Il serait à mon avis bien hasardeux d’assurer ce que pense réellement Vladimir Poutine par Vianney 2018-01-20 20:19:23 |
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N’oublions pas que c’est le même personnage qui a qualifié la disparition de l’Union soviétique de “plus grande catastrophe géopolitique” du XXe siècle, et qui, dans le même temps, a décerné à Soljenitsyne un prix d’État pour avoir, le premier, écrit l’histoire de “l’une des tragédies de la période soviétique”. Comme grand écart, if faut avouer qu’on fait difficilement mieux !
En revanche, il est à mon avis déjà plus simple de comprendre comment d’authentiques anticommunistes russes, comme Soljenitsyne justement, ont pu se laisser séduire au point de serrer la main de l’ancien colonel du KGB. Ce qu’ils nous reprochent, en résumé, c’est de leur avoir mentis en prétendant avoir voulu les libérer, alors qu’il n’a jamais été question que de leur faire perdre leur identité nationale afin de les asservir au “nouvel ordre mondial” que nous promettent nos propres dirigeants politiques et… religieux !
“Les autorités soviétiques, écrit l’un d’eux, m’avaient repéré depuis longtemps, ainsi que toute ma famille, comme de dangereux activistes antisoviétiques si bien que je ne pouvais pas me rendre en Russie, jusqu’à la chute du communisme en 1991. J’ai immédiatement pris le premier vol disponible et je suis arrivé alors que les barricades construites contre le coup d’État du Comité d’État pour l’état d’urgence (GKChP) étaient encore en place. Vraiment, en ce fatidique mois d’août 1991, j’étais un parfait militant antisoviétique et un anti-communiste pur et dur. J’ai même pris une photo de moi tout près de la statue renversée de Felix Dzerjinsky (le fondateur de la Tchéka – la première police politique secrète soviétique), ma botte pressée sur sa gorge de fer. Ce jour-là, j’ai ressenti que ma victoire était totale. Elle a été aussi de courte durée.
Au lieu d’apporter au peuple russe, qui avait si longtemps souffert, la liberté, la paix et la prospérité, la fin du communisme en Russie n’a amené que chaos, pauvreté, violence et exploitation abjecte par la pire classe de racailles que le défunt système soviétique avait produite. J’étais horrifié. Contrairement à de nombreux autres activistes antisoviétiques, qui étaient russophobes, je n’ai jamais confondu mon peuple avec le régime qui l’opprimait. Donc tandis que je me réjouissais de la fin d’une horreur, j’étais également consterné de voir qu’une autre horreur avait pris sa place. Pire encore, il était indéniable que l’Occident jouait un rôle actif dans toutes les formes d’activités antirusses, allant de la protection totale des gangsters russes au soutien des insurgés wahhabites en Tchétchénie pour culminer dans le financement d’une machine de propagande qui essayait de transformer le peuple russe en consommateurs inconscients de la présence de “conseillers” (ouais, c’est ça !) occidentaux dans tous les ministères importants. Les oligarques pillaient la Russie et provoquaient une souffrance immense, et tout l’Occident, le soi-disant “monde libre”, non seulement ne faisait rien pour aider, mais soutenait tous les ennemis de la Russie par tous les moyens dont il disposait. Bientôt les forces de l’OTAN ont attaqué la Serbie, un allié historique de la Russie, en violation complète des principes les plus sacrés du droit international. L’Allemagne de l’Est n’a pas seulement été réunifiée mais immédiatement incorporée à l’Allemagne de l’Ouest et l’OTAN a poussé aussi loin que possible vers l’Est. Je ne pouvais pas prétendre que tout cela pouvait s’expliquer par la peur de l’armée soviétique ou par une réaction à la théorie communiste de la révolution mondiale. En vérité, il est devenu clair pour moi que les élites occidentales ne haïssaient pas le système ou l’idéologie soviétique, mais qu’elles haïssaient le peuple russe lui-même, et la culture et la civilisation qu’il avait créée.”
“Si cet anti-communiste pur et dur de la vieille génération qui, contrairement à moi, avait passé du temps au goulag pouvait serrer la main de Poutine, alors je le pouvais aussi !
En fait, la réponse était évidente depuis le début : si les principes et les idéologies des « Blancs » et des « Rouges » étaient incompatibles et s’excluaient mutuellement, il ne fait également aucun doute qu’actuellement, on peut trouver de vrais patriotes de Russie aussi bien dans les anciens camps « Rouge » et « Blanc ». Pour le dire autrement, je ne pense pas que les « Blancs » et les « Rouges » seront jamais d’accord sur le passé, mais nous pouvons, et nous devons, être d’accord sur l’avenir. D’ailleurs l’Empire se fiche de savoir si nous sommes « Rouges » ou « Blancs » – l’Empire nous veut tous soit esclaves soit morts.”
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