Le missel de 1962 est très loin d'être une solution satisfaisante, car tout en conservant la lettre de la Tradition, il s'éloigne de l'esprit de la Tradition en contenant tout une série d'aberrations liturgiques et rituelles:
- décalage entre la messe du prêtre et celle des fidèles: la messe chantée n'est en fait qu'une messe basse sur laquelle on superpose artificiellement une messe chantée par la schola et l'assemblée; cette aberration contredit l'idée traditionnelle selon laquelle le prêtre et les fidèles ne forment qu'un seul corps (= mystère de l'Eglise), puisque le prêtre célèbre in persona Christi capitis (ce dernier mot est souvent oublié), c'est à dire qu'il représente le Christ-Tête d'un corps qui est l'ecclesia, l'Eglise, l'assemblée des fidèles. Il ne peut donc y avoir de décalage entre le corps et la tête...
- la conséquence de cette aberration: incohérences dans les positions du fidèle! En effet durant certaines prières de la messe (Gloria, Credo), le prêtre récite dans son coin à l'autel le texte sans se soucier de la schola qui chante le même texte. La récitation étant forcément plus rapide que le chant, le prêtre va s'asseoir dès qu'il a terminé; les fidèles eux, voyant le prêtre s'asseoir, s'asseyent eux aussi alors que le chant n'est pas terminé. Or être assis durant le Gloria (c'est à dire au moment où l'on chante la gloire de Dieu) ou le Credo (où l'on proclame solennellement la foi de l'Eglise) est une aberration: pour ces deux chants la position requise par la Tradition est bien la position debout.
- on pourrait également relever le fait que dans 1962 pour la messe chantée, toute la messe, y compris la messe des catéchumènes (incluant donc la liturgie de la Parole) est dite à l'autel, ce qui fait que cette liturgie de la Parole se noie dans le reste de la liturgie et n'apparaît plus dans sa spécificité propre, inséparable du sacrifice eucharistique mais néanmoins bien distincte de ce dernier. Précisons que cette anomalie n'apparaît toutefois pas dans la messe solennelle avec diacre et sous-diacre...

Le missel de 1965 lui corrige un grand nombre de ces défauts, apporte quelques enrichissements (par exemple, la prière universelle) tout en conservant l'essentiel de la messe de Saint Pie V. C'est d'ailleurs il me semble le rite utilisé pour les messes chantées à l'abbaye de Fontgombault.

Maintenant, je le rappelle, le coeur du problème n'est pas le rite en lui-même mais bien l'homme qui le célèbre. Comme je le rappelai dans le dernier paragraphe de ce post, si cet homme ne comprend pas la notion même de rite, s'il ne comprend pas que la liturgie suppose nécessairement que l'action provienne de la contemplation, alors tout renouveau liturgique demeurera à l'état de voeu pieux. On aura beau rétablir les rites les plus traditionnels qu'il soit, cela ne marchera pas!

     

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 Le cardinal Ratzinger partisan d’un retour au rite de 1965 par Candidus  (2018-03-06 16:47:41)
      Votre titre est trompeur (et je le modifierai, du coup) par XA  (2018-03-06 18:16:29)
      Il est partisan d'un "tertium quid", en fait. par Paterculus  (2018-03-06 19:01:00)
      Ce serait en effet je pense... par Signo  (2018-03-06 22:11:36)


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