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Fin 2005, il n'est pas question "d'herméneutique de la continuité". par Scrutator Sapientiæ 2017-08-03 10:53:04 Imprimer Imprimer

Bonjour à La Porte Latine.

Ce qui suit est à la fois une précision et un rappel.

Fin décembre 2005, et plus précisément le 22 décembre 2005, dans le discours du Pape Benoît XVI, il n'est pas question "d'herméneutique de la continuité", mais il est question d'une "herméneutique de la réforme, du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Eglise".

" Nous ne voulons pas précisément appliquer cette description dramatique à la situation de l'après-Concile, mais quelque chose de ce qui s'est produit s'y reflète toutefois. La question suivante apparaît : pourquoi l'accueil du Concile, dans de grandes parties de l'Eglise, s'est-il jusqu'à présent déroulé de manière aussi difficile ? Eh bien, tout dépend de la juste interprétation du Concile ou - comme nous le dirions aujourd'hui - de sa juste herméneutique, de la juste clef de lecture et d'application. Les problèmes de la réception sont nés du fait que deux herméneutiques contraires se sont trouvées confrontées et sont entrées en conflit. L'une a causé de la confusion, l'autre, silencieusement mais de manière toujours plus visible, a porté et porte des fruits. D'un côté, il existe une interprétation que je voudrais appeler "herméneutique de la discontinuité et de la rupture" ; celle-ci a souvent pu compter sur la sympathie des mass media, et également d'une partie de la théologie moderne. D'autre part, il y a l'"herméneutique de la réforme", du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Eglise, que le Seigneur nous a donné; c'est un sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l'unique sujet du Peuple de Dieu en marche. L'herméneutique de la discontinuité risque de finir par une rupture entre Eglise préconciliaire et Eglise post-conciliaire. Celle-ci affirme que les textes du Concile comme tels ne seraient pas encore la véritable expression de l'esprit du Concile. Ils seraient le résultat de compromis dans lesquels, pour atteindre l'unanimité, on a dû encore emporter avec soi et reconfirmer beaucoup de vieilles choses désormais inutiles. Ce n'est cependant pas dans ces compromis que se révélerait le véritable esprit du Concile, mais en revanche dans les élans vers la nouveauté qui apparaissent derrière les textes : seuls ceux-ci représenteraient le véritable esprit du Concile, et c'est à partir d'eux et conformément à eux qu'il faudrait aller de l'avant. Précisément parce que les textes ne refléteraient que de manière imparfaite le véritable esprit du Concile et sa nouveauté, il serait nécessaire d'aller courageusement au-delà des textes, en laissant place à la nouveauté dans laquelle s'exprimerait l'intention la plus profonde, bien qu'encore indistincte, du Concile. En un mot : il faudrait non pas suivre les textes du Concile, mais son esprit. De cette manière, évidemment, il est laissé une grande marge à la façon dont on peut alors définir cet esprit et on ouvre ainsi la porte à toutes les fantaisies. Mais on se méprend sur la nature d'un Concile en tant que tel. Il est alors considéré comme une sorte de Constituante, qui élimine une vieille constitution et en crée une nouvelle. Mais la Constitution a besoin d'un promoteur, puis d'une confirmation de la part du promoteur, c'est-à-dire du peuple auquel la constitution doit servir. Les Pères n'avaient pas un tel mandat et personne ne le leur avait jamais donné ; personne, du reste, ne pouvait le donner, car la constitution essentielle de l'Eglise vient du Seigneur et nous a été donnée afin que nous puissions parvenir à la vie éternelle et, en partant de cette perspective, nous sommes en mesure d'illuminer également la vie dans le temps et le temps lui-même. "

Donc, quand je lis ceci : " "l'herméneutique de la continuité" chère à Benoît XVI ", je m'interroge sur le sens de l'attribution à Benoît XVI d'une herméneutique qui, notamment et, à ma connaissance, pas seulement dans son discours du 22 décembre 2005, n'est pas la sienne.

Je demeure convaincu, pour ma part, par l'idée selon laquelle qu'il y a, au Concile, à la fois un défaut de continuité doctrinale, par rapport au Magistère antérieur, et un excès de contiguïté culturelle, par rapport au monde contemporain, au moins dans chacun des quatre textes les plus porteurs de ce qui pose problème, y compris, en un sens aux partisans de ses textes, qui ont considéré dès hier qu'ils n'allaient pas assez loin, ou qui considèrent aujourd'hui qu'ils ne vont pas assez loin.

Dans une direction prescrite par quelle autorité, ou par quelle institution, au fait ?

Bonne journée.

Scrutator.

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