Je n'aurais pas pu écrire sur les fins dernières par le torrentiel 2017-06-17 09:10:06 |
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tant que j'aurais risqué d'appeler ma méditation sur le paradis: "La vision béatifique et l'ennui". C'est dire si je le comprenais mal. Et je ne suis pas sûr d'avoir sur lui beaucoup plus de lumières aujourd'hui, malgré la parole de Dante citée dans un message précédent, et qui me met un peu sur la voie.
Cependant, cher Louisneuf, puis-je vvous suggérer de vous poser le problème autrement?
Plutôt que de vous demander quel serait le premier pas que vous pourriez faire pour aller vers la sainteté, commme si c'était vous qui pouviez vous la donner (on est responsable de ses actes ou de son honneur, pas de son salut ni de sa sainteté), dites-vous que vosseigneurs les pauvres seront toujours plus saints que vous en dépit de leur manque éventuel de vertu.
Faites en ceci le même effort que les bouddhistes appellent "l'interversion du moi et de l'autre" et qui les conduit, non seulement à traiter les autres comme si c'étaient eux, mais encore à regarder, dans l'oubli d'eux-mêmes, les problèmes existentiels qu'ils se posent du point de vue de l'autre. C'est, en profondeur, cette interversion du regard qu'ils appellent la compassion, laquelle a beaucoup à apprendre à notre charité.
Ceci est plus facile à dire qu'à faire. Mais l'ami qui, le premier, me donna ce conseil, le rapprochait de "la joie parfaite" telle que l'enseignait François d'Assise, et qui consiste à se réjouir des coups que l'on reçoit, non pas en raison de ces coups, mais parce que nous souffrons pour que d'autres n'aient pas à souffrir, et cette souffrance devient joie.
Dans la perfection de cette joie, nous pouvons comprendre cet autre précepte: "Aimer, c'est parfois se retirer pour que l'autre existe".
Comment serions-nous sauvés si nous aimons notre salut?
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