Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More par ami de la Miséricorde 2017-07-05 00:56:28 |
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XIX. UNE AUTRE OBJECTION. RÉPONSE
ANTOINE : (...) Un homme qui manque de patience dans ses malheurs ne peut être récompensé. Mais s'il souffre patiemment pour l'amour de Dieu, s'il se conforme aux désirs de Dieu, il sera récompensé en proportion de sa peine. Ceci apparaît dans plusieurs passages de l'Écriture, je vous en ai cités quelques-uns, je vous en citerai d'autres. Mais nulle part on ne voit qu'un riche ayant remercié le Seigneur de ses bienfaits, Dieu lui ait promis une récompense au ciel pour la seule et unique raison qu'il avait pris du bon temps sur la terre. Mais puisque je vous parle du véritable réconfort, de celui qui donne à l'homme l'espoir de gagner la faveur de Dieu, la rémission de ses péchés, la diminution de la peine du purgatoire ou encore une récompense dans le ciel, puisque de tels bienfaits ne sont accordés qu'au malheur subi avec patience et non au bonheur, même s'il est accepté avec reconnaissance, vous voyez bien que vous ne pouvez parler de deux fois plus de réconfort dans la prospérité.
En vérité, il y a bien plus de motifs de se sentir réconforté dans le malheur que dans le bonheur. D'abord, comme je vous l'ai déjà montré longuement, une prospérité continuelle, jamais interrompue par aucune épreuve, est un présage inquiétant de damnation. Il s'ensuit que, pour un cœur droit, une épreuve est un mobile de réconfort. Ensuite, l'Écriture nous dit qu'il y a plus d'avantages à retirer de l'épreuve que de la prospérité et l'Ecclésiaste dit : « Mieux vaut aller à la maison du deuil qu'à la maison du banquet ; car c'est ainsi que doit finir tout homme et le vivant y réfléchit » et un peu plus loin : « Le cœur du sage est dans la maison du deuil et le cœur des fous dans la maison de la joie » (Eccl., 7, 2). En vérité, quand l'Écriture recommande la joie humaine, il faut l'entendre comme une joie spirituelle ou encore comme un léger rafraîchissement de l'esprit, une légitime réaction contre la mélancolie. Dans l'Ancien Testament, la prospérité fut promise aux enfants d'Israël comme un don spécial de Dieu car, en ce temps-là, à cause de leur imperfection, il fallait les amener à Dieu par des perspectives plaisantes comme maintenant, pour faire étudier les enfants, on leur promet des bonbons. L'Écriture fait remarquer que les gens étaient comme des enfants et elle donne à leur maître Moïse le nom de « pédagogue ».(...)
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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