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l'Eglise est un Corps, et le Concile l'a privée de certains anticorps. par Scrutator Sapientiæ 2017-08-05 11:34:58 Imprimer Imprimer

Bonjour à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

Ce qui suite constitue une tentative de contribution à la réflexion.

1. D'une part, l'Eglise est un Corps, et au moins une partie du Concile l'a privée de certains anticorps, face à certaines conceptions, pratiques, tendances ou tentations.

"Un anticorps est une protéine indispensable au système immunitaire.

Il en existe plusieurs milliards dans le corps humain et ils sont capables de reconnaître des substances étrangères à l'organisme en se combinant à elles via des récepteurs appelés antigènes. Ainsi, les bactéries, les virus, les champignons, les venins ou les cellules cancéreuses sont identifiés comme des éléments indésirables de la circulation sanguine. Les anticorps vont alors immobiliser ces éléments et être à l'origine de l'organisation de la défense de l'organisme en activant une réaction immunitaire spécifique, en recrutant des cellules qui vont lutter contre le développement de ces indésirables."

2. D'autre part, il crève littéralement les yeux que chacune des principales innovations conciliaires et pastorales (comprenez : consensuelles ad extra) est souvent considérée, dans les faits, par les partisans et les promoteurs de ces innovations,

- comme une fin en soi qui s'auto-légitime ("le dialogue, le dialogue, le dialogue"), ce qui est contradictoire, compte tenu du caractère officiellement pastoral de ces innovations,

ou

- comme un moyen au service d'une fin humanisatrice qui n'est pas avant tout explicitement et spécifiquement chrétienne, surnaturelle et théologale ("la paix, la paix, la paix").

Je rédige ce deuxième point en pensant à la première partie de Dignitatis humanae, à celle de Nostra aetate, et à la deuxième partie de Gaudium et Spes.

3. En outre, le Concile Vatican II n'est certes pas le Concile de l'Eglise et du monde d'avant-hier, d'avant 1945, mais est certainement le Concile de l'Eglise et du monde d'hier, d'avant 2001, pour ne pas dire d'avant 1989, voire d'avant 1979 ; partisans du Concile et opposants au Concile devraient pouvoir s'accorder sur le fait que le Concile Vatican II a été "le Concile des Trente glorieuses" et ne comporte, en presque rien, bien des éléments qui sont indispensables

- à la compréhension de certaines dynamiques, notamment axiologiques, culturelles, historiques, sociétales, technologiques,

- à la confrontation courageuse, dissensuelle, missionnaire, orthodoxe, à ces dynamiques, en ce qu'elles ont d'opposé à la foi surnaturelle et à la loi naturelle ou, en tout cas, en ce qu'elles ont de plus en plus éloigné de l'une et de l'autre.

4. Enfin, les théologiens qui sont à l'origine de ce qui est à la fois le plus rénovateur et le plus spécifique, dans les textes du Concile, n'étaient pas ou n'étaient plus des thomistes, ni même des néo-thomistes, et les théologiens qui ont le plus marqué l'après-Concile étaient encore moins inspirés par le néo-thomisme, or le Concile fait référence, dans deux de ses textes (GE 10 et OT 16) à la nécessité de s'en remettre à Saint Thomas, respectivement dans les facultés et universités catholiques et dans les études ecclésiastiques...

5. La vérité oblige à dire que la focalisation sur le Concile, ou la polarisation sur Vatican II, est problématique, dans les deux sens du terme : elle est génératrice

- de difficultés de prise en compte et de mise en oeuvre, orthodoxe ad intra et missionnaire ad extra, du Concile Vatican II,

et

- de toute une problématique, de tout un ensemble de problématiques, philosophiques, théologiques, dogmatiques, liturgiques, etc.

6. Ce que je constate, c'est que bien des protestants sont, eux-aussi, empêchés de croire, d'espérer, d'aimer, mais aussi de "voir", de "juger", et "d'agir", d'une manière à la fois orthodoxe ad intra et missionnaire ad extra, par un effet de surplomb relativement incapacitant qui ne doit, officiellement, presque rien au Concile Vatican II, mais qui doit, effectivement, presque tout à une conception philo-schleiermachienne, ou post-schleiermachienne, du christianisme.

A mon avis, c'est sur cet effet de surplomb relativement incapacitant, et sur le fait que cet effet de surplomb relativement incapacitant est globalement commun au néo-catholicisme et au néo-protestantisme, qu'il faut bien réfléchir.

Bonne journée.

Scrutator.

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