Cela n'a peut-être pas grand-chose à voir avec la lettre de Vatican II. par Scrutator Sapientiæ 2016-10-29 12:45:08 |
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Bonjour jejomau,
Il ne s'agit pas ici de faire un procès d'intention aux heureux élus ou nommés, mais il s'agit ici d'essayer de contribuer à une précision.
A mon avis, il devient urgent de faire savoir et comprendre ceci : le rupturisme décomplexé utilise la référence au Concile, notamment en matière liturgique, comme un marchand d'armes utilise un navire doté d'un pavillon de complaisance, pour que la cargaison circule sans contrôles, encombres, obstacles, alors que la lettre du Concile, le texte du Concile, dans le domaine de la liturgie, n'est pas d'inspiration rupturiste, même s'il comporte des ambiguités ou des imprécisions qui se prêtent assez bien à un détournement de finalité d'inspiration rupturiste (adogmatique, immanentiste, eudémoniste, oecuméniste).
Cette tendance à détourner le christianisme catholique de sa finalité et de ses modalités authentiques, en matière dogmatique et en matière liturgique, est d'ailleurs antérieure au Concile, et si l'on en trouve des signes dans les textes de théologiens qui ont, par la suite, influencé le Concile ou l'après-Concile (le NOM me semble être davantage d'apparition post-conciliaire que d'inspiration conciliaire stricto sensu, au vu de SC), on en trouve aussi des traces dans l'agir concret des êtres concrets, je veux dire dans l'agir concret de clercs catholiques qui, entre 1945 et 1960, ont procédé à du bricolage liturgique "ouvriériste" ou "prolétogyre", et n'ont pas eu à attendre le Concile pour pouvoir commencer à le faire.
J'en reste, pour ma part, à cette idée :
- ou le christianisme catholique commence à renouer avec un modèle de foi avant tout, mais pas seulement, contemplatif et "propositionnel", dans le cadre duquel la foi est assimilée, notamment, à une adhésion, pensée, priée, vécue, à un ensemble de conceptions, de distinctions, de définitions, de propositions, inspirées par Dieu, Père, Fils, Esprit, au moyen et au travers de l'Ecriture, de la Tradition, du Magistère,
- ou le christianisme catholique continue à s'auto-dénaturer ou, en tout cas, à s'auto-fragiliser, au moyen d'un modèle de foi avant tout, voire seulement, opératif et "participatif", à l'intérieur duquel on considère globalement que presque tout, notamment en dogmatique et en liturgie, doit pouvoir évoluer et s'orienter, pour pouvoir contribuer à ce que l'Eglise participe, d'une manière plus partenariale que théologale, aux évolutions dominantes "donc" légitimes, ou jugées telles, de la culture, de l'histoire, de la société.
La liturgie avant tout au service du seul vrai Dieu, Père, Fils, Esprit, ou la liturgie avant tout au service du peuple, de l'idée que l'on en a, ou de la vision que l'on s'en fait : il faut choisir.
Bonne journée.
Scrutator.
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