Le mariage est donc un procès? par le torrentiel 2016-06-21 18:53:02 |
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Qui suppose une procédure vérifiant que l'on "contracte validement"?
"Force doit rester au droit canon". Cette dérive juridiste est une des raisons pour lesquelles le traditionalisme catholique passe au choix pour pharisien ou pour musulman aux yeux de ses ennemis irréductibles (dont je ne suis pas).
Le droit canon a été historiquement émancipateur de la vie du couple par rapport aux normes sociales ? Si vous voulez dire qu'il a préparé l'accent que nous mettons sur le mariage d'amour, jugé trop romantique par certains, parce qu'il n'a jamais omis en droit que l'amour était le fondement du mariage, c'est indubitable. Toutefois le caractère anticipateur de cette émancipation qu'il contenait en droit a été historiquement retardé parce que le droit canon a trop confondu le Sacrement et le contrat, pour se plier à la coutume juridique.
Lorsque vous dites que vos "convictions subjectives" pourraient être ébranlées par votre "belle voisine", vous évoquez l'adultère et non une clause de nullité du mariage que vous aurez "contracté". C'est-à-dire que vous vous projetez dans ce qui poura causer ultérieurement la détérioration du mariage, non dans ce qui l'annule.
Des couples bien préparés pourront "contracter validement". Sans doute, oui. Mais qu'arrivera-t-il en cas d'impuissance ou de frigidité d'un des deux conjoints? Au cas où l'un ou les deux "contractants" n'aurait pas toute son intelligence par handicap mental par exemple? Faudra-t-il exclure tous les "blessés de la vie" du mariage? Et que dire de cette autre condition dirimente qu'est le refus d'"ouverture à la fécondité" quand on tolère le mariage des veufs et des veuves qui ont passé l'âge de procréer? Vous avez là des exemples concrets de difficultés d'appliquer les règles du mariage à tous les couples qui m'amènent à conclure qu'il faut les réviser et les recentrer sur l'essentiel. A moins de vouloir, soit exclure du mariage un grand nombre de gens pour lesquels il devrait être fait si eux-mêmes ne sont pas taillés pour être célibataires, soit perpétuer l'hypocrisie qui consiste à consentir à des "mariages nuls" en le taisant aux futurs époux pour ne pas les décourager.
Bien sûr, où tous les liseurs de ce fil ont raison et où j'ai eu tort de ne pas lire les arguments du pape pour justifier que la majorité des mariages serait nuls, c'est que nul n'ignore a priori qu'il s'engage pour la vie. Mais les couples ignorent généralement les autres conditions dirimentes du Sacrement, et on préfère les leur cacher. Tant, s'il fallait toutes les respecter, il en irait du mariage comme de la possibilité d'être sauvé: "Pour les hommes, c'est impossible, mais rien n'est impossible à Dieu." Or l'Eglise a institué le mariage pour les hommes. Pour elle, le Christ l'a déjà épousée.
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