Ce que vous dites est partiellement faux. par Pétrarque 2017-07-12 18:00:49 |
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Je connais moi aussi l'orthodoxie et ce que vous dites ne correspond pas pour moi à la réalité.
Les orthodoxes, dans leur grande majorité, ne nient absolument pas la validité de tous nos sacrements. Si un catholique veut devenir orthodoxe, il lui suffit de réciter le Credo et de recevoir la communion, ou la chrismation.
Vous avancez une position extrême, qui est celle des zélotes, dont certains considèrent le Patriarche oecuménique lui-même comme un traître et un hérétique. Cela revient à assimiler l'ensemble des catholiques aux sédévacantistes.
Je connais personnellement quelqu'un qui s'est converti à l'orthodoxie dans l'Eglise grecque, jamais aucune abjuration ou aucun reniement ne lui a été demandé. Il a récité le Symbole et a reçu la communion.
Il y a vingt ans de cela, je me trouvais d'assister à la Divine Liturgie dans un monastère orthodoxe. J'ai demandé à un moine, par amusement, ce qui se passerait si, étant catholique, je me présentais à la communion. Il m'a répondu qu'elle me serait donnée comme à n'importe quel fidèle, mais que je serais ipso facto orthodoxe et considéré comme tel.
On est loin de ce que vous affirmez, non ?
Ce que vous dites du Filioque et des Grecs n'engage que vous. Le Filioque apparaît en Espagne, et en réaction à l'arianisme. C'est en tout cas une thèse communément répandue. C'est dans un concile espagnol -Tolède à la fin du VIème siècle, si j'ai bonne mémoire- que cet ajout est entériné pour la première fois. De là, il passe en France puis en Allemagne. C'est là qu'un concile semi-iconoclaste l'adopte au début du VIIIème siècle, encore une fois sous réserve de vérification.
La controverse est partie de la cour de Charlemagne et les Grecs, au départ, n'y sont pour rien. Et ils comprenaient fort bien, alors, de quoi il était question.
Je crois me souvenir que le pape Léon III a écrit une lettre à Charlemagne pour lui dire que la mention du Filioque altérait le texte original du Symbole. Il a même fait graver le texte intouché du Credo sur des plaques d'argent qui furent placées à Saint-Pierre de Rome.
Si tant est que l'ajout du Filioque soit légitime, il aurait normalement du être le fait d'un Concile oecuménique, c'est à dire, à cette époque, validé en présence des évêques grecs.
En ajoutant le Filioque sans rien demander aux Grecs, les Latins se sont rendus coupables d'un péché contre l'unité de l'Eglise. Je ne vois pas comment on peut prétendre autre chose en un temps où elle était indivise. Je maintiendrais cela jusque devant le pape s'il le fallait.
Le Filioque n'est certainement pas un prétexte. Même les orthodoxes les mieux disposés à notre égard, s'ils peuvent pour certains admettre le Filioque comme une option théologique (mais certainement pas comme un dogme), ils le considéreront toujours comme une adjonction abusive.
Je considère à titre personnel qu'ils ont raison.
Ce que vous dites sur les pays orthodoxes est vrai dans certains cas, encore qu'il faudrait à mon humble avis y introduire quelques nuances. Quant au nationalisme de certaines églises, il est de plus en plus combattu par les instances panorthodoxes, et c'est à mon avis très bien.
Je ne connais pas, pour ma part, beaucoup de traditionalistes qui idéalisent l'orthodoxie. J'en connais en revanche beaucoup trop qui sont incapables de discuter trois minutes sans hurler à l'hérésie et au schisme.
Je pense pour conclure qu'on gagne à s'extraire de temps à autres des déterminismes et des certitudes dans lesquels on a été formé et dans lequel on a grandi.
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