Avant 1897 : Septième jour dans l’Octave des Ss. Apôtres par Alexandre 2017-07-05 01:15:57 |
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Le 5 Juillet
Septième jour dans l’Octave des Saints Pierre et Paul, Apôtres
Note :
En 1897, le bienheureux Antoine-Marie Zaccaria, barnabite italien († 1539), fut canonisé et sa fête fut introduite au calendrier de l’Église universelle à la date anniversaire de sa mort (dies natalis, en latin), le 5 juillet. Jusque-là, ce jour était le 7e dans l’Octave des Saints Pierre et Paul. A titre documentaire, on trouvera ci-après les textes que donnait jusque là le Bréviaire Romain réformé à la suite du Concile de Trente (1568) et héritier d’une tradition très ancienne.
Deuxième Nocturne
Sermon de saint Maxime, évêque
(De l’Homélie 5 sur les saints apôtres Pierre et Paul, après le début)
Leçon iv
Ne pensons pas, mes très chers frères, qu’il soit arrivé sans un dessein particulier de la Providence, que Pierre et Paul, ces princes très glorieux de la foi chrétienne, aient été condamnés par un même tyran, en un même jour et en un même lieu. Ils ont souffert la mort en un même jour, afin qu’ils parvinssent ensemble au Christ ; en un même lieu, pour que Rome ne manquât ni à l’un ni à l’autre ; sous un même persécuteur, en sorte qu’ils fussent victimes d’une égale cruauté. Un décret divin a choisi, je le pense, ce jour pour leur mérite, ce lieu pour leur gloire, ce persécuteur pour leur vertu. Mais enfin en quel lieu ont-ils subi le martyre ? Dans la ville de Rome, qui est considérée comme la première ville et la capitale du monde ; et c’est afin que là où se trouvait le foyer de la superstition, reposât un foyer de sainteté ; et qu’au lieu où habitaient les principaux des Gentils, vinssent demeurer les princes de l’Eglise.
Leçon v
De quel mérite sont les bienheureux Pierre et Paul, nous le pouvons inférer de ce fait que le Seigneur, ayant illustré les régions de l’Orient par sa Passion, a daigné éclairer les plages de l’Occident en y laissant verser le sang de ses Apôtres au lieu du sien, afin qu’elles ne parussent pas en quelque sorte inférieures aux premières. Et bien que la Passion du Christ suffise à notre salut, il nous a cependant accordé aussi le martyre de ces deux Saints comme un exemple. C’est donc en ce jour que les bienheureux Apôtres versèrent leur sang. Mais voyons le motif pour lequel ils ont enduré ces supplices: c’est qu’entre autres miracles ils ont, par leurs prières, obtenu la chute de Simon le Magicien, qui s’était élevé dans les airs.
Leçon vj
Simon prétendait être le Christ, et assurait pouvoir monter, en volant jusqu’à Dieu, comme le Fils vers son Père ; et, s’étant élevé soudain par des artifices magiques, il avait commencé à voler: alors Pierre, ayant fléchi les genoux, pria le Seigneur, et, par sa sainte supplication, vainquit la légèreté due à la magie. Son oraison monta au Seigneur plus rapidement que le vol de Simon, et la juste demande devança l’inique présomption. Pierre agenouillé sur la terre obtint ce qu’il demandait ; bien avant que Simon ne parvînt aux cieux où il tendait. Alors donc Pierre le fit descendre du haut de l’air comme s’il eût été enchaîné, et, dans sa chute, le magicien, heurtant contre un rocher, se brisa les jambes ; et cela advint pour que son entreprise aboutît à la confusion, en sorte que celui qui, peu auparavant, avait essayé de voler, ne pouvait tout à coup plus marcher ; et que celui qui avait pris des ailes perdît l’usage des pieds.
Au troisième nocturne
Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu
(Ch. 19,27-29)
Leçon vij
En ce temps-là : Pierre dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté, et que nous vous avons suivi ; qu’y aura-t-il donc pour nous ? » Et le reste.
[Commun des Apôtres]
Homélie de saint Jérôme, prêtre
(Sur Matthieu, l. 3, ch. 19)
Confiance admirable ! Pierre était pêcheur, il était loin d’être riche, il gagnait sa vie par le travail de ses mains, et cependant il dit avec la plus grande assurance : « Nous avons tout quitté » (v. 27). Et, comme tout quitter ne suffit pas, il ajoute ce qui est parfait : « Et nous vous avons suivi » (ibidem) ; nous avons fait ce que vous avez commandé, que nous donnerez-vous en récompense ? Jésus leur répondit : « Je vous dis en vérité que pour vous qui m’avez suivi, lorsqu’au temps de la régénération le Fils de l’homme sera assis sur le trône de sa gloire, vous serez aussi assis sur douze trônes et vous jugerez les douze tribus d’Israël » (v. 28). Le Sauveur ne dit pas : vous qui avez tout quitté ; car cela le philosophe Cratès l’a fait, et une foule d’autres ont méprisé les richesses, mais il dit : « vous qui m’avez suivi », ce qui est le propre des Apôtres et des fidèles.
Leçon viij
Lorsqu’au jour de la résurrection, le Fils de l’homme sera assis sur le trône de sa gloire, quand les morts sortiront, incorruptibles désormais, de la corruption du tombeau, vous serez, vous aussi, assis sur des trônes de juges et vous condamnerez les douze tribus d’Israël, parce que, tandis que vous embrassiez la foi, elles l’ont repoussée. « Et quiconque aura quitté pour moi, ou maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou terres, recevra le centuple et possédera la vie éternelle » (v. 29). Ce passage concorde avec cette autre déclaration du Sauveur : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive ; car je suis venu séparer le fils d’avec le père, la fille d’avec la mère, la belle-fille d’avec la belle-mère, et l’homme aura pour ennemis ceux de sa propre maison » (Mt 10,34). Ceux donc qui pour la foi de Jésus-Christ et la prédication de l’Évangile, auront sacrifié toutes les affections, renoncé aux richesses et aux plaisirs du monde, recevront le centuple et posséderont la vie éternelle.
Leçon ix
Certains esprits s’appuient sur cette promesse pour imaginer une période de mille ans après la résurrection, période pendant laquelle nous recevrions le centuple de ce que nous avons quitté et ensuite la vie éternelle ; ils ne réfléchissent pas que si cela paraît convenable pour la plupart des biens, il serait ridicule, sous le rapport des femmes, que celui qui aurait quitté son épouse pour le Seigneur, en reçoive cent dans la vie future. Voici dons le sens de cette promesse : celui qui, pour l’amour du Sauveur aura quitté les biens charnels recevra des biens spirituels, lesquels, par leur valeur propre et comparés aux premiers, leur sont aussi supérieurs que le nombre cent l’est à un petit nombre.
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