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110e anniversaire de Pascendi : quel remède au modernisme ? par Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X 2017-09-08 11:00:06 Imprimer Imprimer

Le 8 septembre 1907, le pape saint Pie X publiait sa grande encyclique contre le modernisme, Pascendi Dominici Gregis. Ce document majeur conserve toute son actualité 110 ans après.

En 1974, le Père Roger-Thomas Calmel o.p. rédigeait une préface à la réédition du Catéchisme sur le modernisme où le Père Jean-Baptiste Lemius o.m.i. présentait l’encyclique Pascendi sous forme de questions-réponses. Le théologien dominicain se demandait s’il existait un remède au modernisme qui gangrène l’Eglise, et il répondait : « Pour sûr, il existe. Un et même plusieurs. Le mal n’est pas incurable, puisqu’il est de foi que les portes de l’Enfer ne prévaudront pas (Mt 16, 18), puisque le Seigneur ne nous laissera pas orphelins (Jn 14, 18), puisque nul ne pourra ravir au Seigneur les brebis qu’il tient en sa main (Jn 10, 28), puisque le Seigneur continuera d’offrir son sacrifice par le ministère des prêtres donec veniat jusqu’à son retour (1Co. 11, 26). Ainsi le mal dont souffre l’Eglise ne va pas anéantir l’Eglise. Il est guérissable. Mais cette fois-ci, à la différence de ce qui arriva au début du siècle, le mal a grandement pénétré dans la hiérarchie elle-même. Tant que la hiérarchie n’aura pas éliminé le poison qui l’infecte, le remède ne peut être que partiel et limité. Sans doute ce n’est pas de la hiérarchie toute seule, ce n’est pas non plus du chef tout seul que viendra le remède. Le corps en tous ses organes doit se débarrasser du poison. Il reste qu’une guérison d’ensemble réclame que la tête retrouve la santé.

« Dès que l’on recherche quel remède appliquer contre le modernisme, on soulève trois questions capitales : celle du chef de l’Eglise, celle du témoignage à rendre, celle des études théologiques. »

LE TEMOIGNAGE DE LA TRADITION

A propos du témoignage à rendre par les membres de l’Eglise, le Père Calmel expliquait dans quelles conditions précises ce témoignage doit se faire pour être une réponse véritablement catholique au modernisme actuel. Nous soulignons les passages les plus importants.

« Il est indispensable de confesser la foi, d’en rendre un témoignage public avec autant d’humilité et de douceur que de fierté et de patience. Car la vraie confession de foi est œuvre d’amour, d’humilité, de bonté, et pas seulement œuvre de force et de courage. Or des difficultés nouvelles se présentent en période de révolution moderniste pour empêcher la confession de la foi et des sacrements de la foi d’être une grande œuvre d’amour. Mais si elle n’était pas cela, elle resterait très insuffisante en présence de Dieu, des anges et des hommes. Si c’était en face des persécuteurs classiques que nous devions rendre témoignage de la Messe catholique traditionnelle, si nous avions affaire comme nos aînés aux tribunaux de la Terreur et du Directoire, nous nous trouverions évidemment exposés à la mort violente par le seul fait d’assister à la Messe catholique. Comment, dans ces conditions extrêmes, ne pas entendre la Messe ou ne pas la célébrer avec une ferveur accrue ? La violence nous mettrait dans l’occasion prochaine, si l’on peut dire, de tendre vers un grand amour pour ne pas commettre le péché de reniement. Mais voici que nous avons affaire à la révolution moderniste et non pas à la persécution violente.

Rendre témoignage de la Messe catholique traditionnelle exige sans doute de nous un patient effort, mais ne nous met pas carrément en demeure de tendre à une plus grande charité lorsque nous célébrons la Messe ou lorsque nous l’entendons. Nous ne deviendrons pas forcément des renégats de la Messe si nous continuons d’y aller avec des dispositions médiocres, alors que nos aînés des périodes de persécutions classiques seraient devenus renégats si leurs dispositions intérieures étaient restées quelconques. De fait, il se trouve des fidèles et des prêtres qui, certes, se donnent du mal pour confesser la foi dans la Messe catholique traditionnelle, mais enfin c’est avec une tiédeur à peu près inchangée qu’ils persistent à célébrer la Messe ou à l’entendre. Il ne semble pas qu’ils y apportent ce grand amour qui animait les martyrs de la Terreur lorsqu’ils s’exposaient à la mort pour être allés à la Messe d’un prêtre réfractaire. Ils rendent un certain témoignage de la Messe catholique traditionnelle sans être obligés pour cela à mettre beaucoup d’amour dans l’assistance ou dans la célébration de la Messe. Aujourd’hui le stimulant ne vient presque plus du dehors ; mais même sans provocation extérieure, le feu intérieur de la vie théologale et de l’oraison doit être assez intense pour nous faire rendre témoignage de la foi et des sacrements de la foi avec l’amour que le Seigneur désire. Non seulement le Seigneur, mais les âmes de bonne volonté l’attendent ; elles espèrent le trouver en nous, pour avoir le courage, à leur tour, de se tourner vers Dieu et de confesser la foi catholique et les sacrements de la foi.

L’OBJECTION SPECIEUSE D’UNE TRADITION « INADAPTEE »

« Si notre témoignage est pénétré de cet amour, l’objection spécieuse, reprise sous mille formes, sera vite balayée. On nous dit en effet : en enseignant le catéchisme romain, en maintenant la Messe catholique traditionnelle, latine et grégorienne, vous ne risquez pas d’avoir prise sur les âmes ; vous conservez des pièces de musée ; les âmes ont besoin d’une religion adaptée ; or l’adaptation consiste à prendre l’esprit du Concile, à entrer dans ce mouvement d’évolution que vous appelez le modernisme. (En vérité, le modernisme n’est pas une adaptation mais sous couleur d’adaptation c’est une perversion : non profectus sed permutatio, selon la formule de saint Vincent de Lérins.)

« Nous savons parfaitement que les adaptations rituelles de portée générale, a fortiori les explicitations dogmatiques, relèvent de l’autorité suprême. Lorsque celle-ci est défaillante, toute adaptation deviendrait-elle impossible et ne nous resterait-il que d’être désadaptés de nos frères de maintenant, dans la mesure où nous confessons la foi de toujours ? Question spécieuse et qui se trouve résolue en grande partie lorsque le témoignage est rendu par charité. En effet la charité rend attentif aux véritables besoins du prochain, fait deviner la bonne manière de présenter la religion de toujours pour que, sans être ni corrompue ni trafiquée, elle soit en rapport avec la conjoncture présente.

Même lorsque l’autorité suprême vient à défaillir et que les adaptations générales, loin d’être réalisées en vérité, ont pris la forme de perversions générales, même dans ces cas extrêmes la charité fait découvrir au simple prêtre et mieux encore à l’évêque, dans le champ restreint de leur autorité, la meilleure manière de prêcher la saine doctrine et de célébrer la Messe catholique pour y faire participer les fidèles sans rien bouleverser. Du reste, les exemples ne manquent pas. Les prêtres qui gardent la Messe catholique traditionnelle, latine et grégorienne, par un attachement d’amour au Souverain Prêtre et donc, inséparablement, par zèle des âmes, savent prendre en charge les fidèles en vue de la participation la plus sainte possible. Ces mêmes prêtres captivent les enfants en leur enseignant le catéchisme de saint Pie X et ne pensent pas qu’il faudrait céder au modernisme pour trouver une pédagogie convenable. Cependant, ces présentations adaptées ou cette adaptation fidèle se réalisent seulement à une double condition : d’abord méditer sans cesse la doctrine et les rites traditionnels en vue de les tenir tels qu’ils sont, loin de les infléchir et de les déformer ; ensuite vivre uni à Dieu de sorte que le témoignage que l’on rend de la foi catholique, la ferme attestation que l’on porte, soit un effet de l’amour. »

LE TESTAMENT SPIRITUEL DE MGR LEFEBVRE

Sur ces dispositions intérieures indispensables, aux yeux du Père Calmel, pour porter efficacement remède à la crise moderniste qui secoue l’Eglise, on pourra relire l’Itinéraire spirituel de Mgr Marcel Lefebvre, où le fondateur de la Fraternité Saint-Pie X, un an avant sa mort, rappelait : « la nécessité de transmettre le sacerdoce authentique, non seulement la ‘sana doctrina’ approuvée par l’Eglise, mais l’esprit profond et immuable du sacerdoce catholique et de l’esprit chrétien lié essentiellement à la grande prière de Notre Seigneur qu’exprime éternellement son sacrifice de la Croix. » (p. 3)

Et de préciser sa pensée quelques pages plus loin : « Etant donné que la Somme de saint Thomas représente l’ossature de la science de la foi pour tout séminariste ou prêtre qui veut, selon le désir de l’Eglise, illuminer son intelligence à la lumière de la Révélation et acquérir ainsi la sagesse divine, il me semble souverainement souhaitable pour ces âmes sacerdotales de trouver dans cette Somme non seulement la lumière de la foi mais aussi la source de la sainteté, de la vie d’oraison et de contemplation, de l’offrande totale et sans réserve à Dieu par Notre Seigneur Jésus-Christ crucifié, se préparant et préparant les âmes qui leur sont confiées à la vie bienheureuse dans le sein de la Trinité. » (p. 14) Et d’appeler de ses vœux la rédaction d’une « somme spirituelle de la Somme théologique de saint Thomas » dont il donne une esquisse lumineuse dans son Itinéraire spirituel.

Certains critiqueront à demi-mot une vision trop spirituelle, selon eux, du combat de la foi, voyant là une méconnaissance des enjeux prioritaires et des urgences actuelles..., et somme toute une forme de démobilisation. Le Père Calmel montre à la fin de sa préface quelle est la nature exacte de ce combat que des militaires qualifieraient d’asymétrique, et rappelle avec force Celle qui est, dans ces circonstances, notre indispensable recours : « Notre lutte contre le modernisme, même si elle est portée dans la prière, ainsi qu’elle doit l’être, même si elle use des armes appropriées, demeure sans proportion avec le mal. Cette fois, l’apostasie a trop perfectionné ses méthodes pour qu’elle soit vaincue sans un miracle. Ne cessons d’implorer ce miracle du Cœur Immaculé de Notre-Dame. Poursuivons la lutte de toutes nos forces comme des serviteurs inutiles, mais en mettant plus que jamais notre recours dans l’intercession toute-puissante de Marie, Mère de Dieu toujours Vierge, car c’est elle qui, une fois de plus, sera victorieuse de l’hérésie. Gaude Maria Virgo, cunctas hæreses sola interemisti quæ Gabrielis archangeli dictis credidisti. »

De fait, c’est bien le 8 septembre, en la fête de la Nativité de la Très Sainte Vierge Marie, que saint Pie X fit paraître son encyclique contre le modernisme.


SOURCE : FSSPX.Actualités

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