La critique interne est celle de l'émancipationnisme "é-van-gé-li-que". par Scrutator Sapientiæ 2016-04-11 09:13:31 |
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Bonjour Ennemond,
Merci beaucoup pour votre message, qui m'inspire ce qui suit.
A.
1. La "critique externe", notamment en provenance de la FSSPX, me semble être avant tout la critique d'une actualisation qui a été initiée, à l'origine, par plusieurs théologiens d'Europe occidentale, puis qui a été impulsée et incarnée par le Concile Vatican II, avant d'être appliquée par Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI, sinon toujours par leurs évêques respectifs.
2. La "critique interne", notamment en provenance d'une partie des cardinaux, me semble être avant tout la critique d'une volonté de soumission de cette actualisation à un courant de pensée et d'action à caractère émancipationniste (notamment vis-à-vis de la liturgie ou des sacrements)
a) qui a commencé à apparaître dès le milieu du Concile Vatican II, et qui a provoqué un détournement de finalité qui a failli conduire jusqu'à l'autodestruction, irrémédiable ou irréversible,
b) dont les artisans et les partisans, pour la première fois, dans l'histoire du christianisme catholique, ont quelques raisons de penser que (même) le Pape est (vraiment) plutôt de leur côté,
c) qui semble vraiment être le spécifique du positionnement raisonnablement attribuable au Pape François,
d) que le même Pape François semble vraiment décidé à appliquer dans plusieurs domaines, ou en tout cas à plusieurs sacrements.
3. Que je sache, l'Eglise est une, sainte, catholique et apostolique, mais une fois soumise à cette mentalité émancipationniste, qui n'objecte rien au relativisme, qui n'oppose rien au subjectivisme, mais qui a plutôt tendance à prescrire une attitude libératoire (et non libératrice !) à l'égard des principes et repères les plus récepteurs et transmetteurs de la Foi catholique et de la Charité chrétienne, l'Eglise sera unanimiste, sympathisante, pluraliste et adogmatique...
4. C'est donc la moindre des choses que les émetteurs de critiques externes et les émetteurs de critiques internes convergent, par-delà leurs différences ou leurs divergences, pour résister, face à ceux qui veulent faire ou laisser aller l'Eglise en direction de cette perspective, SUICIDAIRE, et c'est la moindre des choses que la liberté de parole que s'autorisent les uns ne soit pas interdite aux autres.
B.
5. Je me demande jusqu'à quel point nous ne sommes pas dans l'antichambre du schisme progressiste, ou rupturiste, ou iréniste (sauf contre les "pélagiens" "pharisiens" porteurs de "gnosticisme" "rigoriste") dont le potentiel de concrétisation a été évoqué, par Michel de Jaeghere, dans le Spectacle du Monde, dès 1989, notamment à la suite de la Déclaration de Cologne.
6. Que voulez-vous...D'aucuns ne veulent pas que le recentrage, tout relatif, sur certains points, des années 1980 aux années 2000 incluses, se poursuive en aval de la démission de Benoît XVI, et sont manifestement prêts à aller très loin pour le neutraliser, voire pour le démanteler.
7. Et ce n'est évidemment pas un Souverain pontife, dont on se demande parfois jusqu'à quel point il est nostalgique des années 1970, qui va s'opposer, d'une manière frontale, à leur émancipationnisme.
8. Enfin, certains veulent imposer la vision selon laquelle le Concile a été tellement libérateur, pour les fidèles catholiques, qu'il leur a prescrit de se libérer...de leur fidélité au catholicisme : si un Syllabus des erreurs légitimées et véhiculées depuis au moins ou bientôt trois quarts de siècle pouvait voir le jour, il conviendrait, de mon point de vue, qu'il pointe du doigt cette vision, qui est à l'origine de bien des difficultés, passées, présentes, et encore à venir...
Bonne journée.
Scrutator.
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